Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

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FM 5 @ Point FMR

In des concerts... on février 21, 2010 at 3:30

Radio Campus Paris / Pop-rock, Hip Hop / 12/02/2010

Voilà cinq belles années que Radio Campus Paris possède une demie-fréquence (93.9 fm de 17h30 à 5h30) pour promouvoir des artistes qui n’ont pas toujours l’occasion d’être soutenus par les radios commerciales (Top Tape, Novorock, Tout foutre on Air), pour parler d’initiatives du monde étudiant ou associatif (A l’Asso, La Matinale de 19h)  ou encore pour parler d’amour des musiques (Iconoclash, Bam Salute, Mets plus fort, Voltes Phases, Random, Poney Club 54, Jazz and Co ou Proxima Estacion). Et comme à chaque fois qu’elle organise une soirée pour fêter son existence, Radio Campus Paris sait proposer une programmation à son image : pointue, décalée et de qualité. Ce soir là, ce sont General Bye Bye, :Pilöt et Le Klub des 7 qui s’y sont collés côté concert (telle une Cendrillon, je n’ai pas pu rester pour le clubbing donc je n’en parlerai pas cette fois).

General Bye Bye est un quatuor pop-rock qui en a dans la cage thoracique. Leur premier EP sorti en 2009 (Alphabetical) est à l’image de leur univers : on fait le tour du globe des influences musicales en quelques minutes. Les mélodies d’Europe de l’Est se mélangent aux riffs acides d’un rock endiablé. Plus loin la ballade pop guitare-voix se fait envahir de sonorités électroniques. La voix de leur chanteuse sublime l’ensemble, en combinaisons d’ouvriers, ils viennent vous faire une opération à cœur ouvert : cinématographique et addictive, leur musique ne laisse pas de marbre et en ouverture de soirée on ne pouvait pas mieux espérer.

Si Le Klub des 7 était le groupe attendu de la soirée, :Pilöt en fut incontestablement sa plus belle surprise. Une frêle femme tient tête à deux micros, accompagnée de musiciens tout aussi concentrés qu’elle sur leurs instruments. De cette frèle carcasse sort une explosion d’émotions, de rires, de cris, de douleurs et de plaisirs. Prenez une morphologie de crevette à la plastique impeccable de Top-Model (au hasard Kate Moss…) et greffez-lui des cordes vocales de PJ Harvey et Nic Cave ; vous obtenez une artiste bluffante de talent. En quelques minutes, elle est mutine, charmante, odieuse, dédaigneuse, ivre morte ou enragée. Et sa voix suit le même schéma, mutante saurienne.  La petite tornade n’épargne personne (à commencer par Good Karma),on entre avec délectation en transe avec la sirène et j’en perdrais la voix lors de l’interview en sortie de scène, restée perdue dans les plaines d’Apache et circonvolutions d’Arpo. :Pilöt fut la découverte Printemps de Bourges pour l’Ile-de-France (2009) et l’on ne peut que s’en réjouir : pas de petits rockers pour représenter la région capitale mais une formation à la forte personnalité, à l’univers qui lui est propre.

Enfin, que dire de la prestation du Klub des 7 sinon « Joie Joie Joie » ? Réunis presque au complet (sans le trop snob Fuzati, le trop ivre Gérard Baste et le défunt Freddy K), James Delleck, Le Jouage, Detect et Cyanure ont assuré le spectacle avec quelques invités en bonus, dont les délicieux Gourmets de Lyon. Interprétant essentiellement des titres de leur nouvel opus (La Classe de Musique, 2009), on a a eu également droit à plusieurs nouveau titres. Le plus jouissif fut probablement Gosse handicapé (titre inventé) où James Delleck s’est livré à un inventaire à la Prévert des excuses qu’on peut trouver à un gamin un peu looser parce qu’il n’a « pas d’papa, pas d’papa, voilà ». Très en forme, le groupe finit par inviter le public à se déhancher sur scène avec eux, pour notre plus grand plaisir (ne pas cf. les photos compromettantes).

Et voilà, terminé, minuit passé il est temps pour mes vieux os de se rentrer… Radio Campus Paris aura encore une fois démontré non seulement son utilité dans le paysage médiatique parisien (via la promotion de trois excellents groupes), mais aussi que culture n’est pas toujours synonyme de cloisonnement social (en réussissant le trop rare pari de réunir différentes catégories socioprofessionnelles et en osant mélanger différents genres musicaux). Joyeux anniversaire belle RCP !

GIVE ME FIVE : TURZI +REBOTINI +YUKSEK @ Point FMR

In Ce qui m'amuse, des concerts... on octobre 16, 2009 at 1:42

Artistes français / Electro expérimentale – Electro bling-bling / 12/10/2009

Cinq ans pour le Point Ephémère déjà… Bam ! Dans notre tronche le coup de vieux ! C’est aussi cinq ans de mûrissement de trois artistes électro français en qui le Point Ephémère a placé sa confiance depuis le début.

Romain Turzi d’abord, le résident perpétuel. Membre central du groupe Turzi, dont les deux albums A et B sont de petites merveilles eletro-krautrock aux envolées mystiques et batcave, Romain Turzi se produit régulièrement seul ou dans des projets alternatifs (notamment avec Etienne Jaumet). Ce soir là, il est seul, cerné de ses machines et de sa guitare. Il utilise notamment beaucoup le Tenorion, petit instrument mais grand potentiel (lorsqu’on sait l’exploiter). De dos, au mieux de profil, ce presque trentenaire est concentré, il n’adressera d’ailleurs pas un mot au public. Très vite, ses boucles entêtantes vous plongent dans son univers psychédélique et christique qui lui est si personnel. On reconnaît beaucoup de thèmes issus de A (notamment les paroles de ses chants), plusieurs trouvailles intéressantes grâce au Tenorion qui lui permet de programmer beaucoup de boucles tout en jouant de la guitare. Comme à chaque écoute, on ressort un peu engourdi de cette exploration d’abysses électroniques. La réintroduction dans le monde des humains n’est pas comprise dans le billet. Une chose est certaine, Turzi est capable de beaucoup de renouvellement, aller de l’avant sans pour autant faire une croix sur « les compositions des débuts », en ce moment c’est une qualité qui se fait rare.

Arnaud Rebotini ensuite, le quarantenaire qui a eu le courage de se reconvertir. La bonne idée d’arrêter Black Strobe, de se séparer d’Yvan Smagghe pour se reconcentrer sur ce qu’il aime : la techno pointue en solo. Il collectionne les synthés Roland vintage, il va donc les exploiter et nous livre sa petite symphonie pour machines usagées et oubliées à tort. Un synthétiseur lorsqu’on sait lui faire cracher ce qu’il a dans le ventre, ça peut s’avérer être un excellent outil musical, et en plus c’est beau. Cerné de machine, l’homme au look de Forban titille les corps qui se déhanchent comme si de rien n’était et charme les oreilles attentives qui sont restées pour cette prestation un peu tardive pour un lundi soir. Arnaud Rebotini vient simplement de démontrer qu’on peut faire de la musique du futur avec des machines fabriquées avant ma naissance…

Donc, pour synthétiser (sans mauvais jeu de mot ahah) on a commencé la soirée par un vingtenaire Turzi qui utilise les derniers outils technologiques pour créer une électro mystique et très rétro et on a terminé ce concert par un quarantenaire Rebotini qui n’utilise que du matos d’après guerre pour inventer une musique techno futuriste. Et au milieu de ces deux tendances vraiment intéressantes, s’en dessine une troisième, représentée ce soir là par Yuksek. Lui est jeune – plus que Turzi – et est tout droit issu de la mouvance Ed Bangers. En résumé, il fait de la musique à l’opposé de Turzi et Rebotini : de la musique immédiate, l’électro à danser sans se concentrer. Pas de fond, juste une forme. Et ça fonctionne parfaitement, le public se met à sautiller dans tous les sens, secouer la tête et sourire sans se poser de questions. Des titres tous ultra-calibrés pour les radios commerciales (2’30 – 3’00) en complète opposition avec les 8’00 – 12’00 de moyenne de ses deux collègues. Un live de Yuksek, c’est comme un mauvais film avec un scénario intéressant, on en ressort en ayant déjà oublié les trois quart de ce à quoi on vient d’assister. Cet artiste appartient à toute cette vague qui copie les aînés (Daft Punk, Simian…) pour recracher plus ou moins habilement une électro fluo. Matuvu et Bling-bling sont les maîtres mots qui attirent une jeunesse en mal de connaissance musicale de fond et qui a un profond besoin de défoulement immédiat. Issus de la génération « tout, tout de suite », « travailler plus sans gagner plus », « société de consommation mon Amour », le public le plus friand de Yuksek est jeune. Sauf que… ce soir là, nous sommes un lundi, ce n’est pas les vacances scolaires et le public est plutôt « trentenaire bien tassé » que « tout juste majeur ». On se rend alors compte que Yuksek touche une autre catégorie de public : les bobos en mal de jeunesse, sur le retour et ne supportant pas l’idée d’approcher les quarante piges. Pas d’enfants, pas de vie de couple, pas de voiture (mais un scooter, pardon, un Vespa), pas de théâtre ou d’opéra mais du clubbing jusqu’à plus soif, un appartement grand et vide de vie puisqu’ils n’en sont que les courants d’airs : on ne mange pas chez soi, il n’y a pas de table pour ça ; on n’invite pas chez soi, il n’y a rien à voir chez soi… Ils se raccrochent à cet ersatz d’électro qui leur donne l’illusion d’être jeune à nouveau, de ne plus sentir le poids des ans dans leurs genoux, d’oublier quelques instants cette brioche naissante sur leurs hanches. Le temps d’un set, ils ont l’impression d’être insouciants, ils oublient qu’ils sont censés être des bobos parisiens coincés devant un concert, ils applaudissent à tout rompre au lieu de nous servir leur habituelle moue dédaigneuse. Croyez-le ou non, c’est presqu’émouvant de voir leur détresse affective et leur mal-être de presque-vieux s’effacer l‘instant d’un titre.

Attention, je n’ai jamais dit être restée de marbre devant le set de Yuksek, j’avais d’ailleurs beaucoup apprécié son album. Mais je suis encore capable de faire la différence entre une électro de surface putassière et une expérience électronique poussée et approfondie qui demande beaucoup de concentration pour ne pas passer à côté. Je ne suis malheureusement pas certaine que la génération qui me suit (c’est-à-dire mon petit frère) et la génération perdue de ces quarantenaires fassent la distinction.

Le Point Ephémère avait préparé un plateau de qualité pour fêter comme il se devait ses cinq ans, on regrette simplement que cette soirée n’était pas un vendredi ou samedi ! Turzi et Rebotini ont assurément beaucoup de belles années musicales à nous faire partager, le jeune Yuksek est… jeune, il progressera :) !

Note : 8/10

Crédits photos : Michaurel

Retrouvez une version édulcorée de cette chronique sur Le Hiboo

TOY FIGHT @ Point FMR

In des concerts... on mai 20, 2009 at 9:06

Groupe parisien / Pop-folk / 19/05/2009

Après avoir chroniqué l’album et avoir mené laborieusement une interview des Toy Fight, il ne restait plus qu’à tirer quelques conclusions d’une prestation scénique. Deux Live report en une chronique : retour sur les concerts de la Maroquinerie (14/05) et du Point Ephémère (19/05).

© Michaurel

Il y avait seulement cinq jours d’écart entre les deux concerts et pourtant, les progrès étaient déjà réels. Ils disposaient au Point FMR d’un peu plus de temps que dans le cadre des Inrocks Indie Club (cf. les playlist de 9 et 11 titres). La rigueur et la maîtrise générale a mis un terme à des arrangements encore parfois hasardeux (mais terriblement touchants) sans pour autant faire perdre leur fraîcheur aux six parisiens. Car c’est bien tout le charme de ce groupe : partis pour ne plus revenir en 2006, on les a retrouvé in-extrémis en 2009 avec la même fébrilité que lorsqu’on tombe par hasard sur de vieux amis. On est happé en un rien de temps par leur bonne humeur et leur spontanéité, à l’image des mélodies qu’ils construisent, perpétuelle valse d’instrument. Soulignons à ce propos le talent de Jean Thévenin, aussi à l’aise à la batterie, au clavier, à l’accordéon, aux claves, voire à la clarinette ! La douce voix (un peu nerveuse) de Mina Tindle apporte la touche féminine qui parfait l’ensemble.

© Michaurel

Lorsqu’on évoque une scène folk parisienne, on devrait immédiatement penser à des groupes comme Syd Matters ou Los Chicros, il est temps que Toy Fight les rejoigne.

Note : 8/10

 

Setliste à la Maroquinerie (16/05) et au Point FMR (19/05)

Setliste à la Maroquinerie (16/05) et au Point FMR (19/05)

RICHARD SWIFT @ Point FMR

In des concerts... on mai 19, 2009 at 1:24

Groupe américain / pop – rock / 14/05/2009

L’album était prometteur, la prestation scénique le fut tout autant ce soir là. Richard Swift avait certes eu la mauvaise idée de garder un costume trop chaud sur scène, ce qui, embonpoint aidant, n’était pas des plus esthétique et bien-odorant, mais le groupe a livré un spectacle tout en finesse et humour.

De profil au clavier, Richard Swift s’amuse avec l’acolyte qui lui fait face et danse tout en jonglant entre guitare, synthé déglingué (The Original Thought). Le batteur surveille le public depuis l’arrière scène ainsi que son troisième collègue qui pianote de dos.

Le groupe livre ce soir là essentiellement des titres du nouvel opus, passant en sourdine le triptyque morbide (R.I.P., The End of an AgeAlready Gone), pour le grand plaisir de nos oreilles qui se mettent à swinguer en un rien de temps (Hallelujah Goodnight, A Song For Milton Feher). Le public, à son grand tort, n’était pas au rendez-vous : la salle était à moitié vide, ce qui peut s’expliquer en partie du fait des désormais célèbres « pluies diluviennes de mai ».

Une excellente prestation qui en appelle d’autre, malgré le déluge qui sévit et la moiteur glaçante jusqu’à l’os de l’air ambiant, on ressort regonflé à bloc, prêt à affronter toutes les tempêtes, comme pédaler 25 minutes à vélo sans broncher et sans attraper de bronchite :) .

Note : 8,5/10

TURZI & ETIENNE JAUMET @ Point Ephémère

In des concerts... on avril 17, 2009 at 1:50

Duo / Electro-krautrock psychédélique / 16/04/2009

Lorsque Romain Turzi – petit Prince des guitares apocalyptiques et actif participant au renouveau du Krautrock, s’associe à Etienne Jaumet – aka une moitié de Zombie Zombie et un membre des dégingandés Married Monk – pour interpréter des titres sur la thématique « A Psychedelic Night », on se doute que ça risque d’être intéressant. Pour assister à ce nouveau projet à deux têtes et multiples machines, il a fallu prendre son mal en patience*… mais cela valait vraiment le coup d’oreille.

Dos au public, alignant clopes sur clopes, cernés de machines compliquées (comprendre ici : pleine de câbles, de boutons et de trucs bizarres dans tous les sens), armés de claviers, guitare et saxophone, Jaumet et Turzi avaient sorti la grosse artillerie. Machine à fumée qui fait planer et c’est parti pour un set d’une heure ultra-hypnotique. Les partitions de saxophone d’Etienne et les riffs de guitare de Turzi se marient avec brio aux bidouillages électroniques permanents. La progression des quatre morceaux était très bien choisie, transportant vers des univers bien lointains, un peu soporifiques, mais venant d’une insomniaque, la remarque est un grand compliment.

Après avoir aperçu une collaboration moins travaillée entre Turzi et Jaumet à l’occasion du Festival Jazz à la Villette (septembre 2008), on avait pu saisir l’étendue des possibilités qui s’offrait alors. Une collaboration très intéressante, dont je serais curieuse de voir sortir un opus.

Note : 8,5/10

: Démasquée par Etienne Jaumet lui-même, j’ai dû reconnaître que mes oreilles saignaient trop à l’écoute de l’infâme projet Big Daddy’s Dead. « Dans ces cas-là, il faut prendre son mal en patience. Le bar est sympa à côté » dixit E. Jaumet. Ne prenez pas la peine d’aller vous infliger Big Daddy’s Dead qui vous propulse dans un bar gay ringard des années 80 : pas de voix, pas de disco digne de ce nom, pas de mise en scène, pas de costumes… On suppose que la présence de Tania Bruna-Rosso n’était pas étrangère au buzz autour de cette insulte à la musique, il serait temps qu’elle comprenne qu’elle n’a pas de talent ni pour la radio, ni pour la télé, ni pour la musique. Exit !

SAMMY DECOSTER @ Point Ephémère

In des concerts... on mars 19, 2009 at 2:45

Chanteur français / Western Spaghetti – folk / 18/03/2009

Avec le concert d’Alain Bashung le 3 mars, celui de Sammy Decoster était probablement le spectacle que j’attendais le plus ce mois-ci. Monsieur Bashung s’est tristement décommandé, le jeune Decoster n’avait donc plus qu’à redoubler de talent pour réussir à me séduire.

Après une première partie aussi inintéressante que crispante (retenez bien le nom de  Marianne Dissart pour ne jamais aller la voir !), Sammy Decoster ne pouvait qu’être encore plus à son avantage. Idéalement accompagné de Loic Maurin à la batterie et Mathieu Denis à la guitare, la contrebasse et au banjo, Sammy semble avoir pris plus d’assurance qu’il y a deux ans. Il n’est plus la frêle silhouette perdue au milieu de la scène, mais bien un artiste occupant tout l’espace qui lui est alloué. Le spectacle est rôdé, les effets de mèches aussi. Effet Barclay ? Pas tout à fait car Sammy n’a rien perdu de sa spontanéité, invitant ses amis éméchés sur scène, vendant son disque tout en s’en moquant, critiquant sa prestation vocale (« Je n’ai pas assez de retour, c’est pour ça que je chante comme un cul depuis le début »). Donc Monsieur signe sur une major mais ne cède pas à tout non plus… et c’est tant mieux.

Légère inquiétude en voyant que Sammy interprète les trois premiers titres dans le même ordre que son disque (Tucumcari, L’homme que je ne suis pas, Je partirai me suicider à Hawai), il ne va pas nous faire le coup de l’artiste ânonnant ses compositions dans l’ordre convenu quand même ? Parce que le disque on l’a à la maison hein… et selon moi ce n’est épanouissant ni pour le public ni pour l’artiste que de faire toujours un spectacle similaire à l’opus. Et heureusement que non, Decoster reprend du poil de la bête, se met à ne plus respecter la set-liste, interprétant The Drive au lieu de Manãna en l’honneur de Benjamin, son ami venu le rejoindre sur scène et qui – paix à ses dents – s’est mangé le sol en voulant slammer dans le public… 

Côté reprises, les titres choisis sont judicieux, par exemple un splendide Love Me Tender en session acoustique au milieu du public et en collaboration avec les membres de Revolver (qui se révèlent moins mauvais qu’à l’accoutumée alors que je pensais leurs cartouches grillées depuis longtemps…). Notons cependant que les reprises de Sammy sont chantées parfaitement justes et joliment orchestrées, mais avec un mauvais accent anglais parfois un peu agaçant, il fait donc très bien de défendre ses titres en français sur ses disques. Le tout résonne avec brio, notamment Tu me hantes et L’Exil. Et même lorsqu’il se retrouve seul sur scène (J’ai trop aimé l’enfance, qui ne figure pas sur son album mais sur l’EP), on perçoit une légère appréhension qui reste bien maîtrisée.

N’oublions pas que l’on reconnaît Sammy Decoster comme l’un des potentiels sérieux successeurs à Monsieur Bashung, ne pas avoir commis l’impair de faire une reprise de l’artiste lui vaut d’autant plus de respect de ma part. Son spectacle a enchanté un public un peu fatigué durant une bonne heure, ses mélodies me sont restées en tête jusqu’au lendemain… Qu’il continue comme ça, sillonne les salles et les pays, s’énerve un peu jusqu’à en casser ses cordes (de guitare, pas vocales)… et il saura nous étonner et susciter notre intérêt encore un bon moment.

Note : 8,5/10

Crédit photo : Michaurel

THE SPINTO BAND @ Point Ephémère

In des concerts... on mars 12, 2009 at 3:56

Groupe américain / Britpop / 28/02/2009

Après un album frais et acidulé en 2006 qui portait plutôt bien son titre (Nice and nicely done), on avait souligné le manque de créativité et d’aptitude à savoir se renouveler avec leur second opus sorti en 2008 (Moonwink). En concert, la tendance se confirme : hormis les Franz Ferdinand, rares sont les groupes qui parviennent à être à la fois des machines à tubes et des bêtes de scène…

Pourquoi, alors qu’ils viennent de sortir un album 4 mois plus tôt, le Spinto Band ouvre-t’il et clôt-il le concert par un titre du premier album ? La réponse est aisée, le second album ne convainc pas plus sur scène que sur disque. Comment apprécier des jeunes garçons habillés par leurs mères et qui n’ont rien à dire sur scène ? On retiendra cette phrase fantastique du guitariste : « Si je savais parler français, je vous dirais bonjour et merci d’être là »… et c’est tout ? Ben alors tu fais bien de te taire et heureusement que tu ne parles pas notre langue !

Côté technique, le show est bien trop rôdé pour être vivant, trop lisse, trop propre sur lui, trop cul-cul, on comprend que l’essentiel du public soit des ados à peine pubères qui ne sont pas fichus de faire la différence entre les titres puisqu’ils ne font que sauter sur place en gigotant les bras tels des pantins désarticulés (mes épaules se souviennent encore de cette gamine bouboule et suante qui accrochait sa main moite régulièrement et hurlait dans l’oreille de son copain). Un titre inédit (dont je n’ai pas le nom) a retenu mon attention, car essentiellement instrumental. Et on ne peut que reconnaître que, lorsque le groupe entonne Oh Mandy, c’est efficace et très joli, bien qu’il ne se dégage aucune émotion de la scène…

Et comble du spectacle, les six jeunes du Spinto Band succombent à cette mode écœurante de l’electro-rock-ramassi de n’importe quoi… en encore moins bien qu’en sont capables les Klaxons, pour vous situer un peu le niveau…

Donc voilà, une soirée à peine correcte (je ne vous ferai pas l’injure de vous parler de la première partie), monotone et faussement enjouée, au final totalement déprimante.

Caramba, encore un espoir qui s’envole !

Note : 5/10

GIANT SAND @ Point Ephémère

In des concerts... on novembre 28, 2008 at 10:27

Post-folk / USA / 27/11/2008

Lundi dernier, nous constations avec mes amis que les dix premiers rangs du concert de Ratatat étaient exclusivement composés d’hommes… Dans tout type de musique, il existe des « groupes de filles » et des « groupes de garçons » et force est de constater que Giant Sand se classe dans la catégorie « groupe de garçons célibataires sur le retour, un poil dépressifs et supra-lourds à beugler entre les titres ».

Giant Sand cela ne vous dit rien ? En effet, le groupe est assez méconnu comparé aux noms qui en sont sortis ou y ont collaboré activement : Calexico, Pj Harvey et Vic Chestnutt n’en sont que quelques exemples…

Post-folk ça existe ? He bien oui, comme il existe du post-rock ou du post-métal, on peut trouver du post-folk. La plupart du temps, il ne s’agit que de vouloir jouer les pseudos-intellos de la musique (d’ailleurs c’est un trait plutôt masculin que de vouloir classer les choses de cette façon), chaque genre musical regorgeant de sous-genre aussi complexes qu’inadaptés (la chose devenant vraiment rigolote lorsqu’apparaissent des appellations comme “l’avant-post-hardcore”). Mais là, en l’occurrence, l’appellation folk ne pourrait pas convenir à Giant Sand tant leur univers musical est bancal. Sorte à la fois de juxtaposition et de mélange de jazz, métal, funk, blues, rock,, folk… tout en parvenant à garder une identité de musique américaine très présente.

Prenons l’année 1966. Howe Gelb est un jeune homme fringuant habitant quelque part entre Tucson et Los Angeles. Il assiste à la sortie des premiers albums de Frank Zappa et Jimi Hendrix, écoute Johnny Cash, Bob Dylan et Petula Clark, les Beach Boys explosent les pistes de danse avec leurs Pet Sounds… Eh bien, c’est comme si Howe Gelb avait gardé de cette époque les sonorités musicales diverses et le chiffre 66 pour la route qu’il décide de tracer à partir des années 70. La base de ce groupe, c’est de la folk de cowboys qui traversent les états américains dans leurs gros camions ou à cheval. Les divers ornements qui viennent s’y ajouter créent l’identité de Giant Sand : la voix susurrant des rimes en « er » (rapture, culture, departure…) avec un phrasé haché, les cassures de rythmes guitare-batterie…

Une soirée de qualité dont on ne peut que regretter son public de lourdingues en manque qui gâchaient le paysage sonore et visuel…

Note : 8/10