Vernissage Expo BURNED @ Galerie Chappe

Burn - N. Ullman @ Galerie Chappe jusqu'au 21/10/2009
Un millier de personne (500 selon la police, 2000 selon les riverains) dans 45 mètres carrés… ça fait penser à une surpopulation de sans-papier mais non, c’était un vernissage de la branchitude…
En résumé, Nicolas Ullman ayant vu partir son appartement et tout ce qu’il contenait en fumée, ne s’est pas démonté et a organisé une sorte d’hommage funeste avec une vingtaine de photographes venus immortaliser l’étendue des dégâts. On retrouve ainsi Mondino, Beaudouin, Coste ou Eddy Brière mettant Nicolas Ullman en scène au milieu de ses décombres sous divers costumes. Certains macabres (squelette, clown triste) lui collent bien à la peau, traduisant la personnalité dépressive des mondains.
Des photos certes, des souvenirs aussi. Ce qui est frappant, c’est de se voir remettre un papier où il est précisé en gras qu’il n’habitait pas seul, mais de ne voir que du « Je » pour tout le reste : lui, lui et ses livres , lui et ses guitares, lui et des filles à poil… Sensation désagréable d’un voyeurisme malsain. On ne comprend pas vraiment où il veut en venir, est-ce un dernier au revoir à son appartement ? A une page de sa vie qu’il a choisit de clore ?
A cette exposition sont exposées des photographies d’artistes parisiens plus ou moins renomés et quelques résidus d’objets ayant vécu l’incendie (costumes, jouets, disques…). Il manque quelques phrases sur lesquelles méditer comme “Mettre la dernière main à son oeuvre, c’est la brûler” (Lichtenberg, bossu hypocondriaque) ou ”Si le feu brûlait ma maison qu’emporterais-je ? J’aimerais emporter le feu…” (Cocteau).
Entendu :
- « Ah ouais quand même ! » (personnalité dotée d’une puissance de réflexion hors-norme).
- « Je suis venue voir les photos d’un photographe, mais il n’est pas exposé ! » (Jeune fille décontenancée)
- « Pas étonnant que ça ait cramé vu le bordel que c’était, tu balançais une cigarette et tout partait. » (Un fumeur sur le perron)
- « Moi ça me donne faim tout ça » (WTF ??)
- « Attention, danger immédiat à 15h… non de l’autre côté ! » (Deux filles et la rencontre qu’elles ne voulaient pas faire).
- « J’comprend pas pourquoi y’a 3 tailles de toiles pour les tarifs, moi je ne vois qu’un format » (Bah, enlèves tes lunettes de soleil !)
- « Ah bah si vous ne voulez pas de bière, servez-vous ! » (Barmaid débordée)
- « Ca sent le brûlé non ? » (à propos d’une cigarette touchant une veste… ou de la photo ?).
Le Monsieur Ullman en question change de costume toutes les demi-heures (Ils n’ont donc pas tous cramé…) et nous propose une playlist « spéciale feu ». On remarque immédiatement que s’il a pensé aux Franz Ferdinand (This fire is out of control), il a oublié tous les tubes de Reggae, car s’il y a bien une ville qui a cramé dans tous les albums, c’est Babylone :) Craignant qu’Asyl (Brûle Brûle Brûle) ou Johnny (Allumer le feu) soient invités à chanter, on se carapate vite fait au Café Carmen.
A suivre sur le net : L.A. Project, la petite série qui après quelques épisodes de rodages commence à être bien fichue
______________
Séverin Release Party @ Café Carmen

Porn-cheesecake...
Soirée bondée pour le lancement de l’album qui ne connaîtra jamais de tournée (ça paraît difficile d’imaginer une tournée pour un disque qui s’apparente à une compilation).
Marie-Flore avait la lourde tâche d’entamer seule la soirée avec quelques compositions de son cru. Frêle créature, épaules rentrées, elle triture nerveusement les cordes de sa guitare et ne quitte pas des yeux Séverin qui l’observe au milieu du public. Discrète et timide, elle n’ouvre la bouche que pour chanter et faire des réflexions bourrées d’humour comme lorsqu’elle entame sa reprise folk des Pussy Cat Dolls « J’ai fait une reprise des Pussy Cat Dolls. Il manque les danseuses bien évidemment. ».
Lippie lui succède pour quelques titres qu’elle massacre comme avec délectation (elle était probablement simplement très nerveuse et dénigrait tout ce qu’elle faisait). Dommage car cette nana a vraiment du chien et une voix qui vous retient.
Enfin Séverin prend place avec sa brochette de minettes, assises au fond et appelées au micro une par une. L’Ecole des Fans version adulte. Enorme déception que d’assister à un karaoké, tout est enregistré sauf les voix et quelques accords de guitares, cela fait peine à voir… Manque de budget vraisemblablement. Les chanteuses les plus intéressantes ne sont pas forcément celles qu’on attendait : Marie-Flore (Big Mouth) est toujours aussi timide, Lippie (Wasted Life) se révèle géniale cette fois, Constance Verluca (Johnny) en fait trop, La Fiancée (Les lignes de ma main) a un quelque chose de chouette que je n’avais pas soupçonné, Elvire Bonduelle (Adieu à Dieu) n’a pas chanté. La meilleure surprise vient de Gesa (Tu peux plus m’en vouloir) qui est dotée d’une forte personnalité et rend un peu plus vivant le morceau en ajoutant un couplet en allemand.
La plus déconcertante de médiocrité est Nadège Winter qui n’a pas été foutue d’apprendre cinq lignes de texte et termine The Edge of a Sunday en lalala. L’absence de cerise sur le gâteau ? Vu le titre de l’album, ça aurait été intéressant de servir du Cheesecake (et éventuellement de voir quelle bataille de nourriture aurait pu s’en suivre…).
Je quitte les lieux une fois qu’un jeune travaillant dans « la musique » a cette magnifique phrase lucide :
- « Elle est où la coke ? Nan parce que nous, il nous reste que ça hein… » Bien triste et bien résumé, pour la peine je rentre à pied !
Après la tentative ratée et ridicule du Louvre d’attirer des publics plus jeunes au Musée par le biais de la bande dessinée (cf.
En pleine tourmentes et insurrections en Guadeloupe et Martinique, l’exposition commandée par La Villette il y a plus d’un an a une saveur étrange…
« Pour la première fois au sein d’un musée d’art moderne, le Centre Pompidou propose de faire découvrir une page essentielle de l’histoire de l’art ». Pas moins de six commissaires, un scénographe et deux graphistes ont travaillé au projet de cette nouvelle exposition. Annoncé de la sorte, grande est l’envie de ne pas se sentir trop inculte et de connaître ce qu’est le Vide en art… On reconnaît bien là l’esprit Beaubourg, de bonnes idées mais rien pour être capable de les matérialiser convenablement, d’où une exposition incomprise et inintéressante.
L’affiche intriguait tous les pavés de Paris : un avion de tourisme écrasé par une énorme pierre. L’avion de tourisme, symbole de liberté et de l’homme moderne se faisant rattraper par Dame Nature de façon inattendue… Ne connaissant ni l’auteur ni le musée, j’ai saisi l’occasion de me rattraper. Jimmie Durham est d’origine cherokee et a concentré son travail autour de la dénonciation de l’impérialisme et de la ségrégation et ce, toujours par un seul biais : la pierre. Ces masses minérales et inertes viennent bousculer l’ordre établi dans nos sociétés occidentales reposant sur le capitalisme. L’exposition retraçait une grande partie de son œuvre. 



