21/04/2009 – QG de Cooperative Music
Lorsque j’arrive, Maxime, Sébastien et Jean jouent aux billes. Ils ont l’air content de voir une nouvelle tête et trouvent qu’on pourrait se servir du zoom comme d’un Taser ou d’un Rasoir Electrique. Je leur ai apporté un casse-tête, Jean s’en empare tout content de pouvoir s’occuper. On s’installe, ils essayent de me vendre un disque d’or incrusté dans un parquet.
Interview Hibou, Caillou… Pleine de Joujoux et très Chou, où l’on se retrouve débordés de partout.

Round 1
M : Bon allez hop, play, on attaque direct, perso je ne m’attendais plus du tout à votre retour…
(rires) Sébastien : Il est vrai que ça en a surpris plus d’un…
M : Ils ont utilisé quoi chez CitySlang pour vous faire changer d’avis, un jouet hi-Tech ?
Maxime : Ben… ils ont été gentils, ça a suffit !
Sébastien : Ils ont été assez gentils puisqu’au départ on leur a pas forcément donné envie de nous signer vu qu’on faisait partie de plein d’autres groupes, qu’on ne faisait plus de concerts ce genre de choses – et donc ils ont été quand même assez gentils pour continuer à s’intéresser à nous, à bien vouloir nous donner un peu de sous pour faire un disque… donc en fait ça a suffit et c’est déjà pas mal (rires) !
M : Et donc vos projets parallèles c’est encore d’actualité ou ce n’était que des amusements éphémères ?
Maxime : Dans mon cas c’est encore d’actualité avec Please Don’t Blame Mexico ! Dans le cas de David, The Limes c’est plus que jamais d’actualité et puis ben Jean… et sa pléthore de groupe…
Sébastien : C’est la star ! Qui joue dans plein de groupes !
Jean : Je joue dans d’autres groupes, Tahiti Boy… Fugu…
[…]
M : Ok donc c’est toujours d’actualité…
Maxime : oui oui surtout les groupes de Jean…
Jean : Bah toi aussi en ce moment… alors je te retourne le compliment ! (rires)
M : Donc, moi j’avais chroniqué Péplum il y a un petit moment maintenant et…
Sébastien : Non pas Péplum, Anagram Dancies…
M : Non Péplum et…
Sébastien : Celui qui va sortir là ? Mais comment tu fais ? Il est même pas sorti ? C’est quoi ton truc ?
M : Coop sont des gens formidables tu sais…
Maxime : ah mais c’est toi Violette !
Sébastien : Ah mais oui merci, en plus elle est bien cette chronique ! Mais t’es hyper en avance sur tes collègues toi ! (rires)
Maxime : … sur ton temps
Jean : … sur ton siècle j’ai envie de dire (rires)
M : Bref (rires) je voulais savoir pourquoi vous l’avez appelé comme ça ce disque, quelle est votre version du Péplum ?
Maxime : Alors l’histoire du titre qui est… cocasse (rire). C’est à dire que une après-midi avec David qui n’est pas là, on avait trouvé comme titre d’album… Contredanse. Et donc le soir on avait l’anniversaire d’une amie, et donc tous nos amis étaient réunis, et on est allé vers une… une amie ! – Puisque toutes mes phrases se finissent par « ami » (rires) ! -qui s’appelle Marika. Et on est donc arrivé vers elle et on lui dit « tiens on a trouvé un titre pour notre album, ce sera Contredanse ». Et à ce moment là elle a répondu « Wow Contredanse, j’sais pas, ça fait un peu pompeux, ça fait un peu péplum ». Et là, on était là avec Seb et David et on s’est dit que c’était ça le mot, et voilà.
Sébastien : Mais du coup y’a pas de rapport vraiment direct avec un amour pour le… genre. C’était plus une association d’idées, on s’est dit que ça convenait bien.
Maxime : En fait c’est le côté archi-prétentieux de ce à quoi ça renvoie le péplum, ce côté surproduction et tout ça… comparé à la relative humilité – et pas humidité (rires) – de la façon dont on a conçu l’album. Le contraste était marrant.
Jean, Sébastien : cocasse.
M : ok, moi je croyais qu’il y avait un lien entre Toy Fight et le fait que le Péplum soit un combat, et puis comme vous n’étiez pas censés revenir alors vous revenez avec grandiloquence, vous faites les choses avec panache… tout ça tout ça…
Sébastien : Pas mal du tout, tu as poussé encore plus loin l’éxégèse que nous en fait !
Maxime : C’est pas mal on le ressortira dans une prochaine interview… (rires) Le prochain album va s’appeler Armageddon en fait… (rires)
M : Bien… Revenons à l’album, j’ai relevé une multitude d’instruments dans cet opus (Sébastien : c’est bien tu as bien écouté !) …et je me demandais si vous étiez plutôt « jouets en bois » – à l’ancienne, classique tout ça – ou jouets super perfectionnés – qui se bidouillent, on peut expérimenter des trucs… ?
Jean : Je tiens à dire qu’on peut expérimenter des trucs avec des jouets en bois (rires) Non mais c’est vrai ! Par exemple tu prends une petite voiture en bois, et ben si t’as une scie par exemple, tu peux la scier et en faire autre chose et…. Tu vois ? (rires) Non mais c’est vrai !
M : Elle ne fonctionne plus ta p’tite voiture si tu la coupes en deux !
Jean : Mais non si tu coupes le dessus tu changes la forme mais elle roule encore ! (rires)
Maxime : Mais comment tu fais de la musique avec une demie voiture en bois ? (rires)
Jean : Non mais ce que j’veux dire c’est que tu peux prendre des choses en bois et expérimenter quand même avec. (rires)
Maxime : Mais ça n’a rien à voir ! (rires) Tu racontes n’importe quoi !
Jean : Mais non parce que tu avais l’air de dire qu’on ne pouvait expérimenter qu’avec des choses très technologiques dans ta question…
Sébastien : Et là je m’inscris en faux (rires) ! Je dis non (rires x10) ! Une voiture en bois sert à expérimenter !
Maxime : Une voiture en bois, une scie et c’est parti !
Fou-rire généralisé… Qu’est-ce qui m’a pris de poser une question aussi déplacée ?
Note à l’attention de Coop : êtes-vous certains de n’avoir mis que de l’eau dans les verres de ces jeunes ??
Jean : Non mais en fait tu voulais parler des instruments acoustiques et des instruments électroniques… C’est pas mal ça comme question… D’où ma réponse, je pense qu’on peut faire de l’électronique avec des instruments d’acoustique… Je pense qu’on peut utiliser un instrument acoustique différemment comme les mecs qui jouent de la guitare à l’archet ou…un Ukulélé avec une baguette quoi !
M : Voilà mais justement vous faites ce genre d’expériences ou pas ? Parce que c’était ça la question ! (rires)
Sébastien : Guitare à l’archet non en l’occurrence.
Maxime : Non non mais en fait de part la limite de nos connaissances en la matière on n’est pas très euh… On n’est pas très matos quoi en fait. C’est juste qu’on s’y connaît assez peu, on va pas tous les après-midis à Pigalle pour chercher les derniers trucs… (petit silence) Non non, t’as eu peur hein ! (rires) On n’est pas des nerds d’instruments, on a quelques petites bricoles avec lesquelles on essaye de tirer le plus de possibilités, desquelles on essaye de tirer le plus de…
Sébastien : Par exemple des boîtes de conserves Jean !
Jean : Y’a des boîtes de conserves et des casseroles qui ont été essayées sur ce disque…
Sébastien : C’est un peu jouet en bois ça non ?
Jean : Sur Minute Song notamment, y’a 2 doubles croches à la boîte de conserve… (rires)

Round 2
M : Et sur cet album il y a 16 titres et… (Sébastien : enfin ça ne fait que 35 minutes hein…) je voulais savoir pourquoi il y a ces trois petits teasers : David, Maxime et Sébastien présentent…
Maxime : Alors, l’histoire des interludes… Il se trouve que Toy Fight est un groupe qui polémique énormément et qui débat beaucoup. Donc on passe beaucoup de temps, on a beaucoup passé de temps pendant l’enregistrement à juste discuter.
Sébastien : A débattre des options, à ne pas être d’accord…
Jean : D’ailleurs il y a un ouvrage (rires) qui va sortir, que sont les débats de Péplum (rires), c’est un livre gros comme ça (il écarte les doigts de 10 cm) sur tous les débats…
Maxime : Et Jacques Attali préface hein… ! (rires) … Et donc voilà, quitte à ce qu’on « perde beaucoup de temps » – mais ce n’est pas du temps perdu, sauf qu’on s’en rend compte qu’après mais… Bref, au bout d’un moment, outre parfois l’agacement ou la perte de patience que peut occasionner les débats comme ça, c’est devenu une blague entre nous de toujours tout remettre en cause et tout ça. Et pour prendre le contre-pied radical de ça, est venue l’idée à un moment de s’accorder dans l’album 33 secondes chacun où l’on ferait absolument ce qu’on veut.
Sébastien : L’idée c’était que les autres n’aient rien à dire, clairement chacun avait son espace de liberté, a seule contrainte étant que cela fasse 33 secondes.
Maxime : 33 secondes voilà… Donc c’étati pensé comme un espace de pure liberté à chacun de nous 3.
M : Et en plus de vous trois, fondateurs du groupe, vous vous êtes fait de nouveaux copains… – Maxime : Enfin ce sont plus juste des musiciens que des potes hein… / Sébastien : des collègues oui ! (rires) – et vous êtes à présent six dont une fille. Vous avez donc cassé le mythe des garçons qui jouent ensemble, est-ce qu’il y a des jeux de filles et des jeux de garçons ?
Sébastien : Ah ouais en fait tu fais toute l’interview sur le thème du jeu et du jouet c’est pas mal !
M : Oui original hein…
Sébastien : Disons que quand on a décidé de faire ce disque pour CitySlang, on est tombé d’accord assez vite avec Maxime et David pour dire qu’on avait envie d’élargir un peu le groupe… Avoir une vraie batterie, avoir un bassiste et tout. Pauline c’est un peu différent car on la connaît depuis longtemps… elle avait un peu chanté avec nous
Ici digression Classe Prépa ou lorsque l’interview part définitivement en sucette… :
M : en prépa ? Parce que c’est ça, officiellement vous avez fondé Toy Fight en Prépa…
Sébastien : non au lycée. Oui on a fondé Toy Fight en prépa.
M : Littéraire ou Scientifique ?
Maxime : On essaye de le cacher…
Sébastien : oui mais tout le monde le sait (rires). Littéraire.
M : Où ça au fait ?
Sébastien : du coup du coup…
Jean : Où ça elle a dit ! Fais pas la sourde oreille ! (rires) Change pas de sujet tu vas pas t’en sortir comme ça !
Sébastien : Ahhh Où ça ? A Fénelon.
[…]
Maxime : On a des têtes de Féneloniens, « ils ont l’œil droit qui part en vrille c’est des Féneloniens ! ». (rires)
M : Ah et vous ne connaissiez pas une Maroushka.. ; Elle vous aurait plu, elle était complètement barrée, adoratrice de philosophes comme Spinoza et Deleuze. Elle jouait du Bob Dylan et elle venait toujours en cours avec une guitare et son harmonica accroché… Et elle ressemblait à…
Maxime : à rien (rires) ! Non je vois pas mais effectivement ça aurait été un bon sujet d’étude ! C’est donc ton ennemie cette fille ? (rires)
M : Non j’men fiche, ça vient seulement de me revenir (rires)
Maxime : Oh non non j’men fout de cette fille, c’est juste que je la cite dans chacune de mes chroniques, cette chanson est vraiment nulle à chier, ça me rappelle d’ailleurs Maroushka ! » (rires) C’est un peu comme Murat avec Dao quoi, tu la places à chaque fois…
D’accord… Bah c’est marrant. Donc euh…
M : Oui revenons à nos moutons, (rires)
Sébastien : Donc voilà, je reviens à mes moutons. Pauline on la connaît depuis longtemps, elle chantait un peu sur Anagram Dancies, et Jean et Bertrand on les a rencontré plus récemment pour l’album… Donc on cherchait des musiciens on a trouvé des amis… Non je rigole ! (rires)
Maxime : Jacques Ségéla ! (rires)
Sébastien : Bah voilà et puis du coup ça s’est fait assez naturellement…
M : C’était pas une commande de CitySlang par exemple…
Sébastien : Non non c’est nous qui avons décidé qu’on voulait d’autres musiciens.
Jean : Une team
Maxime : Un Krew quoi !
M : D’accord, vous savez quoi c’est la dernière question…
Maxime : Non mais c’est scandaleux c’est quoi cette interview !
M : On continuera autant que tu veux si tu y tiens ! En attendant je termine toujours mes interviews en demandant quels sont les 3 derniers albums qui vous ont marqué ?
[Enorme et long silence]
Maxime : Bon, ce n’est pas du tout du désintérêt pour la question de notre part, on ne répond pas mais c’est parce qu’on est les plus gros nerds de la terre et ça nous prend du temps de répondre à ça…
Donc moi je vais dire Se O Caso E Chorar de Tom Zé. C’est un album de pop brésilienne si on peut appeler ça comme ça. Un album écrit à la fin du mouvement tropicaliste. Des titres assez court de 2-3 minutes maxi. Où effectivement il mêle tradition brésilienne, changement d’accords assez brésilien, perçus et sens du rythme brésilien avec des formats Pop couplet-refrain. Ce qui me plaît c’est la pétulence (rires) Non mais hé ! L’espèce de joie assez enthousiasmante, la façon de jouer et chanter assez vivifiante sur cet album.
Jean : Un peu comme dans le gel douche Ushuaia, il est pétulant… (rires) Bah moi pour prendre quelque chose de plus moderne je dirais le dernier album de Dan Deacon.
Sébastien : et un dernier qui fait consensus auprès du groupe et parce que je trouvais rien d’autre, c’est le dernier album des Walkmen, You and Me, qui est vraiment un de nos albums préférés de l’an dernier.
M : Bon super ! Vous avez autre chose à ajouter ?
Maxime : Non que… Je conseille à tout le monde d’acheter notre disque mais surtout d’écouter les groupes parisiens qui ne sont pas signés comme nos amis de Maison Neuve et Orouni. Et… que y’a plein de choses qui se passent en ce moment en France et à Paris et qu’on espère que les labels vont s’en rendre compte !
M : C’était donc le mot de la fin ! Merci, stop !

Round 3
Fin des hostilités, chacun range ses jouets et va chahuter ailleurs que dans les locos de Coop :) ! Maintenant il ne reste plus qu’à aller juger de la performance scénique en mai !
Merci à Michael – Coop, qui a permis cette interview rocambolesque.
Crédits photos : ElDave