Trio anglais / Electro-pop / 08/06/2010
La tendance aux concerts hors-salle en partenariat avec des marques s’accentue. Et cette fois Uniqlo s’était loué les services de Chew Lips pour animer son shopping nocturne et privé. Deux variables qui au premier abord n’avaient rien pour me séduire et pourtant…
Je dois être le dernier specimen parisien de moins de 30 ans à n’avoir jamais piraté un disque ni acheté une seule fringue chez Zara tout en ayant pourtant trois ordinateurs dans 38 m², un blog et une garde-robe qui occupe un quart de l’appart. Dans la même logique, je ne mets jamais les pieds chez Uniqlo. Parallèlement, j’avais eu la très mauvaise idée d’écouter l’album de Chew Lips dans un autoradio de voiture n’ayant plus que des basses par 35 degrés. Du coup j’en avais décrété que Chew Lips ne me plaisait pas.
Donc quand je reçois une invitation à un shopping privé dans une enseigne que je ne fréquente pas avec un groupe que je n’apprécie pas, je ne saute pas de joie.
Forcément.
Mais je dois être un peu maso et surtout très curieuse, je dis oui. Et j’y vais – pas comme ceux qui demandent des invitations à toutes les soirées de la ville et n’honorent même pas le cadeau qu’on leur fait, car oui hein c’est une chance d’aller gracieusement à des concerts/soirées au cas où vous l’auriez oublié…
Un magasin pour presque moi toute seule, une armada de vendeurs prêts à me faire 15 salutations avec génuflexion, un lieu splendide, du champagne et des hôtes souriants. Voilà qui pourrait presque m’en faire oublier que je me trouve dans le premier empire nippon du made in China. Je m’empresse d’attraper une dizaine de robes que je n’achète pas dès que j’aperçois dans le miroir ce corps que je ne saurais voir
– Vous avez des problèmes de trous dans le porte-monnaie liés à des achats compulsifs ? Soyez laid(e) c’est super efficace –
mais si j’avais été belle j’aurais dépensé des deniers.
Bref, je passe à la caisse quand même avec des collants pour la danse, des trucs bariolés histoire de mettre le bazar au milieu des tutus roses.
Et puis Chew Lips commence. Diantre, quelle surprise c’est bien mieux que dans l’autoradio surbassé. Un charmant à croquer au clavier, un adorable british à la basse et cette chanteuse qui en a dans le ventre, les talons et le haut à paillettes. En équilibre au milieu des escaliers, ce croisement sauvage de Uffie et Metronomy joue du coffre (très impressionnant) et des effets de mèches (pas des plus réussis). La voix est suave et surtout, n’abuse pas des effets électroniques factices. Les mélodies electro-pop avec juste ce qu’il faut de bling-bling dedans vous charment l’oreille… Le tout est sexy tout en restant respectable.
Après une quarantaine de minutes à tenir en équilibre entre deux marches, Chew Lips prend congé en oubliant un peu de dire au revoir, comme blasés probablement que cette date parisienne n’ait lieu que pour des Happy Few : « Je suis ici pour affaire, allez achetez Uniqlo c’est trop cool » nous lâchera la chanteuse peroxydée, un brin sarcastique.
Malheureusement et/ou heureusement, l’expérience « shopping dans une boutique grand-public mais en petit comité, sans son lot quotidien des foules et avec une bande son bien plus intéressante que la mélopée lénifiante qu’on nous sert d’ordinaire » a un bel avenir devant elle.
Une soirée sympathique et diablement efficace pour réviser pas mal de préjugés en seulement deux heures !


Quatrième album pour le quintet electro-geek. Quatrième virage, quatrième réussite, certes moins évidente pour le péquin moyen mais terriblement efficace.
Le soleil, les vacances, la voiture décapotée… et pas de son un peu m’as-tu-vu intéressant à balancer ? Alors optez donc pour le dernier petit AutoKratz des familles et évitez ainsi d’être assimilés à tous ces beaufs et leurs voitures tunées.
En février 2007, on découvrait le premier album des Noisettes avec enthousiasme : un équivalent de Bloc Party version féminine ? Un The Gossip anglais et plus sexy ? L’album était vitaminé et terriblement rock grâce à la voix de 
