Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

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GOLDHEART ASSEMBLY @ La Maroquinerie

In des concerts... on mai 4, 2010 at 8:00

Groupe anglais / Pop-rock / 10/04/2010

Soirée parisienne qui sent l’orage, du bitume s’échappent des odeurs acres et la chaleur vous vient par les semelles, mon humeur joue la grenouille de la dépression… Ca va craquer, je file me réfugier à la Maroquinerie et passe l’un des meilleurs moments de la semaine comme je ne m’y attendais pas.

Six jeunes hommes anglais pur-jus ont pris place sur la petite scène intimiste de la Maroquinerie. Leur chanteur principal, portrait craché de Chris Esquerre, attire immédiatement la sympathie du public. Ils sont venus présenter leur nouvel album (King of Rome, sorti le 15 mars) et, même si la salle est loin d’être pleine, ils semblent déterminés à nous démontrer mordicus qu’ils ont du talent. Et ça fonctionne parfaitement.

En plus d’avoir de l’humour, ces gars là ont une sorte d’aura joviale hautement communicative. Et tous les titres, s’ils se ressemblent parfois un peu trop, se muent en une longue balade aussi mélancolique qu’hilarante. En plus de leurs instruments somme toute basiques, le groupe a recours à des bidouilles en tout genre qui n’en finissent pas de vous vous travailler les zygomatiques. Notamment sur Reminder où les samples de fou-rires finissent par avoir raison des moues parisiennes les plus dédaigneuses. Mais par-dessus tout, ces six là sont capables de réussir à vous hypnotiser dès qu’ils dégainent leur atout magique des voix en chœurs aux sonorités ultra-romantiques. C’est dansant sur King Of Rome, entêtant sur Under the Waterway et terriblement rétro avec So long St Christopher ou Boulevards (vous vous souvenez de l’époque des boums où les garçon vous ruinaient systématiquement les articulations des doigts de pied ? Eux oui !).

Last Decades ne me lâchera pas jusqu’à ce que, dans mon lit, mes yeux se ferment apaisés avec un sourire pointant au bout de mes lèvres (je le sais car je me suis réveillée dans l’exacte même posture). Avis à toutes les filles, procurez-vous ce délicieux bijou pop-rock. Et si vous êtes un garçon sensible, non ce n’est pas une insulte, vous pouvez en faire de même.

MGMT @ Trabendo…

In des concerts... on mars 24, 2010 at 11:59

…ou Comment un groupe a définitivement perdu tout intérêt et crédibilité

Groupe Brooklynien / Pop – Rock / 23/03/2010

Jamais deux sans trois pourrais-je dire. Ne parvenant pas à m’expliquer comment un groupe pouvait produire un beau premier album et proposer dans le même temps des prestations scéniques déplorables, j’avais décidé de donner une troisième et dernière chance aux jeunes de MGMT. Un concert désincarné qui les discrédite à jamais, heureusement rattrapé par leur excellent choix de première partie, Zombie Zombie.

Souvent j’aime plus les premières parties que les têtes d’affiches et ce soir là, plus que jamais. Lunettes à grosses montures et tee-shirt à l’effigie de l’excellentissime Turzi, le duo Zombie Zombie a parfaitement rempli son contrat de « première partie ». Ils étaient là pour faire monter la sauce, pour plonger l’assistance dans un bien-être et un état d’esprit le plus indulgent possible à l’égard de MGMT. Les nappes krautrock d’Etienne Jaumet et Cosmic Neman avaient des accents electro minimal de Detroit ce soir là – l’album solo d’Etienne Jaumet en collaboration avec Carl Craig étant passé par là. Trois titres hypnotiques comme il faut, ajouré de moult motifs rythmiques foutraques, allant du collier de moules au cri de Tarzan. Plus que jamais le duo semble sûr de lui et attentif au public qui le lui a bien rendu. Doucement une léthargie euphorique s’empare des corps et la demande de rappel n’était pas factice. Me voilà donc dans les conditions optimales pour avoir envie d’aimer ce qui va suivre.

Après un changement de plateau un peu long (quadruple vérification des micros, on ne pourra pas dire qu’ils n’ont pas été checkés), les cinq américains prennent place, embrayant directement sur un titre de l’album à paraître (Congratulations dont il ne faut pas attendre de chronique de l’opus sur ce site, d’ailleurs mon collègue s’en est parfaitement chargé sur Playlist Society). Accoutrés aussi bien que pour une soirée canapé – jeu vidéos entre potes subventionnée par Uniqlo, c’est à peine si les longs cheveux du guitariste ne se prennent pas dans les cordes. Accueil un peu froid du public qui n’était pas composé d’ados groupies débraillées mais plutôt de trentenaires parisiens un peu renfrognés en uniforme de travail : jean-basket-blouson de cuir (avec une variante trench, que d’originalité et de fantaisie, vraiment !). Seraient-ils mal réveillés d’un décalage horaire ? Le batteur baille à souhait. Le chanteur a-t’il encore une voix ? Ses étranges changements brusques d’octaves laissent penser que, soit il mue encore / à nouveau, soit il se force à chanter dans un ton qui lui a été imposé, soit il veut se saborder. Il en va de même pour le clavier, certains accords revival nineties en plein morceau sixties, ça n’a pas l’air très normal…

Quinze minutes plus tard et toujours pas un sourire, ils ont déjà aligné cinq titres au compteur et se lancent dans une réinterprétation d’Electric Feels des plus consternantes. Je m’explique.

Le gros problème de MGMT c’est leur retenue, leur parfait remplissage du contrat. On leur a dit de jouer la setliste en se conformant aux arrangements du disque ? Eh bien le groupe jouera ce qu’on leur a dit de faire. Ce genre de maladresse je l’ai excusé la première fois, le mettant sur le compte de leur jeunesse et inexpérience de la scène, pensant sincèrement qu’ils prendraient de l’assurance. Et lorsque le guitariste se lance dans un mini-solo d’improvisation de trente secondes, on comprend finalement pourquoi ils sont tant mis sous cloche. S’ils ne sont pas parfaitement contrôlés, les jeunes de MGMT font n’importe quoi : ils chantent mal, ils jouent mal, ils se tiennent mal. Ce n’est pas dans leur cahier des charges de dire « Merci » ou « Bonjour » ou de sourire mais il est noté qu’il faut faire de la pub pour le nouveau disque qui va sortir ? Alors nous n’aurons pas droit à autre chose…

En revanche on remarque immédiatement que, même s’il est mauvais, le mini-solo du guitariste lui fait esquisser un quart de sourire. Il semble enfin prendre un peu de plaisir à ce qu’il fait. Et ses accords ont des accents bien plus hard rock, ce qui colle d’ailleurs avec son look d’adepte de Metallica (et l’on avait senti cette même adrénaline sous-jacente lors des premiers titres joués à Rock en Seine). Et si les MGMT ne jouaient tout bonnement pas la musique qu’ils aiment ? Et si les très forts relents britpop du nouvel opus leur cassaient les noix et qu’ils voudraient plutôt faire de l’electro-pop ou du hard-rock, revenir en somme à leurs premiers amours noise-rock ?

Loin de moi l’idée de vouloir les plaindre ou de leur trouver encore une fois des excuses, mais il semble de plus en plus plausible que ces pauvres loulous réalisent qu’ils se sont fait avoir : ils ont signé pour 4 albums avec Sony, ils sont sous la coupe d’un Dave Fridmann influent qui exige éventuellement une orientation psyché-pop ou expérimental-rock à la Flaming Lips ou Mercury Rev, ils sont pieds et poings liés et s’exécutent sagement. Du coup ils sont tristes comme les pierres, ils s’endorment sur leurs instruments (authentique, le batteur devrait apporter son oreiller). On a pourtant envie d’y croire, on cherche l’euphorie de Time to Pretend, on se prend à dodeliner de la tête sur Song For Dan Treacy mais ça ne décolle pas, on se détend enfin un peu sur Brian Eno, plus vivant que la version studio, mais c’est la fin du concert. Et on a presque envie de pleurer en entendant ces jeunes terminer leur show en se lançant des fleurs tout seuls (Congratulations, qui est aussi le morceau final de leur second opus, applaudissements inclus), cela sonne comme une ode funéraire.

Un spectacle minuté d’une heure pile – pas trente seconde de plus – où l’on assiste à la lente agonie de cinq pantins. Qu’on laisse se reposer ces pauvres brooklyniens, qu’on leur donne des vacances et de la liberté dans leur musique ou sinon l’un d’eux risque de nous rester dans/sur les bras (à vous de voir comment considérer le problème). La pochette de leur nouvel album illustre bien tout cela d’ailleurs : un petit renard, ersatz de Sonic, panique seul sur une planche de surf car il manque de se faire bouffer par une grosse vague-monstre-chat pleine de dents. Cela s’appelle un « retour de vague » et c’est synonyme de « retour de hype », c’est violent et brutal, ça fait mal et on s’en relève rarement. R.I.P. MGMT.

THE RAVEONETTES – In and Out of Control

In des disques... on octobre 7, 2009 at 9:42

Duo danois / Pop – Rock / Fierce Panda

Déjà presque dix ans d’existence pour The Raveonettes, un duo-couple qui tient la route. In and Out of Control est leur cinquième opus, un tous les deux ans, une bonne régularité permettant de ne pas s’essouffler ?

Révélés par leur Pretty in Black (2005) truffé de collaboration fructueuses, notamment avec Moe Tucker (The Velvet Underground) et Ronnie Spector (The Ronettes), leur disque suivant avait terminé de nous rendre accro au groupe (Lust Lust Lust en 2007 et ses prestations scéniques époustouflantes aux Routes du Rock version hiver et été). A l’annonce d’un nouveau disque, on attendait donc la nouvelle pépite avec grande confiance. Après l’amour et la luxure, les drogues et les hallucinations délicieuses, le duo glacé s’attaque aux mêmes sujets du côté obscur. Ce qui était Pretty in Black devient « Dark », ce qui n’était que Lust Lust Lust se mue en « Break up » ou « Break out ». Ca donne Suicide, Last Dance, Gone forever ou Oh, I Buried You Today pour le côté « joie de vivre » et Boys Who Rape (Should Be Destroyed), Heart of Stone, D.R.U.G.S, Break Up Girls ! et Wine pour l’aspect « optimisme, bonté humaine et plaisirs de la vie ».

Malgré ces titres peu engageants, l’ensemble reste terriblement entraînant et pêchu (sauf Wine déprimante à souhait), spirale revisitant les coins les plus tristes et ténébreux de nos cerveaux tristes mais libérant les corps. Bang ! vous envoie d’emblée un coup au plexus pour vous faire quitter votre chaise ; Suicide glisse comme une vodka-tatin : forte mais masquée par beaucoup de sucres ; Last Dance ne donne qu’une envie, celle de continuer de danser… Les influences 60’s ne se sont pas fait la malle, c’est toujours aussi bien fignolé.

Mais… Il y a un « Mais » d’importance cette fois, un de ceux qu’on ne peut pas éluder. The Raveonettes, c’est beau, c’est sympa, ça provoque une adhésion quasi-mystique sur scène mais ce nouvel album, alors qu’il se propose de revisiter les recoins de nos âmes, est en dépourvu justement, d’âme. C’est trop bien terminé, trop bien respectueux des aînés Phil Spector ou Jesus and Mary Chain, trop propre pour parler de suicide, trop clean pour aborder les drogues. On est comme en face de ses dix doigts ressortant d’une manucure Dior : on a peur d’utiliser nos doigts de peur d’écailler le vernis… Et d’ailleurs la véritable réflexion qu’on se fait c’est « Depuis quand je suis le genre de pouffe qui va se faire faire une manucure ? ».

Un album qui contrairement aux deux précédents, ne restera pas longtemps dans nos platines car il s’avère très vite lassant. L’album porte mal son nom, il n’est jamais Out of Control et ne donne jamais l’impression d’être spontané, à l’image de la pochette du disque d’ailleurs, plus calculé tu meurs. Mais nul doute que sur scène, ça sera toujours aussi beau.

Note : 7/10

Sortie début octobre

THE DODOS – Time to Die

In des disques... on août 25, 2009 at 2:34

Trio San Franciscain / Pop-rock, Psyché-folk / Wichita – Cooperative Music

Il y a quelques mois, Mgmt nous annonçait que le temps était venu de feindre (Time to Pretend). Un an après la météorite de Visiter leur premier album, le duo de San Francisco au vieux nom d’oiseau revient pour un plan à trois se proposant d’explorer les frontières de la vie. Ont-ils la pêche au point de nous en faire crever ou vice-versa ?

Neuf titres oscillant entre 4 et 6 minutes, dont l’entrée en matière commence fort. Small Deaths porte bien nom, les chœurs chatouillent nos oreilles, la montée de batterie suit un rythme tout à fait adapté, les accès de guitares titillent nos sens, provoquant ce petit frisson qui remonte l’échine depuis le creux des reins… On pourrait s’arrêter là et avoir envie de repasser dix fois le titre.

Les Dodos ont gardé quelques clés de leur succès : boucles d’accords répétés jusqu’à devenir bileux, guitares électrisantes provoquant des remontées acides,  le tout accompagné de voix douces comme le pain constituant le meilleur des miel pour grog… Bref à chaque fois, on ressort secoué d’une écoute qui rappelle l’arrivée d’un gros grain lors d’une transat en voilier : ressac, creux de vagues, pluies tropicales passagères. Autant de cassures de rythme qui sont bien présentes dans Two Medecines. C’est éprouvant et on en redemande.

Cependant, on reste un peu dubitatif devant la platitude des trois dernières plages de l’opus. On ne comprend pas très bien l’intervention d’un titre en allemand non plus… Troll Nacht est un titre aussi pertinent que La danse des canards… Ballades folk molles et classiques, peut-être est-ce finalement l’explication de ce Time to Die, mieux vaut rentrer dans sa tombe plutôt que de continuer à écouter ça ?

The Dodos est assurément un bon groupe californien, à suivre scrupuleusement. Malgré quelques maladresses que l’on aurait préféré ne pas voir apparaître sur un second album, on peut les emporter dans la tombe, histoire de faire swinguer les squelettes un peu coincés.

Note : 8/10

Sortie le 31 août

ELDIA – Favourite Murderer EP

In des disques... on juin 15, 2009 at 2:30

Groupe parisien / Pop-rock / Emergence Music

Après un album prometteur il y a un an (All The People On The Ship Say), eLdiA sort un EP en avant goût d’un nouvel opus à venir pour l’automne. Des chansons pop-rock qui balancent bien comme il faut.

En quatre titres on peut déjà déceler que l’album promet quelques singles alléchants. A commencer par le titre éponyme de cet EP. Favourite Murderer s’inscrit dans la droite ligne de la britpop avec une ambiance sonore très Beatles. On reconnaît aussi la patte des folkeux parisiens comme Tahiti Boy ou les géniaux Toy Fight. The Way You Move rappelle pour sa part la vague rock new-yorkaise, dont on ne peut que regretter leur abus de reverb sur le refrain. Alors que Did You Run ? passe plus inaperçu de par son classicisme ultra « déjà entendu partout », The Drunk Song mérite de s’y attarder, balade folk mélancolique qui donne envie de réécouter en boucle les cowboys normands de La Maison Tellier.

Reste qu’il faudrait que ces 5 jeunes s’affichent sur leur pochette dans des postures moins « j’suis un péteux parisien, j’porte la moustache, un slim et du cuir car c’est trop bien le rock ». Bref il y a bien du potentiel chez eLdiA, rien de très original mais travaillé avec un peu d’attention, si tous les groupes pouvaient déjà commencer par respecter  cette règle élémentaire alors la scène française pourrait mieux se défende outre Manche. Encore un peu de travail ne ferait pas de mal…

Le Colonel Moutarde dans la cuisine avec un chandelier ? Verdict complet avec l’album.

Note : 7/10

RICHARD SWIFT @ Point FMR

In des concerts... on mai 19, 2009 at 1:24

Groupe américain / pop – rock / 14/05/2009

L’album était prometteur, la prestation scénique le fut tout autant ce soir là. Richard Swift avait certes eu la mauvaise idée de garder un costume trop chaud sur scène, ce qui, embonpoint aidant, n’était pas des plus esthétique et bien-odorant, mais le groupe a livré un spectacle tout en finesse et humour.

De profil au clavier, Richard Swift s’amuse avec l’acolyte qui lui fait face et danse tout en jonglant entre guitare, synthé déglingué (The Original Thought). Le batteur surveille le public depuis l’arrière scène ainsi que son troisième collègue qui pianote de dos.

Le groupe livre ce soir là essentiellement des titres du nouvel opus, passant en sourdine le triptyque morbide (R.I.P., The End of an AgeAlready Gone), pour le grand plaisir de nos oreilles qui se mettent à swinguer en un rien de temps (Hallelujah Goodnight, A Song For Milton Feher). Le public, à son grand tort, n’était pas au rendez-vous : la salle était à moitié vide, ce qui peut s’expliquer en partie du fait des désormais célèbres « pluies diluviennes de mai ».

Une excellente prestation qui en appelle d’autre, malgré le déluge qui sévit et la moiteur glaçante jusqu’à l’os de l’air ambiant, on ressort regonflé à bloc, prêt à affronter toutes les tempêtes, comme pédaler 25 minutes à vélo sans broncher et sans attraper de bronchite :) .

Note : 8,5/10

HJALTALIN @ Nouveau Casino

In des concerts... on avril 28, 2009 at 1:25

Groupe Islandais / Pop-rock / 21/04/2009

Pas facile de se faire une place dans le panorama de l’indie pop-rock venue d’Islande tant Sigur Rós époustoufle toujours et s’impose comme la référence en la matière. Pas évident non plus de sortir du lot de la musique pop-rock en général tant elle prolifère à travers les continents… Bref les Hjaltalin avaient du pain sur la planche pour satisfaire le public parisien. Défi remporté.

Après un départ un peu timide (guitare-voix du chanteur tout seul), les cinq membres présents (parmi 9) de Hjaltalin balancent la sauce. Ils ont le bon goût d’avoir demandé des renforts de cuivre pour leurs tubes. The trees don’t like the smoke est de ce fait particulièrement réussi. Le spectacle évolue entre pop-jazzy, grands mouvements rappelant symphonie classique et opéra, ou encore rock psyché pas très éloigné des Arcade Fire auxquels on les compare beaucoup trop et à tort.

Après avoir pensé à traduire dans les grandes lignes de quoi parlent leurs chansons en islandais (parce que Sigur Rós on n’a pas encore tout saisi hein…) – et en français s’il vous plaît ! – les Hjaltalin ont démontré qu’ils n’ont pas volé leur succès naissant. Derrière ce joyeux bazar, il y a du travail, de la rigueur et du talent… et pas mal de charme. A suivre de près.

Note : 8/10

Crédits photos : Michaurel

THE NOISETTES – Wild Young Hearts

In des disques... on avril 22, 2009 at 1:08

Trio anglais / Rock-pop / Mercury

En février 2007, on découvrait le premier album des Noisettes avec enthousiasme : un équivalent de Bloc Party version féminine ? Un The Gossip anglais et plus sexy ? L’album était vitaminé et terriblement rock grâce à la voix de Shingai Shoniwa, faisant office de dynamite. Le virage difficile du second opus est en partie surmonté mais convainc relativement…

Si The Noisettes a su garder les qualités qu’on avait cru déceler telles l’influence Riot Grrrl (Don’t Upset the Rythm, Saturday Night) ou la qualité des refrains hautement addictifs (Every Now and Then, Never Forget You, So Complicated) ; le groupe a pris un virage plus lent / calme dans ses chansons, ce qui déçoit un peu puisque c’était justement cette énergie supra-vitaminée qu’on louait. Certains titres sont délicats et pleins d’attentions intéressantes comme Atticus et Cheap Kiks où l’on ne finit pas de se délecter des modulations de la voix soul d’une pureté qui fait vibrer le creux du ventre. Mais le premier tiers de l’opus ne relève que d’une électro-pop banale et sur-entendue ces derniers mois. Ajoutons à cela une batterie qui reste encore un peu trop jouée par des gros bras (le titre éponyme de l’album est d’ailleurs l’un des plus décevants de l’opus), une pochette de disque plutôt laide comparée au pétillant et humoristique What’s the time Mr Wolf ? et un second disque moins long que le premier (on pardonne un 35 minutes à un premier album, moins à un second)…

Cet album relève finalement d’une pop beaucoup plus consensuelle que le précédent, le premier opus ne faisait pas état d’une originalité à toute épreuve mais un petit quelque chose qui présageait que The Noisettes résisterait à l’envie de faire comme tout le monde… Une déception qui ne nous empêchera de l’écouter pour l’été ! Et les concerts promettent mieux que cela.

Note : 7/10

Player The Noisettes

MINUSCULE HEY – We feel minuscule (EP)

In des disques... on décembre 28, 2008 at 3:39

Electro-pop barrée/ Duo français / 2008 / Alienor Records

Après la claque inattendue au concert de GaBlé aux Transmusicales, on pouvait penser que ce serait lassant sur disque. Mais en découvrant le EP de Minuscule Hey, on peux se rassurer concernant ce genre de musique : c’est aussi bon sur disque qu’en live.

Je ne chronique jamais de EP, donc si je fais une entorse à mes habitudes c’est que ça en vaut la peine. Quatre titres qui laissent entrevoir un répertoire assez étendu et plutôt bien maîtrisé : I feel minuscule et Watch out ! The Sillycats ! rappellent l’univers Acoustic Ladyland, Shoelaces dancing like a yo-yo à l’univers poétique du Spinto Band ou de Noah and the Whale avec un soupçon d’efficacité électro à la Hot Chip et Kiss Richard est probablement le titre pop qui a émoustillé mes oreilles dès la première écoute.

Un duo masculin féminin comme on en refait de plus en plus : rock, complices, déjantés et qui chantent correctement anglais (cf. John et Jehn ou The Do dont ils assurent d’ailleurs les premières parties). En plus de cela, les deux loustics ont des textes agréables et touchants (I’m gonna kiss you Richard).

Pas de très grande originalité, ce n’est pas la découverte de l’année, mais s’amuse beaucoup en leur compagnie et le tout est très bien ficelé (ce qui dans une société star-académiste vient à manquer).

Note : 8/10

HUGH COLTMAN @ EMB-Sannois

In des concerts... on octobre 30, 2008 at 5:09

Folk – Blues – Rock / France, Grande Bretagne / 24/10/2008

On ne le dira jamais assez, les meilleurs équipements acoustiques ne sont pas à Paris mais dans sa proche couronne. L’Emb-Sannois accueillait trois groupes ce soir là.

Revolver tout d’abord, que dire de plus qu’il s’agit de trois jolis minots qui jouent passablement bien de sympathiques ballades, mais chantent aussi bien qu’une batterie de cuisine… Ils nous avaient ensanglanté les oreilles pendant le spectacle de Tahiti Boy au Point Ephémère, on constate ce soir là qu’ils ont (heureusement) fait quelques progrès. C’est déjà ça, à suivre donc pour voir s’ils sauront un jour être un groupe digne de ce nom.

Narrow Terence n’était pas la tête d’affiche de la soirée mais incontestablement les chouchous attendus. Ils livrent un show épuré aux influences hard-rock, on se demande parfois comment ils font pour n’être que quatre… Une voix à la Arthur H vient épouser les volutes sonores d’un violon et les rythmiques pointues d’une batterie (menée ici des mains habiles de Thomas Pirot, batteur de Nelson). Lorsqu’on les entend, on pense immédiatement à Ez3kiel, et on a bien raison : les deux groupes collaborent pour présenter des titres ensemble en novembre à La Cigale. Avis aux amateurs ça risque d’être de qualité !

Hugh Coltman enfin prend place, accompagné de quatre complices. Intro à l’harmonica, douce voix et blagues franco-anglaises, on plonge doucement et avec délectation dans une ambiance blues-jazz belle époque. Plus dynamique soudain, les mélodies prennent une tournure reggae qui ne choque pas. Aguerri par les tournées et les scènes durant trois albums avec The Hoax, Hugh Coltman est le contre-exemple du folkeux-boutonneux et introverti (comme… non je ne citerai personne, ils n’en valent pas l’effort) qui jouerait son répertoire sans prendre en compte le public. Malgré cela, le spectacle paraît un peu trop lisse dès que Coltman joue ses titres phares (On my hands, actuellement matraqué sur les ondes)… C’est à lier probablement au public assez peu réactif / fatigué.

Un très beau spectacle, où la progression de programmation était très agréable, tout autant que l’after-show…