Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

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SOIREE SAUVAGE RECORDS @ Scopitone

In des concerts... on janvier 23, 2010 at 1:15

Setliste The Limes @ Scopitone

On l’aurait rêvé, ça n’aurait pas forcément été possible… The Limes, Please ! Don’t Blame Mexico et Maison Neuve dans une même soirée, c’est rare et c’est précieux, comme lorsqu’on vous offre un bijou.

Ouverture de l’écrin avec probablement le groupe le plus touchant de la bande. Parce qu’il est notre « super groupe » à la française. Les citrons verts se produisent sans leurs copains américains et ils en sont tout émus. Pauline aka Mina Tindle a encore pris en assurance au chant, on apprend entre deux chuchotis qu’elle travaille à son album solo, ça risque de promettre. L’ami David aka Toy Fight n’a rien perdu de son accent anglais à la française. Et je mets enfin un visage sur Orouni,à la guitare. Jean Thévenin aka The Rodeo / Toy Fight / et tout un tas de groupes chouette s’empare des baguettes en arrière-plan à la batterie, Hullo ajoute son saxophone au joyeux ensemble et c’est part pour la ballade franco-américaine version allégée. Ils nous font même le plaisir de nous offrir des titres inédits. Excellente entrée en matière, on crève d’envie d’un Mojito pour faire durer le plaisir.

Please ! Don’t Blame Mexico est le velours du label : soyeux mais d’un rouge venin qui cache bien des surprises. Maxime Chamoux aka Toy Fight (oh tiens, vous avez déjà lu ce nom de groupe ;) ?) a toujours autant de difficultés avec ses transpositions (à force de nous prévenir à chaque concert, on commence à trouver cela sympa qu’il reprenne un morceau de zéro, finalement, ça fait durer le plaisir). Ses trois collègues font cracher le chaud et le froid à leurs instruments : de la douce mélodie pop, on passe rapidement aux accents rock, le tout entrecoupé de passages plus sud-américains. Un titre « en solo au piano en honneur à Mozart » fait aussi partie des facéties de Please ! Don’t Blame Mexico, qui se boit comme du petit lait.

Enfin, l’audace et goût du risque indispensable à toute personne qui ose offrir un ornement est incarné par Maison Neuve qui met tout son cynisme et sa maladresse désinvolte au service de la musique. Cousin lointain de La Maison Tellier, ils aiment à triturer les mélodies folk et western spaghetti et provoquer nos oreilles de chants pas toujours justes. Mais lorsqu’ils affirment que leur musique vient du cœur, c’est on ne peut plus juste et, mieux, cela va droit dedans. Touché au cœur par ce rock efficace agrémenté de parties de saxoqui vous transportent loin.

Un anneau doté de trois pierres ce soir là… Le joyau de la soirée, c’est Sauvage Records, ce label indépendant, tout petit mais doté d’une forte personnalité en la tête pensante de Stéphane Buron, orfèvre qu’on ne remerciera jamais assez de prendre le relais pour croire qu’une scène parisienne folk-rock a du talent.

AUFGANG @ Café de la Danse : vous montez ?

In des concerts... on novembre 20, 2009 at 4:25

Trio libano-hispano-parisien / Electro-piano / 19/11/2009

Salle comble pour le premier concert d’Aufgang à Paris depuis la sortie de leur premier album. Précédés d’une premier partie présentant le travail électronique de Rone allié aux improvisations de Gaspard Claus au violoncelle, la soirée fut telle qu’on l’attendait : exceptionnelle.

Rone et Gaspard Claus

Rone fait partie de ces artistes discrets mais doués qu’on peut dénicher à Paris. Il est rare de voir un électronicien porter des petites besicles rondes, ça lui donne un côté gamin en décalage complet avec ce qu’il est capable de faire cracher à ses machines. Il livre des nappes d’electro minimale qui, si elles étaient un peu trop douces au départ pour une première partie d’Aufgang, ont pris progressivement de l’ampleur jusqu’à une intensité telle que le public en a redemandé. Gaspard Claus pendant ce temps là improvise quasiment en permanence des partitions de violoncelle un peu barrées, rappelant Erik Satie ou les partitions texturées de Kaija Saariaho. La prestation manque de temps pour pouvoir dévoiler toutes ses subtilités mais il y a indéniablement quelque chose à creuser.

Court entracte, excitation et papillons dans le creux du ventre. Contrairement à leur prestation en mai dernier à la Cité de la Musique où les pianos étaient tête-bêche et où le batteur tournait le dos au public (cf. la vidéo de Grandcrew), la configuration adoptée ce soir prend plus de place. Aymeric Westrich et sa batterie sont le personnage principal de l’histoire, les machines sont dissimulées sur le côté. Les pianistes et leurs mastodontes sont de trois-quart de part et d’autre du batteur. On repense à Battles qui place également la batterie au centre de l’attention du public. L’avantage de la configuration de la Cité de la Musique créait plus de complicité entre les deux pianistes. Là, ils vont devoir livrer chacun un combat contre leur bel animal. Oubliez le polish et les honneurs habituellement rendus aux pianistes dès qu’ils mettent un pied sur scène. Ici les pianos sont poussiéreux, les pianistes n’ont pas de queue de pie et les mouvements de bras et de jambes ne sont pas sanctionnés, au contraire.

Si d’ordinaire le public n’apprécie guère d’assister à un concert où les titres suivent rigoureusement l’ordre du disque, la donne est un peu différente pour ce groupe. L’album d’Aufgang comporte une progression en trois mouvements qu’il est indispensable de respecter pour comprendre l’objet de la musique de ce trio peu banal. Retroussement de manches, grande inspiration, regards complices et c’est parti pour une bataille d’une heure.

Channel 7 plonge les spectateurs dans l’univers batterie-piano en un temps record. On entend jusqu’aux déclics des appareils photos, la tension est déjà palpable. Dociles, les 250 kilos de bois et cordes se laissent manipuler et guider par la batterie vers des musicalités rappelant Detroit. Dès Barock, le système de résistance aux conventions s’enclenche. Tout va pour le mieux pendant les trente premières secondes où les partitions s’apparentent à de la bonne musique de chambre du XVIIIe siècle. Mais ensuite, la batterie et les nappes discrètes se font plus insistantes et prennent la direction des choses. Pris en otages, les pianos sont réduits à l’état d’instruments parallèles, un rôle d’accompagnement par la répétition de motifs hypnotiques. Le tout est terriblement entraînant, le public commence à dodeliner de la tête pour suivre les circonvolutions des mélodies captivantes. Enfin surgit Sonar, titre phare qui les a fait connaître (au festival barcelonais du même nom), dans une version nettement plus travaillée. Les mélopées parasites faites de bidouillages sonores envahissent peu à peu le morceau. Rami répète toutes les boucles deux fois plus que dans la version originale, Francesco insère des motifs en quart de ton. Aymeric reste plus concentré que jamais et est simultanément très à l’écoute de ses acolytes. L’équivalent vestimentaire de ce morceau pourrait s’apparenter à une robe en dentelle de Bruxelles (pour les incultes : dès le 16e siècle, Bruxelles produisait une superbe dentelle aux fuseaux en non-continu, c’est-à-dire dont les motifs étaient faits séparément puis joints par un réseau. Cette dentelle se caractérisait par le travail en relief autour des pétales, feuilles et autres motifs). Les corps sont déployés, les musculatures s’expriment, le trio est maître du jeu.

Soumission - Aufgang

Interlude où Rami Khalifé prend la parole. Lui qui est pourtant le plus timide rend compte de son émotion de voir la salle pleine, de présenter le fruit d’un travail de cinq ans devant un public très attentif. Les deux pianistes échangent leurs postes, histoire de montrer aux instruments vernis noir qui commande. Francesco et Rami offrent Prélude du passé à Aymeric. Lui reste tête baissé, on s’attend même à ce qu’il remonte les jambes contre son torse, comme un fœtus. Morceau mélancolique dédié à l’un de ses amis chers (cf. l’interview rocambolesque), il se recueille avant d’emboiter le pas au duo pour parfaire des sonorités qui viennent triturer votre cœur de rythmiques enjouées comme peut être la Vie : des coups durs parsemés de bonheurs intenses de courte durée. Good Generation inverse définitivement la balance, on entre dans ce troisième mouvement où les pianos se retrouvent un peu plus asservis chaque minute jouée. Machine à jouer subordonnées à la musique amplifiée, eux les nobles pianos ? C’est dans 3 Vitesses que le bras de fer saute aux oreilles puis aux yeux. Il y a certes trois humains sur scène mais c’est comme si chaque corde, chaque cymbale, chaque bit prenait vie. Le piano est ici un instrument qu’on laisse vivre et s’exprimer à sa guise, il tousse, il rouspète et s’énerve. Francesco et Rami résistent de tout leur corps (en témoignent leurs chemises littéralement trempées), ils se lèvent, se ruent sur les pédales, font le grand écart entre les octaves. Enfin survient l’apothéose, la Soumission. Les claviers tiennent à reprendre l’avantage et le font savoir. Francesco Tristano et Rami Khalifé tentent de les contenir, et ils ne se contentent pas de s’occuper de leurs touches d’ivoires. Non, ils l’encombrent de partitions éparpillées, ils grattent les cordes, ils bidouillent les tables d’harmonies, ils caressent le bois, ils triturent les marteaux et les feutres en prennent pour leur matricule. Les trois corps des musiciens se voûtent, les instruments leur obéissent mais semblent répondre d’un impératif supérieur. Chaque note, chaque sonorité s’expriment pleinement. Sous des allures déconstruites, on retrouve bien une rigueur implacable.

Fin. Applaudissements. Salut. Le trio semble exténué mais revient pour un ultime morceau en guise de rappel. Très belle soirée où Rone et Gaspard Claus servaient de marchepied à l’envolée de marches que nous a fait gravir le trio d’Aufgang avec élégance et modestie.

Note : 9,5/10

Setliste :
Channel 7
Barock
Sonar
Prélude du Passé
Good Generation
3 Vitesses
Soumission

Crédits photos : Michaurel

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COUGAR @ Batofar

In des concerts... on octobre 8, 2009 at 4:30

Quintet américain / Post-rock – Eletro /  07/10/2009

Scooter : une soudaine pluie de mousson s’infiltre dans mon manteau, ruisselle dans ma nuque, transforme mes chaussures en vases… Je suis plus prêt de la maison que de la salle, je peux encore faire demi-tour. Allez, trempée pour trempée, autant voir la version live d’un des meilleurs disques de l’année.

La scène accueille de justesse les cinq jeans/tee-shirt/casquettes et leurs instruments : trois guitares, une basse, une contrebasse, une batterie, un synthé et des bidouilles technologiques… et une magnifique peluche du félin, qui veille sur l’ensemble. La salle est à l’image du groupe : sage et trentenaire, à lunettes et prête à dodeliner de la tête sur les morceaux. C’est la première en France de Cougar qui vient livrer ses nouveaux titres issus de Patriot. Et pour une première, hormis le fait que le public se soit découragé du fait de la pluie, c’est un sans faute.

La setliste fait honneur au nouvel opus, tous les titres que nous attendions (Florida Logic, Rhinelander, Endings) sont d’un niveau remarquable. Les guitares grondent, le batteur affiche un visage si concentré qu’il en abime sa caisse-claire, chacun est à la fois focalisé uniquement sur l’exécution des morceaux et à l’écoute des autres membres du groupe, il s’en dégage une souplesse de jeu et une atmosphère grisante. Seule Thundersnow n’est pas aussi époustouflante que ce à quoi on s’attendait. On pourrait aussi reprocher l’enchaînement de titres très doux qui auraient peut-être mieux laissé le concert respirer s’ils avaient été entrecoupés de morceaux plus dynamiques.

Fin du concert, un titre pour le rappel, joué en trio, le batteur et l’électronicien semblent avoir trop donné de leurs personnes pour revenir jouer. Ce groupe est parvenu à détendre un public crispé (par le froid, le stress de la vie…) en jouant de la musique plutôt dynamique. Encore sur un petit nuage, on se fait mettre dehors par des vigiles un peu brusques. Dehors tout est calme, la pluie s’est arrêtée et l’on rentre apaisé, la tête pleine d’images de plaines désertiques et sauvages, où le soleil de plomb vous brûle la nuque et où parfois, se profile un cougar à l’horizon. Animal souple et distingué, on ne peut que le prendre en affection tout en redoutant qu’il approche trop près. Voilà un groupe qui au moins porte très bien son nom.

Cougar se révèle un groupe de qualité à part entière, atteignant les plus nobles rangs, sur disque comme sur scène. Ca valait bien la peine d’avoir les fringues moites !

Note : 8 ,5/10

Setliste Cougar @ Batofar

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Crédits photos Michaurel

NOAH AND THE WHALE @ Café de la Danse

In des concerts... on septembre 28, 2009 at 2:32

Quartet britannique / Pop-rock / 18/09/2009

Précédés d’une première partie un peu décevante, le quartet masculin de Noah and the Whale a transporté le Café de la Danse et est probablement reparti avec un bout de nos cœurs…

Le duo Blue Roses et sa pop gentillette avait ouvert la soirée et manquer de nous mettre de mauvaise humeur pour le restant du spectacle. Seul leur dernier morceau constituait une base très intéressante pour pouvoir construire un morceau intéressant. Ce dont aurait justement été capable Noah and the Whale.

Chaleur assez étouffante,  la salle est un peu amorphe. Charlie Fink prend place avec ses acolytes et transforme l’atmosphère en un instant. Et pourtant, on les attendait au tournant, sans les cœurs féminins, la testostérone braillant sa douleur amoureuse… Que neni, parcours sans faute avec alternance du premier et second disque. Le violon se fait juste ce qu’il faut de plaintif, les guitaristes glissent quelques blagues british timidement et font immédiatement fondre les cœurs, le batteur a un sourire qui semble vissé aux lèvres. Bref, ils sont jeunes, ils sont mimi tout pleins, ils sont heureux de jouer et leur musique est si impeccable qu’on se demande parfois s’il n’y a pas un trucage…

On ne peut que souligner leur talent et bonne idée d’avoir en quelque sorte remasterisé Shape of my Heart en version très électrique et transformé 2 atoms in a molécule en 2 bodys and one heart. Plus le spectacle avance, plus les élans jazz et les parties ressemblant à de l’improvisation sont prononcés sont prononcés.

Noah and the Whale confirme son talent musical et sa forte attirance pour les univers cinématographiques, le groupe aurait pu souffrir d’un abandon des touches féminines, mais c’est bien l’inverse auquel on assiste : un groupe de plus en plus sûr de lui, capable d’asseoir un univers très personnel, terriblement émouvant et incroyablement délicat. L’amour et ses issues heureuses et malheureuses, c’est franchement génial sans les gros sabots !

Note : 8,5/10

Chronique du premier disque Peacefull the World Lays Me Down

Chronique du second disque The First Day Of Spring

Set-liste :

Give a little love

Blue Skies

Shape of my Heart

Love of an Orchestra

My Brocken Heart

Our Window

2 atoms in a molécule

5 Years Time

Rocks and Daggers

Stranger

Hold my hand as I’m lowered

My door is always open

The First Day Day Of Spring

Jocasta

My Brocken Heart (acoustic version)

TOY FIGHT @ Point FMR

In des concerts... on mai 20, 2009 at 9:06

Groupe parisien / Pop-folk / 19/05/2009

Après avoir chroniqué l’album et avoir mené laborieusement une interview des Toy Fight, il ne restait plus qu’à tirer quelques conclusions d’une prestation scénique. Deux Live report en une chronique : retour sur les concerts de la Maroquinerie (14/05) et du Point Ephémère (19/05).

© Michaurel

Il y avait seulement cinq jours d’écart entre les deux concerts et pourtant, les progrès étaient déjà réels. Ils disposaient au Point FMR d’un peu plus de temps que dans le cadre des Inrocks Indie Club (cf. les playlist de 9 et 11 titres). La rigueur et la maîtrise générale a mis un terme à des arrangements encore parfois hasardeux (mais terriblement touchants) sans pour autant faire perdre leur fraîcheur aux six parisiens. Car c’est bien tout le charme de ce groupe : partis pour ne plus revenir en 2006, on les a retrouvé in-extrémis en 2009 avec la même fébrilité que lorsqu’on tombe par hasard sur de vieux amis. On est happé en un rien de temps par leur bonne humeur et leur spontanéité, à l’image des mélodies qu’ils construisent, perpétuelle valse d’instrument. Soulignons à ce propos le talent de Jean Thévenin, aussi à l’aise à la batterie, au clavier, à l’accordéon, aux claves, voire à la clarinette ! La douce voix (un peu nerveuse) de Mina Tindle apporte la touche féminine qui parfait l’ensemble.

© Michaurel

Lorsqu’on évoque une scène folk parisienne, on devrait immédiatement penser à des groupes comme Syd Matters ou Los Chicros, il est temps que Toy Fight les rejoigne.

Note : 8/10

 

Setliste à la Maroquinerie (16/05) et au Point FMR (19/05)

Setliste à la Maroquinerie (16/05) et au Point FMR (19/05)

THE NOISETTES @ La Boule Noire

In des concerts... on avril 29, 2009 at 8:31

Pop / Groupe anglais / 23/04/2009

La grosse machinerie anglaise attendue au virage… D’un trio prometteur qui savait se démarquer de la pop abrutissante venue d’Angleterre, on sentait que le vent avait tourné dans le second opus des Noisettes (cf. chronique du disque). Des attentes en partie satisfaites.

A la tête des Noisettes il y a une sirène noire, Shingai Shoniwa, belle plante branchée sur 2000 volts. Sans elle ce groupe ne serait rien, le problème c’est qu’elle le sait un peu trop. Elle délaisse son instrument pour ne se consacrer qu’au chant, aux chorégraphies minutées et à la gesticulation pseudo-naturelle. La Dame ira même s’accrocher aux rampes de spots… Un peu mégalo, elle aime se faire prier par ses choristes, siffler, fendre la foule, jouer de tous ses charmes. Un spectacle minuté ne laissant pas une seule opportunité à l’improvisation et la spontanéité. Si j’avais rédigé cette chronique à chaud, dix minutes après le show, mes conclusions seraient quelque peu différentes car Shingai Shoniwa reste vraiment envoûtante.

 

La setliste chronométrée du soir, pas une minute de plus...

La setliste chronométrée du soir, pas une minute de plus...

Pourtant, The Noisettes risque définitivement d’avoir perdu sa place parmi les bons groupes de pop. Il n’y a qu’à jeter un œil à la setliste pour se rendre compte que les titres du premier album sont bien meilleurs. Ce second opus est mou et toutes les gesticulations du monde n’en rendront pas les rythmes plus dynamiques…

 

Note : 7/10

 

 

 

 

 

 

 

Un mot sur la première partie :

THE RODEO vaut le coup d’œil et d’oreille. Jeune dame du sud des USA, sa voix chaude et rocailleuse rappelle My Brightest Diamond ou Phoebe Kildeer (dont elle a d’ailleurs assuré les premières parties). Ses ballades folk sont simples et amusantes. Son air mutin révèle son amour de la scène. La présence de Jean Thévenin, batteur de trop nombreux groupes parisiens (à commencer par Toy Fight et Tahiti Boy), ajoute une touche foutraque à l’univers de The Rodeo. Une première partie trop courte pour permettre d’apprécier pleinement ses capacités, à suivre !

Crédits photos : Michaurel

THE NOTWIST @ Trabendo

In des concerts... on avril 6, 2009 at 2:55

Groupe allemand / Rock – Electro / 05/04/2009

Après que le trio Saroos a assuré une excellente première partie, les cinq allemands de The Notwist ont honoré le spectacle qu’ils avaient annulé en décembre dernier. Assurément l’un des meilleurs concerts de l’année.

Il y a plusieurs choses fascinantes dans The Notwist. D’abord leur grande capacité de renouvellement musical. Ingénieux, créatifs et appliqués, ces allemands ont réussi à éviter l’écueil d’un Radiohead ou d’un Flamming Lips : savoir dépasser ce qu’on considérait déjà comme un chef d’œuvre. Après Kid A point de Salut pour Radiohead (je vais encore me faire des amis moi…), mais après Neon Golden (2002), The Notwist nous a scotché avec The Devil, You + Me (2008). Alors sur scène forcément, c’est aussi génial. Ils ne sont que cinq mais leurs instrumentations ont la complexité d’un orchestre, ils évoluent entre leurs différents instruments (claviers, guitare, basse, voix…) avec une habilité déconcertante. Et si le batteur ne quitte pas son poste, sa batterie semble être un prolongement de son bras… Et surtout il y a cette fantastique réinterprétation de l’utilité de la console de jeux la plus familialo-ringarde : la Wii. Qui aurait cru qu’on pourrait un jour magnifié cet outil de la sorte ? Martin Gretschmann crée des accompagnements électro en direct à l’aide de 2 remote à ses poignets, durant deux heures le public fasciné du Trabendo a pu observer, médusé, un homme grand et filiforme semblant faire des incantations en gesticulant les bras.

Air du temps qui change ou public averti, plus de la moitié des présents portaient des filtres audio pour mieux apprécier le spectacle. Et ce n’était pas de trop pour pouvoir profiter des simili-improvisations permanentes sur chaque titre. Rien à voir avec les disques, ici les titres sont réinterprétés en permanence. A noter ce merveilleux edit de plus de vingt minutes de Pilot qui a évolué en électro minimale avant de revenir à du rock. Vous aviez oublié qu’ils sont allemands ? Voilà qui est réparé !

Ces gens là ne sont pas de notre planète, il y a bien quelque chose de rageant et de démoniaque dans cette électro-folk triste, une fureur rentrée qui rappelle leur passé punk (comme l’indique encore leur myspace d’ailleurs). Et pour couronner le tout, comme si nous n’en avions pas pris assez pour notre grade, The Notwist s’est payé de luxe de faire un rappel de quarante minutes.

La perfection au delà de la perfection, ça existe presque, du moins est-on tenté de le penser avec ce groupe… Qu’ajouter à cela sinon qu’il faut vous précipiter sur la prochaine vente de billets ?

Note : 9,5/10 (je ne peux pas mettre 10 car les éclairages faisaient un peu mal au crâne, mais à part cela…)

Crédits photo : Michaurel

Set-liste :

Boneless

Pick Up The Phone

Where In this world

This room

Puzzle

Sleep

On Planet Off

Gloomy Planets

Neon Golden

Pilot

Gravity

The Devil, You + Me

Good Live

Chemicals

One With the Freaks

PETER BJORN AND JOHN – Living Thing

In des disques... on mars 22, 2009 at 9:53

Groupe suédois / pop – rock / Wichita-Coop-Pias

La machine à tubes est de retour ! Alors que tout le monde a encore en tête Young Folks, qui est régulièrement remixé (celui de Diplo est d’ailleurs très plaisant), le trio suédois ne s’arrêtent pas en si bon chemin et signent un quatrième album toujours aussi dansant.

Sonorités glaciales, rythmique de batterie ultra-basique, guitare aux lignes simples et évidemment ces voix qui enchantent nos oreilles à chaque fois… la même chose qu’à l’accoutumée est-on tenté de penser, sauf que curieusement, c’est très différent.

Les mélodies regorgent de petites trouvailles toutes plus délicieuses les unes que les autres : jeux de respiration saccadée, utilisation raisonnée du vocodeur, claps, boucles très courtes de piano, échos métalliques, agitation de plaques de plexiglas… Les textes sont tout sauf niaiseux, comme dans Lay It Down, où la mélodie pop-sucrée ne laisse pas penser que les textes sont si piquants : « Hey shut the fuck up boy, your’re starting to piss me off, take your hands off that girl, you’ve already had enough ». Ou très drôles dans Picasso lorsque la narration prend la point de vue d’un tableau de Picasso s’ennuyant sur le mur du Musée de Barcelone et ayant besoin d’affection…

The Feeling et Nothing to worry about sont déjà calibrés pour les dancefloors de la planète, prêts à être réappropriés par les djs du monde entier… à la maison ou dehors, vous n’avez pas fini d’entendre Peter Bjorn and John, qui s’imposent en douceur comme des références incontournables de l’eletro-pop.

Note : 8/10

(Cette chronique est la centième…)

NAIVE NEW BEATERS @ La Maroquinerie

In des concerts... on janvier 24, 2009 at 12:40

Electro- hip-hop / trio français / 22/01/2009

Salle comble pour le jeune trio aussi américain que je suis suédoise. Après avoir découvert ces loustics loufoques pendant les Transmusicales de Rennes, j’avais hâte de découvrir ce que pouvait donner leurs concerts.

Déjantés. Voilà la première impression qu’ils m’avaient donné lors de leur interview… Fringues ringardo-70’s (tricots et paillettes), fond de scène avec des miroirs (« qui nous a coûté une blinde à rapporter des states »), machine à fumée… Sur scène ils sont tout aussi fantasques, mais semblent s’en tenir à ligne de conduite bien définie. Les blagues semblent un peu préparées, les dérapages un peu calculés…

Côté zique, le mélange de l’électro au gros flow hip-hop fait toujours autant recette sur leurs titres phares LA et Bang Bang. Le reste est super dynamique, ultra-dansant, frais… mais pas très original, à vrai dire tous les titres se confondent un peu.

Après 3 rappels (« on vous en fait un 3e car le billet coûtait plus cher que celui pour la Boule Noire ») et deux heures de show, l’euphorie ne retombe pas, on rentre chez soi à reculons. Une excellente soirée, qui équivalait à 2h de sport (pourquoi payer un abonnement à une salle de sport ?), même si une fois la tornade passée, on s’aperçoit que ça n’a rien de fantastique… le principe même d’un bon buzz.

Note : 8/10

 

La Setliste du chanteur et ses antisèches pour les blagues à faire... pas très spontané tout ça !

La Setliste du chanteur et ses antisèches pour les blagues à faire... pas très spontané tout ça !

 

 

HOLLYWOOD MON AMOUR @ L’Européen

In des concerts... on janvier 23, 2009 at 11:34

Pop-rock / Reprises de grandes B.O des films des 80’s / 21/01/2009

© Michaurel

© Michaurel

Après avoir revisité la New Wave avec le projet Nouvelle Vague (qu’il continue d’ailleurs puisque le 3e album sortira cette année), Marc Collin s’attaque aux grands classiques pop-rock des films 80’s restés cultes : James Bond (For your eyes only, It ‘s wrong for me to love you), Top Gun (Take my breath away), Cat People (David Bowie), Purple Rain (When doves cry de Prince)… et même La Boum (Reality).

Mis à part le fait qu’il faille rester assis pour écouter tous les standards interprêtés par Katrine Ottosen (beauté froide, très grande, venue du Danemark dont les poses sur scènes sont des gravures de mode) et Dea Li (chanteuse ibérique de pop bas de gamme qui s’en sort bien mieux ici). Les reprises sont assez variées et curieusement, une fois épurée, sont parfois plus intéressantes que les morceaux originaux : Hero de Mariah Carey, normalement irritant, est présenté ici dans une version moins mélo et avec une orchestration plus tonique. Les musiciens (5) jouent très bien, ce qui n’est pas le cas des chanteuses qui en font beaucoup trop une fois sur deux mais semblent prendre néanmoins du plaisir. Le jeu de lumières très bien maîtrisé permet néanmoins de rattraper le tout. Le rappel avec Gostbusters est assez déjanté… même si on préfère l’original.

La setliste, avec fautes d'orthographe, c'est toujours plus classe...

La setliste, avec fautes d'orthographe, c'est toujours plus classe...

Je reste donc sur une impression mitigée pendant les ¾ du spectacle jusqu’à l’arrivée de Skye pour 3 titres. Là, on reste simplement subjugué : la voix de Morcheeba enveloppe les tubes de Blondie (Call me – American Gigolo) ou David Bowie (This is not America – The falcon and the Snowman) dans des versions plus bluesy. Tout dépend donc de l’interprète…

Autre problème, si l’idée de faire des reprises en révisant chaque époque et genre musical peut paraître intéressante, on prend quand même un coup de vieux (la moitié des titres ne me touchent pas donc à l’inverse, je me sens jeune et je ne dois pas être le public visé) et ça perpétue un peu l’idée du rock « c‘était mieux avant » qui est tout de même assez horripilante (et qui explique pourquoi Rock n’Folk adore ces projets).

 

Note : 7,5 /10 sauvé par Skye