Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

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THE DRUMS – s/t

In des disques... on juillet 19, 2010 at 8:00

Groupe américain / rock / Moshi-moshi Records

Parfois on rève d’être né à une autre époque. Il arrive qu’on y pense tellement fort que cela influe sur notre comportement et nos actes. Les jeunes de The Drums sont de ceux qui auraient dû naître quarante ans plus tôt et sous une autre nationalité.

Sans même l’avoir écouté, la pochette de ce disque fait presque froid dans le dos. Fluokids ? Electro bling-bling ? Indie rock qui se la raconte ?

A l’écoute c’est tout aussi troublant. On croit reconnaitre en permanence The Clash, Joy Division, les Beach Boys… sauf que non, ce sont des jeunes d’aujourd’hui.

On peut d’ailleurs s’interroger sur cette tendance actuelle des jeunes groupes à ne jouer de la musique d’avant leur naissance. Notre époque est-elle si anxiogène et déprimante que les mois de trente ans en perdent leurs facultés créatives pour s’enfermer dans des ersatz d’une époque qui semblait plus heureuse et facile ? Un No future de désespoir tout en restant un Fuck the future de jeunesse qui leur passera.

Si les titres de cet opus sont tous des singles en puissance, la qualité des textes n’atteint pas celles de leurs aînés, pas plus que les orchestrations rivalisent avec les groupes d’origine.

C’est à la fois agréable et agaçant de sans cesse avoir l’impression de retrouver d’autres groupes de rock. Un disque plaisant qui, passé l’effet de surprise, s’avère assez lassant mais n’en demeure pas moins de qualité. Reste à voir si, l’effet de surprise passé et la saison estivale derrière eux, The Drums saura s’extraire plus habilement que Mgmt du carcan que l’on a commencé de leur fixer.

MENOMENA – Mines

In des disques... on juin 15, 2010 at 8:09

Groupe américain / Indie Rock / City Slang

Après le side-project Ramona Falls l’année dernière, Menomena signe un nouvel album qui, en ces temps de vache maigre musicalement parlant, fait un bien fou.

Rythmiques légères, voix cassée, chœurs, envolées de piano… ne croyez pas que Menomena se contentera de vous balader sur la planète Pop. La déflagration sous-jacente entre post-rock et electro-rock est primordiale pour ce groupe qui ne cesse de surprendre. Menomena évolue donc entre plages musicales calmes et splendides orchestrations entraînantes.

L’un des morceaux les plus aboutis de ce point de vue est probablement ce Killemall toujours en grand écart entre pop expérimentale, rock structuré, post-rock aguicheur et terriblement dansant. On a envie de sortir embrassez l’assassin du bout de la rue du 18e sous une pluie tropicale et de saluer l’ange de sa victime. Quant à Dirty Cartoons, vous en finirez pas de le chanter dès que vous faites des heures sup’ en milieu hostile « I’d like to go home go home… ».

Ecoutez le une fois ou mille, vous ne vous en lasserez pas tant la capacité de cet opus à provoquer des émotions contraires est impressionnante et fait du bien. A se procurer d’urgence. Et maintenant vous le savez : tout ce qui touche à Brent Knopf, Justin Harris ou Danny Seim doit être écouté les yeux fermés, sans se poser de questions sur sa qualité : elle est toujours impeccable.

Retrouvez aussi la chronique de Benjamin F. sur Playlist Society, il n’est jamais d’accord avec moi (normal c’est mon ami pardi !)

MEGAFAUN @ Flèche d’Or

In des concerts... on mars 18, 2010 at 9:18

Groupe américain / Folk – Post-rock / 17/03/2010

La Flèche d’Or parviendra-t’elle  un jour à remplir sa salle en semaine ? Arrivée à la fin du set de Joy – très doux, très calme, très reposant, peut-être trop d’ailleurs – je ne compte qu’une centaine de personnes dans la salle pour Megafaun. Un concert du mercredi soir : ni trop calme, ni trop tempête.

Impossible de louper les trois gus de Megafaun tant leur gabarit en impose. Venus de Caroline du Nord, un pays où visiblement on fait naître des êtres géants, ils arborent des barbes touffues comme une forêt sub-équatorienne et sont habillés en ersatz de pyjama-jogging et jeans informes comme seuls les américains osent le faire. Certes on n’est pas là pour un défilé de mode mais pour écouter de la musique, mais quand même un effort de présentation n’a jamais fait de mal à personne, le look négligé commence à me chauffer…

Un banjo, une guitare, une batterie allégée et quelques machines à bidouiller. Si les morceaux évoquent un folk-country joyeuse et entraînante dans un premier temps, ils évoluent vite vers des mélodies plus expérimentales. Le guitariste n’en finit pas de toucher à des tas de gadgets permettant la distorsion de sons, quelques samples de clés qui cliquètent ou d’eau qui s’écoule parachèvent l’ensemble. C’est plutôt joli mais pas moyen d’être transportée pour autant. Les américains enchainent des blagues sur leur incompréhension du français de manière assez belle (mais très américaine, il ne peuvent pas s’empêcher de meubler avec des blagues c’est curieux cette tendance…).  Lorsque les sonorités évoluent vers un univers plus post-rock, quelque émotions s’en dégagent, mais notons qu’il était difficile de vraiment se concentrer lorsqu’un piètre photographe gesticulait en permanence sur le devant de la scène…

La fatigue aidant, je quitte la Flèche d’Or sans écouter le dernier groupe, après tout on est mercredi. Megafaun n’a pas livré un show à tomber par terre mais l’ensemble était cohérent et travaillé. On ne peut que déplorer que cette salle, pourtant assez joliment refaite (les moulures baroques et les rideaux épais en moins transforment l’espace de façon un peu trop froide, un peu trop lounge, mais on respire beaucoup mieux) ne parvienne pas à attirer les foules malgré une programmation plutôt audacieuse et intéressante.

VAMPIRE WEEKEND – Contra

In des disques... on janvier 11, 2010 at 9:41

Groupe américain / Pop – afrobeat blanc / XL Recording

Après un premier album aux influences fortement afrobeat et un projet parallèle tout aussi teinté de culture africaine (cf. The Very Best), Vampire Weekend remet ça avec Contra, un opus qui s’essaye à l’electro-afro.

Le premier disque de Vampire Weekend avait ravi les critiques car il était amusant, touchant et novateur. On revivait régulièrement notre rêve du Roi Lion, se trémoussant au milieu de la savane avec des animaux sauvages. Contra part donc avec un fort a-priori positif (malgré des prestations scéniques presque insultantes de médiocrité). Et surtout il est à la hauteur des attentes qu’on avait placé en lui.

Contra est un disque aux rythmes afro-caribéens beaucoup plus rapides, truffé de surprises electro-pop qui agissent comme de véritables stimulateurs de bonne humeur. Si Run ou White Sky s’inscrivent dans la droite lignée du premier album, le reste est plutôt novateur : Giving up the Guns et ses accords rock enjolivés de chant pop-sucrée vous collent une irrépressible envie d’entamer un solo de danse au milieu d’une gare bondée ; Holiday, comme son nom l’indique, vous replonge dans vos meilleurs souvenirs de vacances au soleil alors que vous affrontez une tempête de neige ; Cousins s’essaye même aux groupes de rock à la New Order. Des morceaux plus doux, voire mélancoliques sont aussi présents (I think you are a Contra, Taxi Cab), ce qui ne retire rien au charme de l’ensemble, agissant comme des respirations dans cet afflux de trémoussements dans tous les sens.

Nul doute que Contra va fournir beaucoup de matière aux DJs sur les dancefloordes mois à venir. Cet opus reste bourré d’influences afrobeat mais est beaucoup plus travaillé ce qui le rend nettement plus intéressant (car ça devenait un peu pénible la case obligatoire « afro »). Le véritable défi sera de se renouveler complètement pour un troisième disque, l’avenir nous le dira !

N.B : Attention Vampire Weekend peut provoquer des effets indésirables, comme chez PlaylistSociety

LE LOUP – Family

In des disques... on janvier 8, 2010 at 1:50

Groupe américain / Pop-folk / Talitres Record

Après un premier opus déjà très réussi, Le Loup nous livre depuis Washington ses nouvelles marottes typiquement américaines dans le milieu de la pop ces derniers temps : le revival de l’afrobeat. Un disque accompli qui assure sans peine le virage dangereux du second opus.

Oui je continue de le penser, l’Amérique a vibré un an au son de la campagne politique d’un homme noir, qui plus est a été élu à l’issue d’une longue bataille médiatique et culturelle. Et depuis, les groupes de pop indé de la East-coast n’ont de cesse de nous proposer des sonorités africaines (Yeasayer, Vampire Weekend, The Very Best…). Certes il y a aussi le Mondial de foot en Afrique du Sud qui arrive à grands pas, mais je pense que l’élection d’un président noir a encore plus joué. Bref, Le Loup est également de la partie avec ce Family. Un peu Benetton en quelque sorte, la famille d’aujourd’hui est multi-culturelle et métissée, à l’image des rythmes de cet opus. Tantôt ballade pop anglaise (Morning Song), tantôt rythme dynamique pétri de racines africaines (Beach Town ). Les notes de tête voix – banjo – guitare sont complétées des accords de cœur clavier – percussions pour produire un ensemble terriblement entraînant. Family, titre éponyme de l’album est sans doute la meilleure synthèse de ce disque : sonorités chaudes et  aquatiques agrémentées de chants incantatoires de l’hémisphère Nord au départ, elle évolue doucement vers des rythmes caribéens avec un chant folk-pop particulièrement dynamique, très vite rejoint par un chœur qui rappellent les verts pays irlandais. On retrouve beaucoup de Fleet Foxes chez Le Loup et c’est tant mieux.

Un très bel opus dont il aurait été dommage de passer à côté. Les groupes de rock truffent leurs partitions de krautrock, ceux de pop s’adonnent à l’afrobeat, pourquoi pas, voyons si le troisième opus du Loup saura, non plus suivre, mais guider la meute.

HEALTH @ Nouveau Casino

In des concerts... on novembre 6, 2009 at 12:30

Groupe américain / Rock Expérimental – Noise – Post-hardrock / 31/10/2009

Ce soir là au Nouveau Casino, mieux valait ne pas avoir oublié de quoi vous protéger les oreilles sous peine de devoir vous racheter une paire de conduits auditifs. Le quatuor californien Health était déterminé à nous faire la démonstration en quarante-cinq minutes de set que leur musique n’est pas un classique parcours de santé.

Alors certes, au premier abord quarante-cinq minutes de set, c’est un peu court pour une tête d’affiche… Pas dans le cas de Health dont le nouvel album, Get Color, atteint à peine plus d’une demi-heure, et dont la puissante décharge sonore est si présente dans chaque seconde des morceaux qu’on ne demande pas notre reste.

Lorsqu’ils prennent place sur scène, on comprend immédiatement

1)   qu’on va sacrément déguster,

2)   que ce qu’on s’apprête à voir relève autant de la performance sonore que du concert,

3)   que le batteur (BJ) à l’intention de nous montrer qui est le plus balèze ce soir.

Fait étrange, les musiciens jouent la plupart du temps assis (du clavier sur les genoux notamment, imaginez l’état des rotules). Le guitariste central (John) passe autant de temps à jouer qu’à sauter dans tous les sens, agitant ses longs cheveux.

Les titres sont plus ou moins acides, les tempêtes soniques et chant obscurs accompagnent un martellement implacable du batteur imperturbable. Parfois les mélodies se font plus pop (Die Slow). On ressort de l’expérience éreinté et hébétés, complètement paumés dans ce brusque retour à la morne réalité ambiante (il fait froid, il y a des gens partout, il faut sortir de la salle…).

Health porte parfaitement son nom : ils vous rappelle que vous êtes vivants, que votre être est capable de ressentir simultanément une douleur aiguë et une excitation lancinante. Health est la meilleure des drogues (Death +), celle qui vous fait dévorer la vie à pleines dents (Nice Girls) tout en provoquant une petite mort (Die Slow). Après cela, vous vous sentez invincibles, plus agile qu’un tigre (Before Tiger), plus souple et fluide que l’eau (We are Water), prêt à bouffer votre propre chair (Eat Flesh).

Note : 8/10

THE LIMES – s/t

In des disques... on octobre 26, 2009 at 10:02

Groupe transcontinental / Folk – Rock / Sauvage Records

Les limes, ce sont ces citrons verts mi-acides, mi-amers que l’on aime ajouter à beaucoup de plats asiatiques et sud-américains. C’est aussi le meilleur ami des cocktails à base de rhum qui se boivent comme du petit-lait. A ce titre, The Limes est un groupe qui porte très bien son nom. Démonstration.

1)   Un citron vert reste un citron. Sous une peau épaisse et rugueuse se cachent des grains fins et lisses. Lesquels renferment un liquide clair et acide. Les dix titres de The Limes sont autant de surprises : on s’attend à une pop-folk forcément déjà un peu entendue vu qu’on connaît (et apprécie) les autres groupes auxquels ces musiciens appartiennent (Toy Fight, Milk n’ Juice ou Mina Tindle par exemple), mais il n’en est rien. Pauline et sa voix cristalline transcendent Between Roof and Bird, Maxime donne tout son cachet à Left Hand Cycles, Brent Ballantyne (aka Henry Sparrow) kidnappe vos oreilles sur Morning Noon and Night ou Dead Furnitures… Chacun apporte son énergie, sa douceur et sa poésie au petit édifice et rend ce premier disque à première vue basique mais bien unique une fois dans la platine.

2)   Un citron vert est plus petit qu’un citron, mais beaucoup plus fort et aux arômes plein de subtilités. Pas de titre superflu parmi les dix balades oscillant entre pop fruitée, folk énergique et rock dansant ; du concentré de talent. City Lights démarre comme un morceau des  New Order et se poursuit comme un morceau des Toy Fight. Pas de longueur, pas de subtilités superflues, simplement des mélodies et instrumentations qui se complètent pour parfaire un morceau calme qui résume parfaitement ce qu’on peut éprouver dans un taxi en regardant les lumières danser dans une ville que l’on ne connaît pas (encore). Les deux titres suivant sont beaucoup plus énergiques, avant d’évoluer en folk.

3)   Un citron vert, c’est un basique de la cuisine, vous avez toujours dans le réfrigérateur, comme les tomates. Du coup, vous ne posez plus trop la question de savoir d’où viennent les citrons verts. Il doit en pousser à côté de chez tout le monde vu qu’on en trouve toujours. Alors quand vous vous penchez sur l’origine contrôlée de The Limes, vous découvrez qu’ils sont à la fois proches et éloignés de votre chez-vous. Composé à distance, les titres de cet album sont à la fois français et américains. Mais au final le résultat est le même : vous le gardez sous le coude car on en a toujours besoin. C’est leur première réussite, avoir travesti leurs origines et s’être rendus indispensables. Avoir rendu originale une musique intemporelle.

Résolument l’un des meilleurs albums de l’année dans sa catégorie, on écoute The Limes comme on se délecte d’un bon poulet à la thaï le soir, comme on boit jusqu’à la lie un Mojito frappé en profitant des derniers jours d’été indien, comme on danse sur nos albums pop favoris… Et l’on ne peut s’empêcher d’être fier et rassuré de voir une jeune relève française intelligente sachant s’affranchir des frontières pour notre bien (allez-y, essayez donc de lire cette phrase à haute voix !). Les super groupes existent en France, les groupes super aussi.

Note : 8,5/10

Pour les férus de lecture sur le même sujet, lisez Words and Sounds, Arbobo, Dans le Mur du Son ou Playtime

COUGAR @ Batofar

In des concerts... on octobre 8, 2009 at 4:30

Quintet américain / Post-rock – Eletro /  07/10/2009

Scooter : une soudaine pluie de mousson s’infiltre dans mon manteau, ruisselle dans ma nuque, transforme mes chaussures en vases… Je suis plus prêt de la maison que de la salle, je peux encore faire demi-tour. Allez, trempée pour trempée, autant voir la version live d’un des meilleurs disques de l’année.

La scène accueille de justesse les cinq jeans/tee-shirt/casquettes et leurs instruments : trois guitares, une basse, une contrebasse, une batterie, un synthé et des bidouilles technologiques… et une magnifique peluche du félin, qui veille sur l’ensemble. La salle est à l’image du groupe : sage et trentenaire, à lunettes et prête à dodeliner de la tête sur les morceaux. C’est la première en France de Cougar qui vient livrer ses nouveaux titres issus de Patriot. Et pour une première, hormis le fait que le public se soit découragé du fait de la pluie, c’est un sans faute.

La setliste fait honneur au nouvel opus, tous les titres que nous attendions (Florida Logic, Rhinelander, Endings) sont d’un niveau remarquable. Les guitares grondent, le batteur affiche un visage si concentré qu’il en abime sa caisse-claire, chacun est à la fois focalisé uniquement sur l’exécution des morceaux et à l’écoute des autres membres du groupe, il s’en dégage une souplesse de jeu et une atmosphère grisante. Seule Thundersnow n’est pas aussi époustouflante que ce à quoi on s’attendait. On pourrait aussi reprocher l’enchaînement de titres très doux qui auraient peut-être mieux laissé le concert respirer s’ils avaient été entrecoupés de morceaux plus dynamiques.

Fin du concert, un titre pour le rappel, joué en trio, le batteur et l’électronicien semblent avoir trop donné de leurs personnes pour revenir jouer. Ce groupe est parvenu à détendre un public crispé (par le froid, le stress de la vie…) en jouant de la musique plutôt dynamique. Encore sur un petit nuage, on se fait mettre dehors par des vigiles un peu brusques. Dehors tout est calme, la pluie s’est arrêtée et l’on rentre apaisé, la tête pleine d’images de plaines désertiques et sauvages, où le soleil de plomb vous brûle la nuque et où parfois, se profile un cougar à l’horizon. Animal souple et distingué, on ne peut que le prendre en affection tout en redoutant qu’il approche trop près. Voilà un groupe qui au moins porte très bien son nom.

Cougar se révèle un groupe de qualité à part entière, atteignant les plus nobles rangs, sur disque comme sur scène. Ca valait bien la peine d’avoir les fringues moites !

Note : 8 ,5/10

Setliste Cougar @ Batofar

Retrouvez cette chronique sur Le Hiboo

Crédits photos Michaurel

YACHT – See Mystery Lights

In des disques... on septembre 16, 2009 at 3:33

Duo américain / Psyché – Pop / DFA Records – Cooperative Music

Attention musique à danser ! Yacht déboule pour énergiser les dancefloors un peu mollassons de rentrée. Comment faire du neuf avec du vieux…

Yacht n’a rien inventé mais sait parfaitement exploiter et digérer différentes influences actuelles pour proposer de nouveau morceaux qui ne manquent pas de charme. Prenez l’énergie d’Architecture In Helsinki, la structure régulière de la house et du phrasé de LCD Soundsystem, la voix de Kevin Barnes (Of Montreal), quelques soupirs érotiques 70’s (Gainsbourg au hasard). Vous obtenez un bon petit cocktail pétillant, dynamisant et qui se laisse très bien écouter. Certains titres laissent songeurs comme I’m in Love with a Ripper avec son vocodeur et sa rythmique disons basique, ou It’s Boring / You can live anywhere you want et ses guitares électrisantes. Dans l’ensemble ce n’est pas transcendant mais on a quand même envie de réécouter le disque une fois de plus. Ca n’a pas la qualité de Hot Chip, ni la classe dégingandée de Metronomy mais on en retrouve certains aspects.

Vos oreilles tomberont tôt ou tard sur Yacht un soir de sortie, dans ce cas ouvrez les bien grandes car vous pouvez jouer à retrouver toutes les influences dont ils sont pétris. Le concert pourrait s’avérer intéressant aussi. Un album convainquant mais qui demande plus de perfection pour la suite.

Note : 6,5/10

Sortie le 14 septembre

THE DODOS – Time to Die

In des disques... on août 25, 2009 at 2:34

Trio San Franciscain / Pop-rock, Psyché-folk / Wichita – Cooperative Music

Il y a quelques mois, Mgmt nous annonçait que le temps était venu de feindre (Time to Pretend). Un an après la météorite de Visiter leur premier album, le duo de San Francisco au vieux nom d’oiseau revient pour un plan à trois se proposant d’explorer les frontières de la vie. Ont-ils la pêche au point de nous en faire crever ou vice-versa ?

Neuf titres oscillant entre 4 et 6 minutes, dont l’entrée en matière commence fort. Small Deaths porte bien nom, les chœurs chatouillent nos oreilles, la montée de batterie suit un rythme tout à fait adapté, les accès de guitares titillent nos sens, provoquant ce petit frisson qui remonte l’échine depuis le creux des reins… On pourrait s’arrêter là et avoir envie de repasser dix fois le titre.

Les Dodos ont gardé quelques clés de leur succès : boucles d’accords répétés jusqu’à devenir bileux, guitares électrisantes provoquant des remontées acides,  le tout accompagné de voix douces comme le pain constituant le meilleur des miel pour grog… Bref à chaque fois, on ressort secoué d’une écoute qui rappelle l’arrivée d’un gros grain lors d’une transat en voilier : ressac, creux de vagues, pluies tropicales passagères. Autant de cassures de rythme qui sont bien présentes dans Two Medecines. C’est éprouvant et on en redemande.

Cependant, on reste un peu dubitatif devant la platitude des trois dernières plages de l’opus. On ne comprend pas très bien l’intervention d’un titre en allemand non plus… Troll Nacht est un titre aussi pertinent que La danse des canards… Ballades folk molles et classiques, peut-être est-ce finalement l’explication de ce Time to Die, mieux vaut rentrer dans sa tombe plutôt que de continuer à écouter ça ?

The Dodos est assurément un bon groupe californien, à suivre scrupuleusement. Malgré quelques maladresses que l’on aurait préféré ne pas voir apparaître sur un second album, on peut les emporter dans la tombe, histoire de faire swinguer les squelettes un peu coincés.

Note : 8/10

Sortie le 31 août

COUGAR – Patriot

In des disques... on août 14, 2009 at 11:53

Groupe américain / Post-rock / Counter Records

Nombre de félidés et animaux majestueux peuplent l’univers musical ces dernières années : Le Loup, Le Tigre, Grizzly Bear, Caribou… auxquels on peut même ajouter un promoteur, Coyote Music. Les cinq membres de Cougar sont probablement ceux qui portent le mieux leur nom. Beauté, précision, discrétion, Cougar en fait la démonstration en onze titres.

Un batteur issu du Young Blood Brass Band ne gardant que la précision, trois guitaristes qui font rugir en rythme leurs instruments, des vagues électroniques et une basse qui plantent leurs griffes régulièrement… et le tour est joué. Plus facile à dire qu’à faire en réalité. L’alchimie tient à un savant dosage des influences, rappelant à la fois la scène post-rock classique de Tortoise, le rock à la Nick Drake ou l’electro-psyché instrumentale de Battles.

Cougar a donné à son second album le nom d’un missile. Et c’est exactement ce qui explose en pleines oreilles, on ne sait plus où donner de la tête tant chaque construction des morceaux paraît complexe tout en restant extrêmement fluide. Stay Famous ouvre le disque en beauté en envoyant une sauce calibrée, énergique ; Florida logic est un peu plus classique mais serait une excellente matière première à un remix ; Rhinelander est un des rares titres avec des cœurs christiques mais évolue vers du Ratatat avec ses guitares vintages saturées ; Thundersnow redevient beaucoup plus agressif et incisif, sorte d’introduction de deux minutes à Heavy into Jeff qui explore des terres électro beaucoup plus barrées. Le reste du disque est beaucoup plus doux, ballades très agréables, reposantes, comme lorsqu’un félin scrute la plaine, repus, prêt à la sieste. Les instruments à vent prennent le pas sur l’électro et les riffs.

Belle surprise que ce Cougar, qui a su surprendre la petite proie que nous sommes. Lorsqu’on entend ce genre de groupe, on reprend confiance en l’humanité et sa capacité à produire autre chose que du commercial entêtant et calibré (le dernier artiste déshonorant les félidés étant sans conteste Patrick Wolf :) ). On regrette seulement qu’ils ne soient pas programmés cet été dans un festival…

Note : 9,5/10

Sortie le 24 août