Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

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TOP DES 15 DISQUES DE 2009

In des disques... on décembre 28, 2009 at 3:58

Alors pour ce top je ne peux pas les classer, simplement vous livrer mes quinze albums préférés dans l’ordre de parution (ou du moins d’écoute). Pourquoi 15 ? Parce que 10 c’est trop court et 20 c’est trop compliqué car trop d’ex-aequo.

Dalek – Gutter Tactics

Expérience inédite d’électro hip-hop qui vous vrille le ventre comme avant des montagnes russes méchantes-quifonttroppeur-ouaicht’asvu.

Franz Ferdinand – Tonight

Comme un bon macaron : une coque rock, une coque pop, une ganache qui vous explose en bouche ! Tonight et tous les soirs !

Matt Bauer – The Island moved in the Storm

Le disque de folk le plus épuré et le plus oublié de l’année (malheureusement…) Ecoutez-le et vous serez obligés de concéder qu’une fois de plus j’avais raison (pas de panique ça arrive très souvent, hein Benjamin ;) !)

Dear Reader – Replace Why with Funny

Pourquoi fait-on tout un foin lorsque des blancs font de la « musique de noirs » et ne dit-on rien lorsqu’un pays d’Afrique fait de la musique européenne ?

Micachu and the Shapes – Jewellery

Il existe encore des groupes capables d’assumer un côté déjanté qui ne soit pas uniquement commercial (cf. Animal Collective qui a perdu tout intérêt musical en essayant de théoriser le « barré »).

Peter Bjorn and John – Living Thing

Probablement leur album le plus abouti. Ces suédois partagent mon amour du perfectionnisme : bonne musique, splendide mise en scène, excellente réflexion d’ensemble. Ce n’est pas mensonger, c’est vivant !

Grizzly Bear – Veckatimest

Que peut-on ajouter de plus que « ce groupe est génial » ? Cela : « avant j’étais sceptique, maintenant je suis convaincue ». Tout simplement divin.

Gossip – Music for Men

Je ne peux pas vous proposer uniquement de la musique d’appartement, le dancefloor c’est important. Pour le plaisir des oreilles uniquement. Les temps changent : pour une fois, les obèses ont une utilité ! (Et on parie combien que je vais me faire troller pour ça :) )

St Vincent – Actor

J’ai mis beaucoup de temps à reconnaître la pureté et la qualité de cet opus pour lequel je pensais que l’engouement était factice. Une fois aperçue sur scène, force est de constater que c’est un disque remarquable.

Cougar – Patriot

Jamais je n’aurai pronostiqué qu’un groupe rendant autant hommage à l’US Army aurait un jour sa place dans un de mes classement d’albums préférés… Du post-rock dans les rêgles de l’art, avec la créativité en dosage équilibré.

——

The Very Best – Warm Heart of Africa

Bien plus abouti que le projet Vampire Weekend, bien moins « vernis de la tolérance multiculturelle ». The Very Best est un brin provocateur, un chouia délicieux, sans oublier une pointe de pureté dansante.

Noah and the Whale – The First Day of Spring

Leur premier disque était génial, leur second opus est encore plus cynique. Enfin un groupe qui assume de faire de la pop en réfléchissant objectivement sur la légende urbaine de l’Amour…

Turzi – B

La réponse française à l’acharnement perfectionniste musical. Un alphabet, un travail de titan, des influences multiples… et toute mon admiration, il n’a pas trente ans et va déjà très loin.

Aufgang – s/t

Un trio, trois pays, trois influences majeures, trois chroniques de ma part sur leur compte, trois regards… C’est un peu la Sainte Trinité revisitée dont je suis le Messie J (oui je me lâche).

Esser – Braveface

Pour leurs mélodies pop barrées, pour les coupes de cheveux si délurées, ces touche-à-tout sont résolument craquants !

Déjà fini ? Allez, autorisez-moi ces quelques mentions spéciales :

Health – Get Color : Jamais un acouphène n’a été aussi désirable, un batteur à surveiller de très près.

Fever Ray – s/t : Ah si seulement elle n’avait pas cette infâme voix rappelant la détestable Bjork ! Un album splendide.

Naive New Beaters – Wallace : Faire de l’aérobic en pull-over tricoté par mamie il y a trente ans n’est pas chose courante chez les moins de trente ans… J

Vic Chesnutt – At the cut : Parce que je publie ce top après son tragique décès et ne veux pas me faire accuser de l’avoir mis dans le top juste pour faire des bons sentiments… Un album splendide, comme à peu près tous ses disques.

NOAH AND THE WHALE @ Café de la Danse

In des concerts... on septembre 28, 2009 at 2:32

Quartet britannique / Pop-rock / 18/09/2009

Précédés d’une première partie un peu décevante, le quartet masculin de Noah and the Whale a transporté le Café de la Danse et est probablement reparti avec un bout de nos cœurs…

Le duo Blue Roses et sa pop gentillette avait ouvert la soirée et manquer de nous mettre de mauvaise humeur pour le restant du spectacle. Seul leur dernier morceau constituait une base très intéressante pour pouvoir construire un morceau intéressant. Ce dont aurait justement été capable Noah and the Whale.

Chaleur assez étouffante,  la salle est un peu amorphe. Charlie Fink prend place avec ses acolytes et transforme l’atmosphère en un instant. Et pourtant, on les attendait au tournant, sans les cœurs féminins, la testostérone braillant sa douleur amoureuse… Que neni, parcours sans faute avec alternance du premier et second disque. Le violon se fait juste ce qu’il faut de plaintif, les guitaristes glissent quelques blagues british timidement et font immédiatement fondre les cœurs, le batteur a un sourire qui semble vissé aux lèvres. Bref, ils sont jeunes, ils sont mimi tout pleins, ils sont heureux de jouer et leur musique est si impeccable qu’on se demande parfois s’il n’y a pas un trucage…

On ne peut que souligner leur talent et bonne idée d’avoir en quelque sorte remasterisé Shape of my Heart en version très électrique et transformé 2 atoms in a molécule en 2 bodys and one heart. Plus le spectacle avance, plus les élans jazz et les parties ressemblant à de l’improvisation sont prononcés sont prononcés.

Noah and the Whale confirme son talent musical et sa forte attirance pour les univers cinématographiques, le groupe aurait pu souffrir d’un abandon des touches féminines, mais c’est bien l’inverse auquel on assiste : un groupe de plus en plus sûr de lui, capable d’asseoir un univers très personnel, terriblement émouvant et incroyablement délicat. L’amour et ses issues heureuses et malheureuses, c’est franchement génial sans les gros sabots !

Note : 8,5/10

Chronique du premier disque Peacefull the World Lays Me Down

Chronique du second disque The First Day Of Spring

Set-liste :

Give a little love

Blue Skies

Shape of my Heart

Love of an Orchestra

My Brocken Heart

Our Window

2 atoms in a molécule

5 Years Time

Rocks and Daggers

Stranger

Hold my hand as I’m lowered

My door is always open

The First Day Day Of Spring

Jocasta

My Brocken Heart (acoustic version)

NOAH AND THE WHALE – The First Day Of Spring

In des disques... on septembre 9, 2009 at 2:07

Pop-folk / Grande Bretagne / Young and lost club Records – Coop /2009

Un peu plus d’un an après leur premier album (Peacefull the world lays me down) qui m’avait fait chavirer le cœur, le quatuor de Noah and the Whale (en référence au réalisateur Noah Baumbach) poursuit son exploration des « musiques filmogéniques ».

Environ quarante minutes de douces balades pop-folk qui vous propulsent sur les sentiers champêtres britanniques. Les balades en forêt, l’odeur du sous-bois, le réveil de la faune après l’hiver, les premiers rayons de soleil venant dévorer la nuque… Les mélodies de The First Days Of Spring racontent tout cela avec toujours cette mélancolie à la Virgin Suicide qui imprègne tout les titres. Les violons sont mélancoliques, jamais pleureurs ; les rythmiques sont dynamisantes et structurantes, jamais étourdissantes ; et par-dessus tout cette voix un peu cassée qui pourrait provoquer un réchauffement climatique à elle toute seule. Les sujets traités sont toujours ceux qui restent chers à ces adorables jeunes hommes : l’échec amoureux, les difficultés de réussir à entretenir « une flamme »… etc.

Et une fois de plus, c’est réalisé avec une telle délicatesse qu’on ne peut que succomber. Le débit de paroles est plus lent, le tout est plus posé, mûrit, les fougues et ses élans adolescents s’estompent (It’s time to leave those feelings behind – Blue Skies) pour laisser place à plus de réflexion doublé d’une théâtralisation assez tordante. Ainsi Love of an Orchestra comprend des cœurs d’opéra rappelant Shakespeare. Nouveauté également, les deux titres instrumentaux d’une minute trente qui rythment le disque, sortes de respirations dans cette exploration du « comment vivre avec quelqu’un / comment savoir si c’est la bonne personne ». L’album se termine sur un consensus que l’on retrouve de plus en plus dans nos sociétés : la porte entrouverte. Il n’y a plus de partenaire officiel, chacun est libre de revenir ou non. Morceau à la guitare sèche probablement le plus triste de l’opus, ça fait mal au cœur de voir que Noah and the Whale renonce à une pointe d’optimisme. Il est encore de possible d’y arriver, de s’accrocher un peu. Sur l’autel d’un monde toujours plus pressé, plus stressé, plus exigeant et impatient, il ne faut pas y sacrifier les sentiments.

Un très bel opus qui accompagnera divinement n’importe quel film sur la perte de confiance en soi, l’abandon, la rupture brutale (affective ou amoureuse). Et toujours cette incroyable capacité de mettre les larmes aux yeux tout en étant extrêmement reposant.

Note : 8,5/10

Sortie le 21 septembre

BILAN MUSICAL 2008

In Ce que j'écoute on décembre 31, 2008 at 11:16

Chaque année c’est la même chose, on regarde la liste des albums écoutés, des concerts vus, des chroniques écrites ou lues… et on se dit que c’est débile de vouloir établir un classement des meilleurs albums de l’année. Et pourtant on ne peut pas s’en empêcher, on recommence…

Alors voilà mes impressions concernant les disques et concerts qui ont été infligés à mes oreilles pendant un an. L’année derrière j’ai décerné trop de médailles, alors cette fois je suis un peu plus stricte. Il n’y aura pas de Top 10, mais 10 coups de cœur, et bien entendu je vais vous expliquer pourquoi.

N.B : Occasion ici est donnée comme chaque année de remercier tous les professionnels de la musique qui me font l’honneur et la faveur de me laisser entrer dans leurs salles et /ou écouter leurs albums. A ceux qui me font aussi confiance pour la personne que je suis. Merci.

MON TOP DISQUES

Metronomy – Nights Out (Because) : mon coup de cœur des Transmusicales 2007. L’album a atterri dans mes mains en mars mais n’est sorti qu’en août. Du talent sur scène, du talent sur disque, un condensé de tubes, trois anglais nonchalants (cf. interview) qui ne se prennent pas au sérieux sauf lorsqu’il s’agit de jouer correctement.

Syd Matters – Gost days (Because) : et dire que j’ai failli les oublier dans mon palmarès ! Lorsqu’on parle de groupe parisien, selon moi cela devrait ressembler à la magnifique folk pop-rock épurée et mélancolique de Jonathan Morali.

Noah and the WhalePeaceful the world lays me down (Young and lost club Records) : la pépite, découverte inattendue au cœur de l’hiver froid et pluvieux de Paris. Sorti en août, estampillé « Pépite » par moi-même trois mois plus tard.

Of Montreal Skeletal Lamping (Polyvinyl) : novateur, on quitte la pop sixties et ses cœurs mielleux pour un panaché d’influence plus contemporaines. Paradoxalement c’est surtout un retour aux sources des premiers albums, on approche la perfection, que va t’il inventer la prochaine fois ?

The Do A mouthful (Cinq 7) : The Do, je les suivais depuis un an lorsque leur album a enfin vu le jour en janvier. Eclectique, drôle et poignant, un premier album de grande qualité qui a connu le succès qu’il méritait (prédit dès mars 2007).

Mgmt – Oracular Spectacular (Columbia) : Brooklyn produit chaque année son lot de jeunes talents. Un EP en 2006 nous avait mis l’eau à la bouche, deux ans plus tard le charme de Mgmt a opéré comme il se doit (sur disque, la scène appelle encore à quelques progrès).

Vampire WeekendVampire Weekend (XL Recordings) : un nom digne d’un film de la Nouvelle Vague, des sonorités largement empruntées à l’afro-beat… Brooklyn a encore frappé et fort. Est-ce en partie grâce à cette mode de la musique sud-africaine qu’un Obama pourra être élu Président des Etats-Unis quelques mois plus tard ?

Hot ChipMade in the Dark (EMI) : Quand l’électro réconcilie nerds coincés et accros du dancefllor… c’est peut-être fait dans le noir, mais c’est loin d’être réalisé à tâtons !

Grampall Jookabox Ropechain (Asthmatic Kitty records) : voilà la découverte qu’on a vu venir de nulle part ! Lorsqu’on passe son temps à écouter des disques et qu’on trouve quelque chose qui ne ressemble à rien de ce qui se fait en ce moment, on exulte. C’est le cas avec David Adamson qui nous entraine dans son univers fantastique et paranormal. Enregistré en une semaine, cet opus est un peu abrupt au départ, mais après quelques écoutes c’est de la poudreuse…

The NotwistThe Devil, You + Me (Coopérative Music) : ils sont allemands et ils ne font pas de l’electro. On a attendu la sortie de la sixième perle pendant cinq ans, et on n’est pas déçus, non, tout simplement subjugués par la complexité des arrangements, la pureté des lignes des voix, la beauté de l’objet. Un sans faute !

Mentions spéciales (car il fallait se limiter à 10 mais j’en aurais bien mis plus)

Sébastien Tellier Sexuality (Record Makers) : J’aimais l’album avant l’Eurovision rassurez-vous. Sébastien Tellier fait des albums concepts, il s’est attaqué à l’électro cette année et tout le monde attendait une bombe du dancefloor. Que neni, du retro-ringard à souhait, qui est jouissif lorsqu’on le prend au 3e ou 4e degré, pari réussi pour Sexuality !

TV on the Radio Dear Science (Interscope) : bon, j’aurais pu le mettre dans mon classement, mais j’ai découvert Grampall Jookabox entre-temps. J’ai raté leur concert (sans quoi ils m’auraient conquis).

Ez3kielBattlefield (Jarring Effects) : Roméo et Juliette version électro-rock et jeu vidéo ? vous avez frappé à la bonne porte ! Après le délicieux et suave Naphtaline, Ez3kiel reprend les armes et attaque fort. En concet c’est encore plus impressionnant.

SubtleExiting Arm (Lex) : troisième opus d’un sextet bien rodé, toujours aussi complexe et original.

Calvin Harris – I Created Disco (Cinq 7) : Parce qu’il est jeune et prometteur, parce qu’il a mon âge et fait de la musique qui s’adresse à ma génération… Un premier album qui tire souvent sur les mêmes ficelles mais terriblement efficace.

MON TOP CONCERTS

Janvier : La Caution et Beat torrent @ Nouveau Casino

Afin de fêter comme il se doit ses 10 ans d’existence et d’indépendance, Radio Campus Paris avait concocté deux soirées de qualité. Moi pour qui le rap et le hip-hop ne sont pas une prédilection, j’ai été subjuguée par La Caution (qui n’avait pas joué depuis deux ans à Paris). Beat Torrent a commencé à jouer au moment où je quittais la salle, du coup je suis restée deux heures de plus, tant leur travail est minutieux, de quoi faire pâlir 2 Many Djs.

Février : Syd Matters @ Café de la Danse

Qui n’a jamais écouté les disques de Syd Matters loupe quelque chose. Qui n’a jamais vu Syd Matters sur scène ferait bien d’y remédier. Poésie, magie, délicatesse des accords, une voix à vous faire pleurer les saules. J’ai vu 5 fois le spectacle en quelques mois, 5 spectacles différents.

Mars : Menomena @ Point Ephémère

Je ne pensais pas être aussi agréablement surprise par Menomena. Je pensais que tout était dans le disque. Eh bien une fois de plus, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Une énergie à couper le souffle, un batteur un peu fou, un spectacle bien rodé… rien à ajouter.

Avril : Sébastien Tellier @ La Cigale

En février, je m’entretenais avec Sébastien Tellier et assistais au premier concert de son nouvel album d’électro-seventies ringarde. Les basses me rentraient dans le ventre, mon cœur faisait des bonds, Sébastien était trop stressé et le public était venu par curiosité plus que par intérêt pour que la soirée soit réussie.

Deux mois plus tard, on retrouve une salle de la Cigale comble et un show sans fautes. Sébastien est dans son élément, raconte 200 bêtises à la seconde, le son est bon (ce qui est plus que rare à la Cigale). S. Tellier se déhanche, masturbe son micro en plexiglas, se vautre sur le piano… On retrouve tout le second degré (voire deuxième, voire troisième) qu’il faut adopter pour adorer cet artiste.

Mai : Of Montreal @ Point Ephémère

Concert surprise un jour férié. En ce jour d’arrêt d’un des plus grands massacres du XXe siècle, Of Montreal déclenche les hostilités, partant à l’attaque d’une salle réceptive et survoltée. Mimes et acrobates, ballons, canons à confettis, Vj-ing déjanté, costumes foutraques (Kevin était torse nu, vêtu d’un short et d’un collant en lycra et des santiags bleu-turquoise ; Brian avait une djellaba…). Le spectacle est impeccable, la musique est géniale. A la sortie, rendez-vous est pris pour leur venue en octobre pour leur neuvième album, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde (interview +spectacle à l’Elysée Montmartre), comme quoi ça sert les filtres audio !

Juin : Camille et I’m From Barcelona @ Le Rock dans tous ses Etats – Evreux

Je n’avais pas aimé le nouveau disque de Camille, je n’attendais donc rien de son spectacle. Aucun instrument mais un orchestre humain, une petite puce à l’énergie débordante et bourrée d’humour. Ca groove, le son est nickel, c’est mon coup de cœur spectacle de l’année.

Pour fêter ses dix ans d’existence, le RDTSE s’est offert une surprise party animée par I’m From Barcelona : ballons, chorales, musiques qui swingue, joyeux anniversaire le Rock !

Juillet : The Do et Iggy and the Stooges @ Garden Nef Party – Angoulême

Hasard (ou manque d’imagination) des programmations, après avoir vu The Do pendant tout 2007 dans des petites salles pour des spectacles toujours géniaux, j’ai assisté aux concerts de The Do sur plusieurs festivals  bondés (Evreux, Arras) pour des shows ultra-décevants. Reprise en main au splendide festival d’Angoulême. Le site est magnifique, les efforts en matière de préservation de l’environnement sont aboutis (gobelets consignés, toilettes sèches, nourriture et boissons bio, recyclage poussé des déchets), le soleil brille… et Olivia et Dan semblent soudain à nouveau heureux de jouer.

Sans Iggy Pop, the Stooges ne seraient rien : leur musique n’est pas fantastique, ils n’ont rien d’original dans leur jeu de scène et ils ne sont pas beaux. Iggy Pop lui, malgré son âge qui le rattrape doucement mais surement, est en pleine forme. Il se déhanche, grimpe sur les baffles, réaffirme sa joie d’être sur scène et assure un spectacle irréprochable.

Septembre : Turzi + Zombie Zombie @ Point Ephémère

Soirée Kraut-rock ! Programmés ici dans le cadre du festival Jazz à la Villette, les deux Zombies ont eu la magnifique idée d’intégrer des lignes de saxophone dans leur électro-batterie. Les titres en association de Turzi et Zombie Zombie était également bien trouvés. Enfin Turzi, le prodige qui a bien fait de ne pas attendre que les français reconnaissent son talent pour l’imposer au reste du monde, nous livre un mélange de A et B. La suite, la suite !

Novembre : Phoebe Killdeer @ Café de la Danse

Elle est belle, elle a du chien, elle est enceinte et une pêche d’enfer. Spectacle sans faute, on est sous le charme en quelques minutes. Quelle bonne idée d’avoir abandonné Nouvelle Vague !

Novembre : Poni Hoax @ EMB-Sannois

Honte à ceux qui n’ont pas daigné bouger leurs carcasses pour assister à un show déjanté, bourré d’humour et d’une qualité qui fait plaisir. On assiste à Poni Hoax et on reprend espoir dans les groupes français.

Décembre : GaBLé @ Ubu – Transmusicales – Rennes

Parce que je n’avais pas vu venir le buzz, parce que je n’avais écouté le disque avant, parce que ces trois jeunes là sont charmants et drôles, tout simplement parce que leur musique est éclectique, électronique et émérite.

MON TOP POCHETTES (un album bien décoré ne peut jamais être foncièrement mauvais)

John et Jehn : deux albums de cinq titres chacun, un garçon et une fille habilement dessinés par le tatoueur de John, le tout en noir et blanc. C’est beau, c’est classe, c’est rock n’ roll. J’aurais juste préféré qu’ils s’appellent Jehn et John, gentleman touch oblige…

Of Montreal : Le frère et la femme de Kevin Barnes réalisent toujours les graphismes des univers barrés d’Of Montreal. Cette fois, on pouvait même choisir entre plusieurs artifices supplémentaires (un lampion chinois par exemple).

Noah and the Whale : coloriage d’enfant, c’est coloré, c’est charmant comme leur album

The Notwist : regardez, ouvrez et délectez-vous de ce livret.

Pop Levi : un Pop en kimono rouge rehaussé d’or sur un fond noir, ombre et lumière splendide.

The Spinto Band : collage et bricolage sur kraft, simple comme leur musique.


Bilan des courses : j’ai été certes trop généreuse l’année dernière dans mon Bilan 2007, cependant le cru 2008 des disques est quand même moins extraordinaire que les années précédentes… ce n’est pas le cas des concerts, qui eux restent au top et se multiplient tant qu’il devient difficile de tout suivre

Mes attentes 2009 (to be continued…)

  • Le retour aux sources hip-hop d’Oxmo Puccino et ses Jazzbastards
  • Tucumcari de Sammy Decoster
  • B, la suite de A par Turzi
  • Le premier album des Naive New Beaters (Cinq 7)
  • La reconnaissance et le triomphe mérité pour Arch Woodman

NOAH AND THE WHALE – Peaceful the world lays me down

In des disques... on décembre 4, 2008 at 7:41

Pop-folk-rock / Grande Bretagne /Young and lost club Records /2008

Le principe d’une surprise, c’est qu’elle déboule toujours au moment où vous vous y attendez le moins. Lorsqu’un ami me glisse l’album dans les mains, je dis merci (c’est toujours très agréable de recevoir un cadeau) mais je ne m’attendais pas à être subjuguée par un simple album pop-rock. C’est ce qu’on peut appeler une pépite. Et celle-là est de taille.

Le principe d’être subjugué par une œuvre, qu’elle soit musicale, littéraire, cinématographique ou picturale,  c’est que lorsqu’elle vous est présentée, ce sont immédiatement des critères subjectifs qui vous viennent à l’esprit. Et ce sont ces chroniques qui, tout en étant celles qui vous tiennent le plus à cœur, sont les plus difficiles à rédiger. Et pourtant il s’agit uniquement de chansons d’amour…pas un défi facile car il n’y a rien de plus gonflant que des groupes qui ne parlent que de L’Amour (comme d’autre parlent de La Nature).

Le nom du groupe tout d’abord est génial. Ces dernières années, on a eu les « groupes en The » (The Strokes, The Spinto Band, The Do…) , les noms amusants avec une volonté transfrontalière pour être compris de tous (Caribou, Metronomy, Mgmt,…), les noms de provenances truquées (Of Montreal, I’m From Barcelona, Architecture in Helsinki…). On avait aussi eu les copains qui s’affichent (Fujiya & Miyagi, Anthony & the Johnsons, Uzi & Ari…), mais Noah and the Whale inaugure une nouvelle tendance : les inspirations cinématographiques rendant hommage à un réalisateur et son film préféré, il s’agit ici de Noah Baumbach avec The Squid and the Whale (en VF Les Bergman se séparent, racontant la séparation hilarante de parents du point de vue d’un petit garçon). Donc les membres de Noah and the Whale ont d’abord d’excellents goûts en matière de ciné. Ils se retrouvent en prime un nom loufoque qui interpelle.

Côté musique, on peut y retrouver un côté Beirut dans la voix et un côté Arcade Fire (bonne période) ou Tilly and the Wall dans l’orchestration, mais à mon humble connaissance personne n’égale le piment des textes d’amour de ces quatre anglais. Car si leur univers est un peu mélancolique, leurs piques sont jubilatoires : par exemple Mary où Charly raconte comment il a avoué son amour à Mary qui lui répond oui juste pour lui faire plaisir, il lui demande alors de ne pas lui mentir car il en souffre et elle lui répond juste de la fermer… Cul-cul et barbantes les chansons d’amour ? Pas du tout, c’est plutôt le combat du siècle le plus éprouvant : Si l’amour n’est qu’un jeu pourquoi ce n’est pas drôle ?/ Si l’amour n’est qu’un jeu pourquoi je perds à chaque fois ? (2 atoms in A Molecule), Si tu ne crois pas en Dieu / comment peux-tu croire en l’Amour ? (Peaceful, the world lays lays me down), Il existe un plaisir que nous devons tous éprouver/ c’est un plaisir que je connais bien /que celui de perdre ton cœur / et laisser l’amour grandir (Do what you do).

Ce qui fascine et dérange le plus finalement, c’est qu’il s’agit d’un premier disque. Les musiciens n’ont pas 20 ans de carrière mais sont de tout jeunes adultes. Quarante minutes pour un premier album c’est bien, quarante minutes de qualité c’est mieux. D’un coup, on se sente vieux à côté d’eux…

Je concède sans honte aucune qu’Of Montreal est un groupe qui parle d’amour pour les filles, mais concernant Noah and the Whale, ce groupe saura convaincre tout le monde. L’amoncellement de trouvailles musicales (la boite d’allumettes agitée sur Give a little love comme seule rythmique ou les claps discrets faisant écho à des bruitages de dessins animés dans Five Years Time) fera fondre les cœurs les plus secs, le violon plaintif attendrira même les plus désabusés, les chœurs parachèveront de vous rendre compte que vos vies sont chouettes malgré les épines récurrentes des déceptions amoureuses… Parce qu’il s’agit bien d’un hymne à la vie telle qu’elle est : « Quoique vous fassiez et où que vous alliez / il y aura quelqu’un sur terre qui vous aimera à jamais » (Second Lover). Si seulement on pouvait offrir aux comédies romantiques des bandes-sons aussi drôles et palpitantes…

Mention spéciale à la pochette (avec le retour du livret !).

Note : 9/10 bien méritée.