Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

Articles avec le tag ‘EP’

APPLAUSE – s/t EP

In des disques... on juin 25, 2010 at 8:27

Groupe belge / Trip hop – Soul / 3e Bureau

La pochette est antithétique avec le nom du groupe. Comment Applaudir alors que vos deux mains sont occupées à vous boucher les oreilles ? Ce paradoxe n’est que le premier d’une longue série. Un EP qui en a dans le ventre à découvrir ardemment.

Les contradictions, APPLAUSE les cumule. A la première écoute on croit détenir l’opus d’un nouveau cru anglais. Des accents de Morcheeba ou Massive Attack mêlés à une culture britpop. Mais lorsqu’on consulte le communiqué de presse (qui pour une fois n’est pas vain), on tombe des nues en découvrant que ces gars là viennent de Belgique. Ce pays en crise existentielle et identitaire produit régulièrement son lot de petites perles musicales assez insolites.Les textes d’APPLAUSE font d’ailleurs implicitement référence à cet égarement, ils cherchent un phare, un lapin blanc à suivre.

Autre curiosité, alors que d’ordinaire ce genre d’album traverserait vos oreilles aussi vite qu’un Thalys (aussitôt écouté, aussitôt oublié), les mélodies d’APPLAUSE sont plus tenaces que les taches Eau Ecarlate. Sitôt écouté, sitôt accro. On se surprend donc à user la touche repeat sur The Lighthouse ou White Rabbit.

Et puis il y a cette voix, ce chanteur grave et bouleversant, dont les cordes vocales semblent sur le point de se désintégrer à chaque minute.

Pour toutes ces raisons, j’attend avec impatience l’album pour me faire un avis plus approfondi et je salue l’initiative d’un label qui a su prendre le risque de soutenir un groupe moins bankable que le reste de son catalogue.

Sortie le 19 juillet

Album à venir en 2011

En concert gratuit sur la plage du Glazart le 25 juin.

LA FIANCEE – EP Un & Deux

In des disques... on juin 16, 2010 at 8:18

Artiste française / Chanson française / Polydor

Mes fidèles lecteurs savent que les « filles qui font de la pop » m’insupportent.

Enfin pas toutes.

Mélanie Pain par exemple est un modèle de charme ultra-puissant qui redonne foi dans le Deuxième Sexe.

Camille a ce quelque chose de fascinant qui me font oublier combien d’autres savent être déplorablement mauvaises.

Donc d’accord pas toutes. Et La Fiancée pourrait bien rejoindre la Dream Team des chanteuses françaises qui ne ne se contentent pas d’avoir du potentiel mais qui le livrent vraiment au public.

En chroniquant deux EP d’un coup, on a presque un album. Et en écoutant ces deux mini-opus d’affilée on ne peut que se rendre compte que ça tient la route dans le cas de notre mariée en devenir.

Il faut dire que la demoiselle a eu le bon goût de s’entourer d’hommes de bon conseil, comme ce Florent Marchet qui s’avère décidément fichtrement doué pour coller des mots adéquats sur des émotions sensibles.

Les Mains Sales (EP 2) dont le titre pourrait laisser présager un mauvais remake Sartrien est doux comme la soie tout en cachant une douleur profonde comme les gorges du Tarn.

Edgar Ficat n’est pas en reste non plus avec cet Emploi du moi (EP 1) ou On avait Juré (EP 2), deux morceaux particulièrement touchants pour n’importe quelle jeune femme qui, au sortir de l’adolescence, se retrouve à jongler entre ses aspirations d’adulte et ses réflexes d’enfant. Construire c’est difficile, on s’y perd souvent.

Des paroles un peu bobo mais pas trop,

Des mélodies simples mettant en valeur cette voix toujours sur la brèche.

En plus elle est jolie.

Et pour l’avoir vérifié lors d’un pique-nique musicale (in We Pop we trust), elle est super sympa.

Merde, pas juste ça, avoir du talent, savoir l’exprimer ET être belle et gentille…

Messieurs, je ne sais pas si son cœur est à prendre, mais vous devriez vous bousculer au portillon. Une future grande dame.

Vivement l’album. L’écouter c’est l’épouser ! (bon d’accord elle était facile celle-là…)

Les belles histoires #3 : THE NARCOLEPTIC DANCERS

In Les belles Histoires, des disques... on juin 2, 2010 at 8:00

Les belles histoires musicales ou comment, dans un monde de la musique qui crise, on peut encore trouver des rêves qui se réalisent. Parce que je suis une fille qui a aussi le cœur guimauve.

Il était une fois un petit garçon élevé par sa mère à Saint Etienne répondant au doux nom d’Anton. Anton aimait plus le chant et la musique que le ballon rond. Anton était né à l’aube des années 80 et aimait plus la pop que l’electro.

A des kilomètres de là, aux Pays-Bas, vivait Melody, jolie jeune fille aimant la musique et les légumes. Melody était née après la chute du mur de Berlin mais préférait la pop à l’euro-dance.

Un jour, Johnny, le père de Melody, se sachant condamné à voir ses cellules devenir malades les unes après les autres, décide d’organiser une grande réunion de famille pour dire au revoir et rejoindre l’au-delà tant qu’il en est encore temps. A cette occasion, Melody s’est faite belle et espère bien rencontrer l’homme de sa vie. Elle tombe alors sur Anton et découvre qu’il n’est pas son Prince Charmant mais son grand frère !

Johnny Van Kapers était footballeur et avait donc logiquement eu l’occasion de fréquenter le stade stéphanois. Il meurt en faisant une belle rencontre et en sachant sa fille bien entourée.

Anton et Melody séparés si longtemps ne se sont plus jamais quitté et ont formé les Narcoleptic Dancers, en hommage à la chevelure de leur père. Et en toute logique, plutôt que de céder à la tendance revival electro-dance du moment, ils firent de la pop la pièce maîtresse de leur équation musicale.

Le résultat est ce splendide EP, perle pop cristalline concentrant le meilleur des Au Revoir Simone, Air, Grizzly Bear ou des B52’s. Il vous suffit d’écouter Rastakraut pour comprendre combien ce duo respire l’amour et la joie, vous le transmet encore et encore (il suffit d’appuyer sur repeat).

Il était une fois deux enfants ayant grandi avec une pièce de puzzle vacante et qui peuvent enfin se sentir entiers. Ils vivaient heureux avant et vivront aussi bien à présent.

Le Myspace et le site de Capitaine Plouf (des gens biens qui croient en d’autres gens biens)

Episodes précédents :

Les belles histoires #1 : LUC VERTIGE

Les belles histoires #2 : SHINE feat. Terry Reid

Episodes à venir : Eliot and the Ritournelles, Mondrian

Les belles histoires #2 : SHINE feat. Terry Reid

In Les belles Histoires, des disques... on mai 13, 2010 at 10:58

Les belles histoires musicales ou comment, dans un monde de la musique qui crise, on peut encore trouver des rêves qui se réalisent. Parce que je suis une fille qui a aussi le cœur guimauve.

Il était une fois Guillaume Simon, Antoine Delecroix et Laurent Houdard, trois parisiens musiciens et pas du genre à se dire qu’ils se contenteraient d’un simple groupe de musique. Non seulement ils avaient plusieurs groupes, d’inspirations différentes, mais en prime ils avaient encore ce sentiment trop souvent mal utilisé et galvaudé : la foi. Pas une fois en un genre d’autorité supérieure qui nous observe, plutôt une foi de ceux qui sont à très juste titre convaincus que ce qu’ils font est bien, qu’ils sont faits pour exercer leur talent et que des aventures extraordinaires sont susceptibles de survenir sans prévenir.

Et, un jour qu’ils regardent tranquillement Arte à la maison – parce que bon, ce sont des parisiens qui préfèrent un documentaire à un show de divertissement, on ne leur en tient pas rigueur, bien au contraire – ils tombent en admiration devant Terry Reid qui fait le foufou à Glastonbury.

Terry Reid, c’est le genre d’artiste capable d’avoir l’intelligence de conseiller un petit gars de Birmingham, Robert Plant, au groupe Led Zeppelin qui voulait que Terry Reid les rejoigne. Non Terry Reid il sait que cette place n’est pas la sienne et il décline l’offre en préférant galérer dans son petit bonhomme de chemin qui fait des premières parties comme les Rolling Stones. Terry Reid, c’est le genre de type assez lucide pour comprendre qu’il ne doit pas accepter d’être le nouveau leader des Deep Purple car quelqu’un d’autre est taillé pour le rôle, pas lui.

Mais Terry Reid c’est le gars assez fantasque pour accepter, à plus de soixante berges, de traverser l’Atlantique pour venir jouer et enregistrer des morceaux avec SHINE. Et roule la galère c’est parti pour trois titres.

Terry a une voix entre Rod Stewart et Iggy Pop et il se produit un mélange explosif lorsqu’elle entre en contact avec les mélodies électro-pop tendance jazz-blues avec SHINE.

Paf ! Telles des abeilles trop gourmandes, vous vous coincez les ailes dans ce pot de miel.

Et lorsque Terry Reid vous chante la ballade I’m here, votre cœur peut s’arrêter de battre, votre femme peut vous annoncer qu’elle est enceinte de quintuplés, un juge peut vous condamner à 300 années de prison incompressibles, ce n’est pas grave, vous ne serez plus jamais seuls.

Il était une fois un groupe parisien qui avait foi en son travail et qui, avec un peu d’audace et d’auto-persuasion bien placées, vivait heureux avant et vivra aussi bien maintenant.

On parie combien que vous allez cliquer et écouter ?

Le Myspace ou Le Site.

…et bien entendu, il est fortement conseillé de soutenir ce groupe en achetant la petite chose à l’artwork soigné, sortie chez Tubes à Essais

Episode précédent des belles histoires : Luc Vertige

Prochain épisode des belles histoires : The Narcoleptic Dancers

MY GIRLFRIEND IS BETTER THAN YOURS – Foreplay EP

In des disques... on octobre 12, 2009 at 3:21

Duo parisien / Folk / Chicrodelic – Discograph

Il est des histoires d’amour qui sonnent vrai, justes comme il faut. En général c’est celle que l’on attend pas/plus. Olivier et Laurie en ont fait les frais… pour le grand plaisir de nos oreilles. Le premier fruit de leur union est à leur image : simple et raffiné.

Lui c’est Olivier Marguerit, le type dont les yeux bleus glaciers feraient fondre les neiges éternelles du Kilimandjaro. Celui que je croise presque toutes les semaines à des concerts sans jamais avoir été fichue de me faire une réflexion simple : il joue dans (presque) tous mes groupes parisiens préférés. Fugu et ses mélodies pop rigolotes, Syd Matters dont on retrouve sur cet EP la filiation directe des mélodies planantes et des cœurs, Chicros par-dessus tout et sa guitare cowboy… Bref on m’envoie son disque et il m’a fallu le croiser par hasard (et oser lui parler pour entendre le timbre de cette voix) pour me rendre compte que pas un jour ne passe sans qu’il soit le temps d’un titre dans mes oreilles.

Elle c’est Laurie Lassalle, la fille dont je serais forcément jalouse si j’étais célibataire. Elle porte le même prénom qu’une chanteuse pour ado, mais avec une orthographe cent fois plus raffinée, elle a des propos piquants comme un excellent pecorino de 36 mois d’affinage, elle chante d’une douce voix un peu moqueuse. Bref elle me plaît.

Leur premier bébé, Foreplay, comporte huit titres à l’image de ses parents : des textes piquants, des mélodies douces-amères, des voix rassurantes et espiègles. La pochette d’abord vous provoque avec ses seins et son pénis dressé en oblique vers ces derniers, prenant ainsi le contrepied de bon nombre de duos musicaux cul-culs et/ou dégoulinants dont on se passerait volontiers. Ainsi on trouve la version « Je suis un musicien et j’invite ma copine qui n’a pas de talent » avec Binki Shapiro et Fabrizio Moretti dans Little Joy, la version « on n’est même pas un couple mais on fait un duo pour tenter de donner un autre souffle à nos carrières » avec Lilly Allen et Ours, la palme revenant à Julien Doré et Béatrice Martin pour leur version « on casse les oreilles du monde entier chacun de notre côté, mettons-nous y à deux pour leur exploser définitivement les tympans et les nerfs ».  Autant de mauvaises références leur donnant d’autant plus de légitimité à affirmer que My Girlfriend Is Better Than Yours et d’obtenir un label de mon cru d’Appellation de Groupe d’Origine Contrôlée. Les titres sont catchy au début (avec ruptures de rythme à la Chicros) et évoluent vers des balades-berceuses joyeusement inspirées de Syd Matters. Les samples (Before my Memory) et autres délicatesses auditives (sirène de pompier, Casios…) apportent une touche arty mais classe. Les deux comptines qui clôturent cet album permettent de vous plonger dans des rêves délicieux tout en gardant à l’esprit que le mignon c’est bien gentil mais le cruel c’est quand même bien plus drôle : Un jour la terre sera dévastée… mais on se sera bien marrés avant, maintenant petit EP, au lit, tes parents doivent concevoir et produire un disque !

Note 8/10

LISSY TRULLIE – Self Taught Learner EP

In des disques... on juin 20, 2009 at 2:54

Minette New-yorkaise / Rock / Wichita – Cooperative music

L’été revient plus ou moins et les productions sexy – fleuries – glossy font comme chaque année leur come back. Alors si l’on vous parle d’une jeune mannequin qui se met à fricoter avec la musique, vous pensez à une australienne et ses tee-shirt blanc… et vous avez tort. Car il y a plus prometteur, il y a Lissy Trullie.

A peine 20 vingt ans, des couv’ de magazines de mode qui se multiplient… Lissy semblait partie pour nous proposer autre chose que ce rock brut et dirty. Avec une voix rappelant Debbie Harry ou l’injustement méconnue Justine Berry (Hey Gravity) et un accent frisant le plagiat Pete Doherty-que (pardon pour ce barbarisme), on est loin des intonations bitchy d’écervelées du milieu de la mode. Il en va de même pour les textes, Lissy n’a pas pour sujet principal de préoccupation ses tee-shirts blanc (même si je vous l’accorde, elle montre son short noir) ou des soirées branchouilles mais aborde plutôt de grands thèmes universels (l’amour, l’argent, le respect…) sur un ton sarcastique et cinglant (you don’t have to say I love you too, it’s not what I want to ear from you). La batterie et la basse aux lignes basiques mettent en valeur les accents crus d’une guitare un peu déglinguée, le tout magnifié par cette voix de fumeuse de 40 berges.

Et par-dessus tout, il y a cette reprise de Hot Chip, Ready for the floor, qui parachève de nous amener à penser que cette Lissy est loin d’être une cruche, ira un peu plus loin dans la qualité musicale de ses congénères et restera quelqu’un quoiqu’il arrive une personne de bon gout capable de ne pas massacrer les reprises. Une excellente autodidacte donc… Verdict final avec l’opus complet.

Note : 8/10

ELDIA – Favourite Murderer EP

In des disques... on juin 15, 2009 at 2:30

Groupe parisien / Pop-rock / Emergence Music

Après un album prometteur il y a un an (All The People On The Ship Say), eLdiA sort un EP en avant goût d’un nouvel opus à venir pour l’automne. Des chansons pop-rock qui balancent bien comme il faut.

En quatre titres on peut déjà déceler que l’album promet quelques singles alléchants. A commencer par le titre éponyme de cet EP. Favourite Murderer s’inscrit dans la droite ligne de la britpop avec une ambiance sonore très Beatles. On reconnaît aussi la patte des folkeux parisiens comme Tahiti Boy ou les géniaux Toy Fight. The Way You Move rappelle pour sa part la vague rock new-yorkaise, dont on ne peut que regretter leur abus de reverb sur le refrain. Alors que Did You Run ? passe plus inaperçu de par son classicisme ultra « déjà entendu partout », The Drunk Song mérite de s’y attarder, balade folk mélancolique qui donne envie de réécouter en boucle les cowboys normands de La Maison Tellier.

Reste qu’il faudrait que ces 5 jeunes s’affichent sur leur pochette dans des postures moins « j’suis un péteux parisien, j’porte la moustache, un slim et du cuir car c’est trop bien le rock ». Bref il y a bien du potentiel chez eLdiA, rien de très original mais travaillé avec un peu d’attention, si tous les groupes pouvaient déjà commencer par respecter  cette règle élémentaire alors la scène française pourrait mieux se défende outre Manche. Encore un peu de travail ne ferait pas de mal…

Le Colonel Moutarde dans la cuisine avec un chandelier ? Verdict complet avec l’album.

Note : 7/10