Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

Articles avec le tag ‘Cooperative Music’

EDWYN COLLINS – Losing sleep

In des disques... on septembre 27, 2010 at 8:30

Artiste écossais / rock / Heavenly – Cooperative Music

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, il faut s’y faire. Et tant mieux d’ailleurs sinon on s’ennuierait probablement beaucoup trop. Edwyn Collins a côtoyé la mort ces dernières années. Un flirt poussé qui ne laisse à la mort que l’alternative d’une crise existentielle. Une remise en question complète de soi, ses choix, ses buts.

- Faire le bilan pour mieux repartir -

I’m losing sleep – I’m losing dignity and it’s guetting me down / Sometimes I wonder what is my role / Half way down to the underground – and I’m bored so bored – I’m not sure what to do what to say – where my heart is, where I’m gone where I’m going / Let me find out who I am, let me live and let me dream /

Noiceur du cœur, sombre énergie qui vous change petit à petit en étranger à vous-même, le miroir ne veut plus vous reconnaitre, vos musclent sont en pilotage automatique.

- Lever le pommeau de douche/ savonner/ actionner la machine à café/ glisser la pastille de magnésium dans votre verre/ fermer la porte à clé/ tapoter sur votre clavier pour boucler ce foutu rapport/ éteindre la lampe de chevet.-

Et soudain, le bras qui se tend, qui vient de là où on ne l’attend jamais. De ceux qui vous ceinturent, comme ce qui retient votre vie au volant du bolide sans freins qu’est devenu votre quotidien. Vos amis en général vous ont lâchement ou timidement laissé de côté mais ces presque inconnus dont vous n’attendiez rien ou pas grand-chose sont là eux, n’attendant rien d’autre que de voir un sourire ensoleiller votre visage.

I can see it in the way you walk / Come today come tomorow – no more tears / The politics of life are obscure and you wanna go I’ll let you go / I still believe in You but it’s okay just hear the voices riding round your place /

- Respirer/ regarder les vagues sous le crachin pendant des heures depuis les remparts/ S’abrutir de films stupides et en lister goguenard tous les défauts/ Dormir/ Déguster un plateau d’huitres en se foutant de penser à partager.-

Some day soon I’ll find a new place, back to the country the cynic life / When I’m older when I’m wiser Over the Hill / and I try to comprehend the forth the fears I’m willing to except the good that is near / Some sweet day we’ll get it in the end and I’ll always be lucky in my life /The simple life, the simple choice.

Revenir à la vie peut se faire de plusieurs façons, la musique en est un vecteur efficace. Rien ne pouvait faire plus plaisir d’entendre à nouveau Edwyn Collins, sa poésie, ses mélodies désuètes qui n’ont pas pris une ride, ses accords de guitares limite ringards qui vous font tomber amoureux du moindre clin d’œil du quotidien.

Le rock à la papa truffé de procédés actuels qui vous entraine pour ne plus vous lâcher, une étreinte sans fins ni fin.

Je dédie cette chronique et cette pochette pleine d’oiseaux à de belles personnes rencontrées de la manière la moins naturelle du monde, sur Twitter. Elles se reconnaitront, merci.

LAISSEZ CAUSER LES P’TITS PAPIERS : Top exclusif des Attachés Web

In Ce qui m'amuse on septembre 16, 2010 at 9:57

Il y a quelques mois, je me penchais sur les relations d’un nouveau genre existant entre les blogueurs et les attachés des médias web. Ces liens ne sont ni professionnels, ni forcément amicaux, mais ils sont puissants.

Composante essentielle de ces « rapports humains » virtuels, la correspondance doit être soignée.

En effet, le blogueur n’étant pas professionnel, il reçoit la plupart du temps les disques directement chez lui. Cela implique dès lors une forte relation de confiance entre les deux partis de cette relation. Après un premier contact par mail relevant de la séance de séduction (il ne s’agit d’obtenir un simple 06 mais l’adresse privée de la personne, c’est encore plus difficile !), le courrier de l’attaché web se doit d’être accompagné d’un petit mot qui donnera au blogueur envie d’aller plus loin, de placer les nouveaux disques reçus en haut de la pile et non tout en bas.

Dans ce domaine plus qu’ailleurs, on assiste à une véritable valse des postes et attributions. Chaque détail compte et à ce petit jeu, certains sont très forts. D’autres sont si rusés qu’on peut y laisser ses sentiments se tromper. Petit tour des meilleures petites attentions, avec une remontée en flèche de la gente féminine.

Un bon kamikaze se saborde jusqu’au bout, nouveau classement avec les bons ET les moins bons (puisque ça a été réclamé à corps et à cris). Et comme d’habitude, plus inutile et subjectif que jamais.

Hall of Fame (cf. Les Rappeurs Roumains)

Virginie Freslon (Modulor), Virginie Pargny (BBMix), Dali Z (Clapping Music), Marie et Vianney (Disc Over), Stéphane Muraire (3e Bureau)


Prix d’interprétations

Jennifer Havet (Discograph) : LA star internationale ! Lorsque vous lisez son petit mot, vous voyez son sourire et le clin d’œil qui va souvent avec. Meilleur petit mot de l’année (à propos des albums de PVT et F. Tristano) : « MIAM MIAM ! Bises, A très vite, Jennifer » Simple mais il fallait y penser ! Et en plus elle arrive à se planter d’adresse quand elle vous envoie le paquet et ça arrive quand même <3

Anthony Audebert (Barclay) : La remontée fulgurante. Il apprend très vite ! De rien on passe à tout. Le petit mot soigné, le trait d’humour, la pression relative, les paquets splendides (même s’ils ne sont pas toujours audibles) : « Ma chère Mauve, si un jour prochain je viens te demander si je t’ai bien envoyé ce présent, on mettra cela sur le compte de l’alcool… D’ici là bonne écoute de ce disque qui sortira le 27 septembre. Anthony »

Meilleurs seconds rôles

Virginie Dulorme (Believe) : La plus mathématique. Tous ses petits mots ont presque rigoureusement le même nombre de mots ! Parfois sans carte mais griffonné tel un autographe sur un coin de bio qu’elle sait que je ne lirai pas.

Loïc Suty (Wagram) : La référence soignée. Le format parfait des petites cartes (10/7), le style direct et sans langue de bois, pro tout en étant très affectueux.

(Des deux côtés de la balance, ils sont bien placés pour savoir comment mieux appréhender le sujet)

Meilleur espoir masculin : Thomas H (Infiné / La Tuerie)

Meilleure espoir féminin : Pauline L. (PIAS / We PoP)

Sont excusées

Audrey Vauvillier (EMI) qui n’a plus à envoyer de courrier, Lucie Chérubin (Mercury) et Coralie Kerbellec (Polydor) qui ne peuvent pas (ou presque) m’envoyer de disques dans un souci de développement durable (N’ayant aucune affinité avec ces disques, tout termine à la poubelle, mais leurs mails restent soignés).

Ont perdu le Mojo

Michael Turbot (Coop Music) et Julien Marquant (EMI) endormis sur leurs lauriers mais encore capables du meilleur quand ils s’en donnent la peine ;

Damien Capitan (EMI) le maître des petits mots a retourné sa veste (toujours du bon côté ?).

Et voilà, du grand n’importe quoi comme d’habitude… mais c’est aussi ça d’être insolente et futile. Une manière de dire merci à ces « humains » là, que l’on fréquente beaucoup numériquement, moins réellement. Prochain Top ? Aucune idée !

JAMAICA – No Problem

In des disques... on septembre 1, 2010 at 8:30

Duo parisien / Electro-rock / Ctrl Frk / V2 / Coop

Combien de fois vous êtes vous pris pour un rocker dans votre chambre, sautant allègrement sur le lit au risque d’en claquer les lattes et beuglant un pseudo-baragouin anglais ? Vous regrettez le temps où vous n’étiez pas encore « assez parisien » pour vous retenir de danser à n’en plus finir dès que l’occasion se présentait ? Alors Jamaica est un duo pour vous.

Avant Jamaica avait un nom qui sentait fort. Poney Poney est mort, vive Jamaica (pas beaucoup plus génial comme titre, mais moins gnangnan). Cependant les titres de ce duo restent dignes des meilleures écuries… automobiles. La Ferrari Short and Entertaining qui démarre au quart de tour, l’Aston Martin Secrets chic et sportswear, la Bugatti She’s gonna racée comme les meilleures italiennes… Bref cet album dépote à 200 à l’heure, sitôt écouté, sitôt terminé. Une boite à rythmes, une guitare aux riffs bien aiguisés, des textes qui en ont dans le ventre comme ce When Do You Wanna Stop Working appel l’épuisement avant d’arriver à une retraite qu’on ne touchera jamais.

Un disque qui a des tripes, qui vide la tête et permet de s’évader d’un morne quotidien. Avec eux, il n’y a pas de problème, plus de problème.

Les “Rappeurs Roumains” : Top exclusif des Attachés Web

In Ce qui m'amuse on mai 7, 2010 at 11:48

Lorsqu’on a un blog avec des publications régulières et un peu rédigées, on se retrouve très vite extrêmement sollicité par les différents interlocuteurs spécialisés du domaine. La musique dans mon cas.

Et, comme je n’ai pas ma langue dans le fond de ma boite à gant, je me suis dit que j’aurai le culot de faire le seul classement que mon ami PlaylistSociety n’a probablement jamais essayé, celui de ceux que j’ai dénommé simplement les « Attachés Web ».

Parce que ces gens là ne font rien de simple, ils ont quinze titres de postes différents pour au final avoir à peu près les mêmes taches (digital manager, community manager… à l’amerloque ça claque toujours plus hein).

Et pareil, je ne vais pas m’amuser à distinguer les labels indés des grosses maisons de disques.

Un Top, quelle idée !

Oui mais je suis cataloguée “émeutière” donc rien à perdre. Et puis on classe les blogueurs à longueur de journée, on entend parler de Maîtres Twitter, d’influenceurs… alors pourquoi pas renverser la vapeur ?

Tout simplement parce que les relations web/labels sont d’un nouveau genre.

Avant un attaché de relations médias n’était pas votre pote.

Avant un blogueur était perçu comme un autiste plus scotché derrière un écran qu’à boire des coups en société.

Dans le cas présent, on a le même âge, les mêmes références, la même culture, les mêmes galères (génération désabusée qui sait qu’elle va en ch***, cf. chronique).

Nos rapports ne sont pas exactement professionnels, pas exactement amicaux, mais ils sont humains (d’où la notion de rappeurs roumains =rapports humains après minuit et beaucoup de verres d’open bar, © Rocktrotteur)

Alors maintenant, quelles sont les qualités d’un bon attaché web ?

- Avant tout un attaché web est réactif. Les blogueurs 3.0 sont super-connectés donc leurs interlocuteurs se doivent d’être loquaces.

- Un attaché web sait renoncer et être attentif aux attentes de ses blogueurs. Très important ce point : envoyer un mail par jour sur un groupe qui n’intéresse pas est contre-productif, certain(e)s ne l’ont pas encore saisi. Ça implique aussi que l’attaché web n’ait pas trop recours aux NL fades et insipides. On cible, on personnalise, on chouchoute.

- Un attaché web se doit d’être franc. Il prêche pour sa paroisse mais sait reconnaitre les défauts de son catalogue et s’intéresser au reste pour en dire du bien.

- Un attaché web fréquente les blogueurs. Filer des invitations sans jamais avoir envie de rencontrer ceux à qui on les donne n’est pas bien perçu ici. Ne jamais avoir de temps pour eux non plus.

D’après ces paramètres, on peut immédiatement identifier plusieurs attachés web très doués pour leur métier. Pas de podium, juste la crème. Présentation.

Damien Capitan (Cinq 7) : a tout bon. Les petits mails personnalisés, les mots doux en envoyant les disques, la grande réactivité… l’alcool très drôle et agréable.

Michael Turbot (Cooperative Music) : a tout compris. Le recul, l’honnêteté intellectuelle, l’attention portée aux petites choses, la disponibilité… les vodkas-tatins.

Audrey Vauvillier (Discograph) : a tout pour elle. Grande, belle, attentive, elle vous sert ses artistes sur un plateau doré, tout en douceur autant qu’en rigueur… désopilante désinvolture.

Julien Marquant (EMI) : anticipe comme personne. Une chronique d’un artiste et boum un mail avec une place pour le concert de sa part…  et sa blonde timidité qui fait craquer.

Coralie Kerbellec (Polydor) : est la bonté incarnée. S’occupant souvent d’artistes rentre-dedans, elle vous convaincs doucement, calmement, gentiment…et s’éclipse.

Stéphane Muraire (3e bureau) : est le plus téméraire. Vous envoyer dans les cordes, commenter votre blog en démontant chacun de vos arguments, même pas peur… si j’avais fait son métier je me comporterais un peu comme lui je crois.

Et aussi (mais je ne veux pas publier sur eux dans leur dos) :

Matthieu Bouillon et Clément Bouchet (Spöka), Vianney (Disc Over), Dali Z (Clapping Music), Virginie Freslon (Modulor) et Virginie Pargny (Café de la Danse) : ont la maitrise parfaite du sujet. Pas besoin d’être ultra-connectés pour être réactifs, ils en sont la preuve. Jamais un disque de travers, jamais un mot à l’envers, toujours un compliment caché derrière.

Voilà, il s’agit de mon évaluation personnelle, elle n’engage que moi et n’est  absolument pas objective. Une manière de dire merci à ces “humains” là, que l’on fréquente beaucoup numériquement, moins réellement (mais de plus en plus).

NOAH AND THE WHALE – The First Day Of Spring

In des disques... on septembre 9, 2009 at 2:07

Pop-folk / Grande Bretagne / Young and lost club Records – Coop /2009

Un peu plus d’un an après leur premier album (Peacefull the world lays me down) qui m’avait fait chavirer le cœur, le quatuor de Noah and the Whale (en référence au réalisateur Noah Baumbach) poursuit son exploration des « musiques filmogéniques ».

Environ quarante minutes de douces balades pop-folk qui vous propulsent sur les sentiers champêtres britanniques. Les balades en forêt, l’odeur du sous-bois, le réveil de la faune après l’hiver, les premiers rayons de soleil venant dévorer la nuque… Les mélodies de The First Days Of Spring racontent tout cela avec toujours cette mélancolie à la Virgin Suicide qui imprègne tout les titres. Les violons sont mélancoliques, jamais pleureurs ; les rythmiques sont dynamisantes et structurantes, jamais étourdissantes ; et par-dessus tout cette voix un peu cassée qui pourrait provoquer un réchauffement climatique à elle toute seule. Les sujets traités sont toujours ceux qui restent chers à ces adorables jeunes hommes : l’échec amoureux, les difficultés de réussir à entretenir « une flamme »… etc.

Et une fois de plus, c’est réalisé avec une telle délicatesse qu’on ne peut que succomber. Le débit de paroles est plus lent, le tout est plus posé, mûrit, les fougues et ses élans adolescents s’estompent (It’s time to leave those feelings behind – Blue Skies) pour laisser place à plus de réflexion doublé d’une théâtralisation assez tordante. Ainsi Love of an Orchestra comprend des cœurs d’opéra rappelant Shakespeare. Nouveauté également, les deux titres instrumentaux d’une minute trente qui rythment le disque, sortes de respirations dans cette exploration du « comment vivre avec quelqu’un / comment savoir si c’est la bonne personne ». L’album se termine sur un consensus que l’on retrouve de plus en plus dans nos sociétés : la porte entrouverte. Il n’y a plus de partenaire officiel, chacun est libre de revenir ou non. Morceau à la guitare sèche probablement le plus triste de l’opus, ça fait mal au cœur de voir que Noah and the Whale renonce à une pointe d’optimisme. Il est encore de possible d’y arriver, de s’accrocher un peu. Sur l’autel d’un monde toujours plus pressé, plus stressé, plus exigeant et impatient, il ne faut pas y sacrifier les sentiments.

Un très bel opus qui accompagnera divinement n’importe quel film sur la perte de confiance en soi, l’abandon, la rupture brutale (affective ou amoureuse). Et toujours cette incroyable capacité de mettre les larmes aux yeux tout en étant extrêmement reposant.

Note : 8,5/10

Sortie le 21 septembre

THE DODOS – Time to Die

In des disques... on août 25, 2009 at 2:34

Trio San Franciscain / Pop-rock, Psyché-folk / Wichita – Cooperative Music

Il y a quelques mois, Mgmt nous annonçait que le temps était venu de feindre (Time to Pretend). Un an après la météorite de Visiter leur premier album, le duo de San Francisco au vieux nom d’oiseau revient pour un plan à trois se proposant d’explorer les frontières de la vie. Ont-ils la pêche au point de nous en faire crever ou vice-versa ?

Neuf titres oscillant entre 4 et 6 minutes, dont l’entrée en matière commence fort. Small Deaths porte bien nom, les chœurs chatouillent nos oreilles, la montée de batterie suit un rythme tout à fait adapté, les accès de guitares titillent nos sens, provoquant ce petit frisson qui remonte l’échine depuis le creux des reins… On pourrait s’arrêter là et avoir envie de repasser dix fois le titre.

Les Dodos ont gardé quelques clés de leur succès : boucles d’accords répétés jusqu’à devenir bileux, guitares électrisantes provoquant des remontées acides,  le tout accompagné de voix douces comme le pain constituant le meilleur des miel pour grog… Bref à chaque fois, on ressort secoué d’une écoute qui rappelle l’arrivée d’un gros grain lors d’une transat en voilier : ressac, creux de vagues, pluies tropicales passagères. Autant de cassures de rythme qui sont bien présentes dans Two Medecines. C’est éprouvant et on en redemande.

Cependant, on reste un peu dubitatif devant la platitude des trois dernières plages de l’opus. On ne comprend pas très bien l’intervention d’un titre en allemand non plus… Troll Nacht est un titre aussi pertinent que La danse des canards… Ballades folk molles et classiques, peut-être est-ce finalement l’explication de ce Time to Die, mieux vaut rentrer dans sa tombe plutôt que de continuer à écouter ça ?

The Dodos est assurément un bon groupe californien, à suivre scrupuleusement. Malgré quelques maladresses que l’on aurait préféré ne pas voir apparaître sur un second album, on peut les emporter dans la tombe, histoire de faire swinguer les squelettes un peu coincés.

Note : 8/10

Sortie le 31 août

THE VERY BEST – Warm Heart Of Africa

In des disques... on juillet 14, 2009 at 8:10

Collaboration GB-Paris-Malawi / Electro – Indie World / Moshi Moshi – Cooperative Music

L’élection d’Obama a provoqué dans le monde musical un grand retour de l’Afrobeat. En veux-tu en voilà, on nous en glisse partout, notamment dans l’indie de Brooklyn (Vampire Weekend, Animal Collective, Mgmt…). Il faut assurément un soupçon de culot pour intituler son groupe Les meilleurs, mais il faut également beaucoup de courage pour être à la hauteur de son titre et risquer d’être la risée du monde musical et de griller de futures cartouches. Derrière ce titre pompeux se cachent Johan et Etienne aka Radioclit, qui se sont alloués les bons services de Esau Mwamawaya, artiste du Malawi. Si vous avez été bercés par Johnny Cleg dans votre enfance, vous risquez d’apprécier.

Bienvenue dans ce qui ressemble à l’Afrique du Roi Lion à la première écoute : de beaux animaux sauvages, des paysages dépouillés, de gentils autochtones. Comme on ne comprend pas les paroles (en Malawi), on a tout le loisir de se concentrer sur le reste et on est très loin d’une bande-son cul-cul la praline.

Nsokoto opère un décrochement dans l’album, si l’on garde des sonorités et instruments évoquant le continent oublié (Bâtons de pluie, claves, djembés…), les boucles d’électro se font de plus en plus présentes. Parfois de manière ultra-kitsch comme sur Angonde où l’on s’attend à voir une girafe en caoutchouc traverser le salon.

Atout supplémentaire dans ce jeu de cartes hype, les featuring d’amis réputés. J’ai nommé les deux seuls titres en anglais de l’album. Warm Heart Of Africa pourrait être un titre de Vampire Weekend de part les rythmes du morceaux mais surtout la présence d’Ezra Koenig et sa voix d’Afro-américain blanc. De même, la douce M.I.A. ensorcèle la danse de la pluie, l’air en est plus moite ensuite (Rain Dance). Le clin d’œil à Architecture In Helsinki dans Kamphopo enfin achève de rendre l’opus extrêmement bankable.

Des rythmes qui respirent l’hémisphère Sud, des voix chaudes façonnées à l’ombre de canicules étouffantes – qu’elles soient d’Afrique, d’Inde, du métro londonien ou new-yorkais ; lorsqu’on a un été pluvieux, rien de tel pour égayer la maison. Le tout est diablement bien fichu, dansant et très réussi, l’Indie World existe et à un avenir.

Note : 8/10

Sortie le 21 septembre

LISSY TRULLIE – Self Taught Learner EP

In des disques... on juin 20, 2009 at 2:54

Minette New-yorkaise / Rock / Wichita – Cooperative music

L’été revient plus ou moins et les productions sexy – fleuries – glossy font comme chaque année leur come back. Alors si l’on vous parle d’une jeune mannequin qui se met à fricoter avec la musique, vous pensez à une australienne et ses tee-shirt blanc… et vous avez tort. Car il y a plus prometteur, il y a Lissy Trullie.

A peine 20 vingt ans, des couv’ de magazines de mode qui se multiplient… Lissy semblait partie pour nous proposer autre chose que ce rock brut et dirty. Avec une voix rappelant Debbie Harry ou l’injustement méconnue Justine Berry (Hey Gravity) et un accent frisant le plagiat Pete Doherty-que (pardon pour ce barbarisme), on est loin des intonations bitchy d’écervelées du milieu de la mode. Il en va de même pour les textes, Lissy n’a pas pour sujet principal de préoccupation ses tee-shirts blanc (même si je vous l’accorde, elle montre son short noir) ou des soirées branchouilles mais aborde plutôt de grands thèmes universels (l’amour, l’argent, le respect…) sur un ton sarcastique et cinglant (you don’t have to say I love you too, it’s not what I want to ear from you). La batterie et la basse aux lignes basiques mettent en valeur les accents crus d’une guitare un peu déglinguée, le tout magnifié par cette voix de fumeuse de 40 berges.

Et par-dessus tout, il y a cette reprise de Hot Chip, Ready for the floor, qui parachève de nous amener à penser que cette Lissy est loin d’être une cruche, ira un peu plus loin dans la qualité musicale de ses congénères et restera quelqu’un quoiqu’il arrive une personne de bon gout capable de ne pas massacrer les reprises. Une excellente autodidacte donc… Verdict final avec l’opus complet.

Note : 8/10

TOY FIGHT – Interview de Joujoux très choux @ Coop QG

In Papotages... on avril 23, 2009 at 3:36

21/04/2009 – QG de Cooperative Music

Lorsque j’arrive, Maxime, Sébastien et Jean jouent aux billes. Ils ont l’air content de voir une nouvelle tête et trouvent qu’on pourrait se servir du zoom comme d’un Taser ou d’un Rasoir Electrique. Je leur ai apporté un casse-tête, Jean s’en empare tout content de pouvoir s’occuper. On s’installe, ils essayent de me vendre un disque d’or incrusté dans un parquet.

Interview Hibou, Caillou… Pleine de Joujoux et très Chou, où l’on se retrouve débordés de partout.

Round 1

Round 1

M : Bon allez hop, play, on attaque direct, perso je ne m’attendais plus du tout à votre retour…

(rires) Sébastien : Il est vrai que ça en a surpris plus d’un…

M : Ils ont utilisé quoi chez CitySlang pour vous faire changer d’avis, un jouet hi-Tech ?

Maxime : Ben… ils ont été gentils, ça a suffit !

Sébastien : Ils ont été assez gentils puisqu’au départ on leur a pas forcément donné envie de nous signer vu qu’on faisait partie de plein d’autres groupes, qu’on ne faisait plus de concerts ce genre de choses – et donc ils ont été quand même assez gentils pour continuer à s’intéresser à nous, à bien vouloir nous donner un peu de sous pour faire un disque… donc en fait ça a suffit et c’est déjà pas mal (rires) !

M : Et donc vos projets parallèles c’est encore d’actualité ou ce n’était que des amusements éphémères ?

Maxime : Dans mon cas c’est encore d’actualité avec Please Don’t Blame Mexico ! Dans le cas de David, The Limes c’est plus que jamais d’actualité et puis ben Jean… et sa pléthore de groupe…

Sébastien : C’est la star ! Qui joue dans plein de groupes !

Jean : Je joue dans d’autres groupes, Tahiti Boy… Fugu…

[…]

M : Ok donc c’est toujours d’actualité…

Maxime : oui oui surtout les groupes de Jean…

Jean : Bah toi aussi en ce moment… alors je te retourne le compliment ! (rires)

M : Donc, moi j’avais chroniqué Péplum il y a un petit moment maintenant et…

Sébastien : Non pas Péplum, Anagram Dancies

M : Non Péplum et…

Sébastien : Celui qui va sortir là ? Mais comment tu fais ? Il est même pas sorti ? C’est quoi ton truc ?

M : Coop sont des gens formidables tu sais…

Maxime : ah mais c’est toi Violette !

Sébastien : Ah mais oui merci, en plus elle est bien cette chronique ! Mais t’es hyper en avance sur tes collègues toi ! (rires)

Maxime : … sur ton temps

Jean : … sur ton siècle j’ai envie de dire (rires)

M : Bref (rires) je voulais savoir pourquoi vous l’avez appelé comme ça ce disque, quelle est votre version du Péplum ?

Maxime : Alors l’histoire du titre qui est… cocasse (rire). C’est à dire que une après-midi avec David qui n’est pas là, on avait trouvé comme titre d’album… Contredanse. Et donc le soir on avait l’anniversaire d’une amie, et donc tous nos amis étaient réunis, et on est allé vers une… une amie ! – Puisque toutes mes phrases se finissent par « ami » (rires) ! -qui s’appelle Marika. Et on est donc arrivé vers elle et on lui dit « tiens on a trouvé un titre pour notre album, ce sera Contredanse ». Et à ce moment là elle a répondu « Wow Contredanse, j’sais pas, ça fait un peu pompeux, ça fait un peu péplum ». Et là, on était là avec Seb et David et on s’est dit que c’était ça le mot, et voilà.

Sébastien : Mais du coup y’a pas de rapport vraiment direct avec un amour pour le… genre. C’était plus une association d’idées, on s’est dit que ça convenait bien.

Maxime : En fait c’est le côté archi-prétentieux de ce à quoi ça renvoie le péplum, ce côté surproduction et tout ça… comparé à la relative humilité – et pas humidité (rires) – de la façon dont on a conçu l’album. Le contraste était marrant.

Jean, Sébastien : cocasse.

M : ok, moi je croyais qu’il y avait un lien entre Toy Fight et le fait que le Péplum soit un combat, et puis comme vous n’étiez pas censés revenir alors vous revenez avec grandiloquence, vous faites les choses avec panache… tout ça tout ça…

Sébastien : Pas mal du tout, tu as poussé encore plus loin l’éxégèse que nous en fait !

Maxime : C’est pas mal on le ressortira dans une prochaine interview… (rires) Le prochain album va s’appeler Armageddon en fait… (rires)

M : Bien… Revenons à l’album, j’ai relevé une multitude d’instruments dans cet opus (Sébastien : c’est bien tu as bien écouté !) …et je me demandais si vous étiez plutôt « jouets en bois » – à l’ancienne, classique tout ça – ou jouets super perfectionnés – qui se bidouillent, on peut expérimenter des trucs… ?

Jean : Je tiens à dire qu’on peut expérimenter des trucs avec des jouets en bois (rires) Non mais c’est vrai ! Par exemple tu prends une petite voiture en bois, et ben si t’as une scie par exemple, tu peux la scier et en faire autre chose et…. Tu vois ? (rires) Non mais c’est vrai !

M : Elle ne fonctionne plus ta p’tite voiture si tu la coupes en deux !

Jean : Mais non si tu coupes le dessus tu changes la forme mais elle roule encore ! (rires)

Maxime : Mais comment tu fais de la musique avec une demie voiture en bois ? (rires)

Jean : Non mais ce que j’veux dire c’est que tu peux prendre des choses en bois et expérimenter quand même avec. (rires)

Maxime : Mais ça n’a rien à voir ! (rires) Tu racontes n’importe quoi !

Jean : Mais non parce que tu avais l’air de dire qu’on ne pouvait expérimenter qu’avec des choses très technologiques dans ta question…

Sébastien : Et là je m’inscris en faux (rires) ! Je dis non (rires x10) ! Une voiture en bois sert à expérimenter !

Maxime : Une voiture en bois, une scie et c’est parti !

Fou-rire généralisé… Qu’est-ce qui m’a pris de poser une question aussi déplacée ?

Note à l’attention de Coop : êtes-vous certains de n’avoir mis que de l’eau dans les verres de ces jeunes ??

Jean : Non mais en fait tu voulais parler des instruments acoustiques et des instruments électroniques… C’est pas mal ça comme question… D’où ma réponse, je pense qu’on peut faire de l’électronique avec des instruments d’acoustique… Je pense qu’on peut utiliser un instrument acoustique différemment comme les mecs qui jouent de la guitare à l’archet ou…un Ukulélé avec une baguette quoi !

M : Voilà mais justement vous faites ce genre d’expériences ou pas ? Parce que c’était ça la question ! (rires)

Sébastien : Guitare à l’archet non en l’occurrence.

Maxime : Non non mais en fait de part la limite de nos connaissances en la matière on n’est pas très euh… On n’est pas très matos quoi en fait. C’est juste qu’on s’y connaît assez peu, on va pas tous les après-midis à Pigalle pour chercher les derniers trucs… (petit silence) Non non, t’as eu peur hein ! (rires) On n’est pas des nerds d’instruments, on a quelques petites bricoles avec lesquelles on essaye de tirer le plus de possibilités, desquelles on essaye de tirer le plus de…

Sébastien : Par exemple des boîtes de conserves Jean !

Jean : Y’a des boîtes de conserves et des casseroles qui ont été essayées sur ce disque…

Sébastien : C’est un peu jouet en bois ça non ?

Jean : Sur Minute Song notamment, y’a 2 doubles croches à la boîte de conserve… (rires)

Round 2

Round 2

M : Et sur cet album il y a 16 titres et… (Sébastien : enfin ça ne fait que 35 minutes hein…) je voulais savoir pourquoi il y a ces trois petits teasers : David, Maxime et Sébastien présentent…

Maxime : Alors, l’histoire des interludes… Il se trouve que Toy Fight est un groupe qui polémique énormément et qui débat beaucoup. Donc on passe beaucoup de temps, on a beaucoup passé de temps pendant l’enregistrement à juste discuter.

Sébastien : A débattre des options, à ne pas être d’accord…

Jean : D’ailleurs il y a un ouvrage (rires) qui va sortir, que sont les débats de Péplum (rires), c’est un livre gros comme ça (il écarte les doigts de 10 cm) sur tous les débats…

Maxime : Et Jacques Attali préface hein… ! (rires) … Et donc voilà, quitte à ce qu’on « perde beaucoup de temps » – mais ce n’est pas du temps perdu, sauf qu’on s’en rend compte qu’après mais… Bref, au bout d’un moment, outre parfois l’agacement ou la perte de patience que peut occasionner les débats comme ça, c’est devenu une blague entre nous de toujours tout remettre en cause et tout ça. Et pour prendre le contre-pied radical de ça,  est venue l’idée à un moment de s’accorder dans l’album 33 secondes chacun où l’on ferait absolument ce qu’on veut.

Sébastien : L’idée c’était que les autres n’aient rien à dire, clairement chacun avait son espace de liberté, a seule contrainte étant que cela fasse 33 secondes.

Maxime : 33 secondes voilà… Donc c’étati pensé comme un espace de pure liberté à chacun de nous 3.

M : Et en plus de vous trois, fondateurs du groupe, vous vous êtes fait de nouveaux copains… – Maxime  : Enfin ce sont plus juste des musiciens que des potes hein… / Sébastien : des collègues oui ! (rires) – et vous êtes à présent six dont une fille. Vous avez donc cassé le mythe des garçons qui jouent ensemble, est-ce qu’il y a des jeux de filles et des jeux de garçons ?

Sébastien : Ah ouais en fait tu fais toute l’interview sur le thème du jeu et du jouet c’est pas mal !

M : Oui original hein…

Sébastien : Disons que quand on a décidé de faire ce disque pour CitySlang, on est tombé d’accord assez vite avec Maxime et David pour dire qu’on avait envie d’élargir un peu le groupe… Avoir une vraie batterie, avoir un bassiste et tout. Pauline c’est un peu différent car on la connaît depuis longtemps… elle avait un peu chanté avec nous

Ici digression Classe Prépa ou lorsque l’interview part définitivement en sucette… :

M : en prépa ? Parce que c’est ça, officiellement vous avez fondé Toy Fight en Prépa…

Sébastien : non au lycée. Oui on a fondé Toy Fight en prépa.

M : Littéraire ou Scientifique ?

Maxime : On essaye de le cacher…

Sébastien : oui mais tout le monde le sait (rires). Littéraire.

M : Où ça au fait ?

Sébastien : du coup du coup…

Jean : Où ça elle a dit ! Fais pas la sourde oreille ! (rires) Change pas de sujet tu vas pas t’en sortir comme ça !

Sébastien : Ahhh Où ça ? A Fénelon.

[…]

Maxime : On a des têtes de Féneloniens, « ils ont l’œil droit qui part en vrille c’est des Féneloniens ! ». (rires)

M : Ah et vous ne connaissiez pas une Maroushka.. ; Elle vous aurait plu, elle était complètement barrée, adoratrice de philosophes comme Spinoza et Deleuze. Elle jouait du Bob Dylan et elle venait toujours en cours avec une guitare et son harmonica accroché… Et elle ressemblait à…

Maxime : à rien (rires) ! Non je vois pas mais effectivement ça aurait été un bon sujet d’étude ! C’est donc ton ennemie cette fille ? (rires)

M : Non j’men fiche, ça vient seulement de me revenir (rires)

Maxime : Oh non non j’men fout de cette fille, c’est juste que je la cite dans chacune de mes chroniques, cette chanson est vraiment nulle à chier, ça me rappelle d’ailleurs Maroushka ! » (rires) C’est un peu comme Murat avec Dao quoi, tu la places à chaque fois…

D’accord… Bah c’est marrant. Donc euh…

M : Oui revenons à nos moutons, (rires)

Sébastien : Donc voilà, je reviens à mes moutons. Pauline on la connaît depuis longtemps, elle chantait un peu sur Anagram Dancies, et Jean et Bertrand on les a rencontré plus récemment pour l’album… Donc on cherchait des musiciens on a trouvé des amis… Non je rigole ! (rires)

Maxime : Jacques Ségéla ! (rires)

Sébastien : Bah voilà et puis du coup ça s’est fait assez naturellement…

M : C’était pas une commande de CitySlang par exemple…

Sébastien : Non non c’est nous qui avons décidé qu’on voulait d’autres musiciens.

Jean : Une team

Maxime : Un Krew quoi !

M : D’accord, vous savez quoi c’est la dernière question…

Maxime : Non mais c’est scandaleux c’est quoi cette interview !

M : On continuera autant que tu veux si tu y tiens ! En attendant je termine toujours mes interviews en demandant quels sont les 3 derniers albums qui vous ont marqué ?

[Enorme et long silence]

Maxime : Bon, ce n’est pas du tout du désintérêt pour la question de notre part, on ne répond pas mais c’est parce qu’on est les plus gros nerds de la terre et ça nous prend du temps de répondre à ça…

Donc moi je vais dire Se O Caso E Chorar de Tom Zé. C’est un album de pop brésilienne si on peut appeler ça comme ça. Un album écrit à la fin du mouvement tropicaliste. Des titres assez court de 2-3 minutes maxi. Où effectivement il mêle tradition brésilienne, changement d’accords assez brésilien, perçus et sens du rythme brésilien avec des formats Pop couplet-refrain. Ce qui me plaît c’est la pétulence (rires) Non mais hé ! L’espèce de joie assez enthousiasmante, la façon de jouer et chanter assez vivifiante sur cet album.

Jean : Un peu comme dans le gel douche Ushuaia, il est pétulant… (rires) Bah moi pour prendre quelque chose de plus moderne je dirais le dernier album de Dan Deacon.

Sébastien : et un dernier qui fait consensus auprès du groupe et parce que je trouvais rien d’autre, c’est le dernier album des Walkmen, You and Me, qui est vraiment un de nos albums préférés de l’an dernier.

M : Bon super ! Vous avez autre chose à ajouter ?

Maxime : Non que… Je conseille à tout le monde d’acheter notre disque mais surtout d’écouter les groupes parisiens qui ne sont pas signés comme nos amis de Maison Neuve et Orouni. Et… que y’a plein de choses qui se passent en ce moment en France et à Paris et qu’on espère que les labels vont s’en rendre compte !

M : C’était donc le mot de la fin ! Merci, stop !

Round 3

Round 3

Fin des hostilités, chacun range ses jouets et va chahuter ailleurs que dans les locos de Coop :) ! Maintenant il ne reste plus qu’à aller juger de la performance scénique en mai !

Merci à Michael – Coop, qui a permis cette interview rocambolesque.

Crédits photos : ElDave

TOY FIGHT – Peplum

In des disques... on avril 3, 2009 at 1:55

Groupe parisien / Pop-rock / Cityslang

Trois ans qu’on attendait la suite des aventures d’un groupe parisien qui mérite d’être connu et reconnu… Sébastien Broca, David Simonetta et Maxime Chamoux passent avec brio le périlleux exercice du second opus.

Sortir un bon premier album lorsqu’on est un groupe de rock-pop parisien, ce n’est pas gagné. Il faut éviter le piège des baby-rockers (Second Sex, BB Brunes …ou pire, les Naast) et des groupes bankable dénaturés (The Do). Mais également se démarquer des proches ainés talentueux (Syd Matters). Autoproduit, le premier opus de Toy Fight (Anagram Dances) avait ravi nos oreilles en 2006, restait alors l’épreuve la plus difficile : le retour de bâton de la critique lors du second album labellisé. Après avoir longtemps hésité à tout plaquer, le groupe livre finalement seize titres qui vous embarquent dans une aventure musicale, entrecoupée de trois teasers d’une demi-minute (David Simonetta présente, Maxime Chamoux présente et Sébastien Broca présente).

Dans un bon Peplum, il y a d’abord des costumes. La pop de Toy Fight s’est parée de tous les atours nécessaires pour livrer bataille à la médiocrité : voix, guitares, mandoline, banjo, glockenspiel, piano, farfisa, claviers, mélodica… Et puis, pour mieux se battre, notre trio a recruté trois nouvelles têtes pour leur prêter main forte : Bertrand Faure-Brac (bassiste ingénieux), Jean « Jaune » Thévenin (batteur humble), et Pauline De Lassus (voix féminine bienvenue).

Après évidemment, il faut des grands discours de valeureux guerriers, toujours un peu mystérieux et très poétiques. Le respect des aînés d’abord, la britpop, le Velvet Underground, la vague scandinave sont des influences qui sont respectées sans être plagiées ou dénaturées. Les paroles aussi, encore une fois notre groupe parisien s’en sort très bien : lorsqu’on chante dans une autre langue que son langage maternel, on ne conceptualise pas exactement les idées comme un natif le ferait. Cela donne lieu à des paroles fantastiques et surprenantes (Les Indes Noires) et terriblement craquantes (Golden Make Up).

Enfin, dans tout Peplum se dissimule toujours une histoire d’amour. La déclaration de Toy Fight va droit au cœur, ils aiment trop la musique pour la quitter. Dépêchez-vous donc de les accueillir comme il se doit, le paysage musical de notre vieille capitale en a bien besoin.

Toy Fight était un trio autoproduit, trois ans après c’est un beau groupe signé chez Cityslang. Bis repetita placent, ce second opus est leur victoire.

Note : 8,5/10

Retrouvez aussi : l’interview et la chronique du concert

PETER BJORN AND JOHN – Living Thing

In des disques... on mars 22, 2009 at 9:53

Groupe suédois / pop – rock / Wichita-Coop-Pias

La machine à tubes est de retour ! Alors que tout le monde a encore en tête Young Folks, qui est régulièrement remixé (celui de Diplo est d’ailleurs très plaisant), le trio suédois ne s’arrêtent pas en si bon chemin et signent un quatrième album toujours aussi dansant.

Sonorités glaciales, rythmique de batterie ultra-basique, guitare aux lignes simples et évidemment ces voix qui enchantent nos oreilles à chaque fois… la même chose qu’à l’accoutumée est-on tenté de penser, sauf que curieusement, c’est très différent.

Les mélodies regorgent de petites trouvailles toutes plus délicieuses les unes que les autres : jeux de respiration saccadée, utilisation raisonnée du vocodeur, claps, boucles très courtes de piano, échos métalliques, agitation de plaques de plexiglas… Les textes sont tout sauf niaiseux, comme dans Lay It Down, où la mélodie pop-sucrée ne laisse pas penser que les textes sont si piquants : « Hey shut the fuck up boy, your’re starting to piss me off, take your hands off that girl, you’ve already had enough ». Ou très drôles dans Picasso lorsque la narration prend la point de vue d’un tableau de Picasso s’ennuyant sur le mur du Musée de Barcelone et ayant besoin d’affection…

The Feeling et Nothing to worry about sont déjà calibrés pour les dancefloors de la planète, prêts à être réappropriés par les djs du monde entier… à la maison ou dehors, vous n’avez pas fini d’entendre Peter Bjorn and John, qui s’imposent en douceur comme des références incontournables de l’eletro-pop.

Note : 8/10

(Cette chronique est la centième…)