Rock – Folk – Pop / 16-24 février 2009
Quatrième édition d’un petit festival hivernal qui ne fait pas de mal, permettant de découvrir en live plusieurs sensations attendues. Décevantes ou convaincantes, voilà quelques impressions pour pouvoir défricher le terrain.
Lundi 16 février (folk)
Lonely Driften Karen : un univers tout en douceur et légèreté pour un trio qui avait la lourde tâche d’envoyer les premières notes de huit jours de festival. Une chanteuse autrichienne pleine de charisme malgré son petit corps frêle, un batteur italien bourré d’humour et un pianiste espagnol possédant un certain bagout… et pourtant on les croirait tout droit sortis de la campagne anglaise… (7,5/10)
Mariée Sioux : Erreur de programmation d’avoir placé Mariée Sioux au milieu d’une soirée qui avait bien commencé. Guitariste seule sur scène qui vous fait un peu trop sentir à chaque morceau qu’elle est de Californie, embarquée dans un trip mystique un peu lourd, tout autant que son corps et son chant peuvent l’être. En première partie ce serait mieux passé (5,5/10)
Emily Jane White : elle a beau être jeune, le chant et les compositions d’Emily Jane White traduisent une grande maturité. Sa voix est claire, maitrisée avec délicatesse. Les Violoncelliste, batteur et pianiste accompagnent très bien Emily et forment l’écrin mettant en valeur toutes les facettes de cette artiste précieuse. (8,5/10)
Mercredi 18 février (rock)
O’Death : deux torses nus décorés de tatouages, deux barbus à lunettes habillés comme des bucherons et un violoniste tout droit sorti… de nulle part. On ne donnerait pas cher de leur peau à première vue. Et pourtant, O’Death jongle avec dextérité entre les différentes sonorités morbides : voix caverneuses et nasillardes, blues country… on peine qu’ils viennent de New York plutôt que du fin fond du Michigan (7/10)
Jim Jones Revue : très attendus (salle comble), les drôles de londoniens ont la réputation de jouer très fort. Pari raté ce soir là car le chanteur n’a plus de voix et les musiciens jouent approximativement… je ne m’attendais pas à mieux, un buzz construit trop vite et reparti aussi sec. (7/10)
Jeudi 19 février (pop, folk)
Xavier Plumas : de bons musiciens qui accompagnent un chanteur médiocre et des textes en français ridicules à mourir… kaï kaï, attendons de voir comment les choses évoluent… (3/10)
Dear Reader : après des problèmes techniques qui ne leur étaient pas vraiment imputables, l’ex duo Harris Tweed d’Afrique du Sud s’est mué en trio et livre une folk-pop tout en douceur. La voix de Cherilyn, sucrée et envoutante, nous transporte dans un univers onirique fait d’ours polaires et vilains prétendants qui ne sont plus certains de la trouver jolie (ils ont mal regardé visiblement car elle est à croquer). Piano-guitare-basse-batterie et sampler pour la voix, la simplicité a parfois du bon. Le charme et le romantisme anglais de Jane Austen avec une pointe plus chaude… (8,5/10)
Vetiver : bon, décidemment le chant n’était pas le fort des hommes ce soir là, une musique pas transcendante, un chant rédhibitoire, au revoir… (6,5/10)
Dimanche 22 février (pop, electro aérienne)
Women : Ils sont quatre, ils sont canadiens, les homme de Women livre une pop acidulée avec digression noisy. Régulièrement ils chantent faux et curieusement, cela passe très bien. Mi-foutraque, mi-structuré, ceux dont l’album était déjà surprenant ne perdent rien de leur charme sur scène… (7,5/10)
Chairlift : le trio de Chairlift a produit un tube, Bruises, mais à part cela ? L’album sonnait très inégal, le show sur scène est tout autant bancal. Musicalement capable du meilleur (leur dernier titre où la voix claire de Caroline Polachek est livrée sans effets de reverb) comme du pire (certains morceaux ne volent pas plus haut que la musique d’accompagnement de stretching d’une salle de sport), le groupe est également insupportable scéniquement. Effets de chevelure, déhanché totalement en inadéquation avec la rythmique, seul le batteur ne semble pas atteint de nombrilisme… bof bof (6/10)
Mardi 24 février (country rock)
Elliott Brood : des canadiens dont on n’avait pas vu venir le troisième album. Enjoués et passionnés par ce qu’ils font, leur musique est tout aussi pleine de vie. Le chanteur est dynamique, son acolyte au banjo est zinzin et le batteur jovial. Oscillant entre country, western spaghetti, rock endiablé et folk épurée, on se dit qu’Elliott Brood n’est décidément pas un nom adapté à ce groupe, bien trop smart pour avoir un nom de bûcheron. (8/10)
War on drugs : eux-aussi ont un nom plutôt disgracieux… Et après Elliott Brood, ils ont beau avoir des trouvailles intéressantes, on n’a plus envie de les écouter…
Un bilan tout à fait honorable pour cette nouvelle édition du festival Alligator à qui l’on souhaite longue vie !