Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

Articles avec le tag ‘Vampire Weekend’

VAMPIRE WEEKEND – Contra

In des disques... on janvier 11, 2010 at 9:41

Groupe américain / Pop – afrobeat blanc / XL Recording

Après un premier album aux influences fortement afrobeat et un projet parallèle tout aussi teinté de culture africaine (cf. The Very Best), Vampire Weekend remet ça avec Contra, un opus qui s’essaye à l’electro-afro.

Le premier disque de Vampire Weekend avait ravi les critiques car il était amusant, touchant et novateur. On revivait régulièrement notre rêve du Roi Lion, se trémoussant au milieu de la savane avec des animaux sauvages. Contra part donc avec un fort a-priori positif (malgré des prestations scéniques presque insultantes de médiocrité). Et surtout il est à la hauteur des attentes qu’on avait placé en lui.

Contra est un disque aux rythmes afro-caribéens beaucoup plus rapides, truffé de surprises electro-pop qui agissent comme de véritables stimulateurs de bonne humeur. Si Run ou White Sky s’inscrivent dans la droite lignée du premier album, le reste est plutôt novateur : Giving up the Guns et ses accords rock enjolivés de chant pop-sucrée vous collent une irrépressible envie d’entamer un solo de danse au milieu d’une gare bondée ; Holiday, comme son nom l’indique, vous replonge dans vos meilleurs souvenirs de vacances au soleil alors que vous affrontez une tempête de neige ; Cousins s’essaye même aux groupes de rock à la New Order. Des morceaux plus doux, voire mélancoliques sont aussi présents (I think you are a Contra, Taxi Cab), ce qui ne retire rien au charme de l’ensemble, agissant comme des respirations dans cet afflux de trémoussements dans tous les sens.

Nul doute que Contra va fournir beaucoup de matière aux DJs sur les dancefloordes mois à venir. Cet opus reste bourré d’influences afrobeat mais est beaucoup plus travaillé ce qui le rend nettement plus intéressant (car ça devenait un peu pénible la case obligatoire « afro »). Le véritable défi sera de se renouveler complètement pour un troisième disque, l’avenir nous le dira !

N.B : Attention Vampire Weekend peut provoquer des effets indésirables, comme chez PlaylistSociety

What’s up pour 2010 ?

In des disques... on janvier 3, 2010 at 9:25

D.R.

Après avoir fait le bilan de l’année et le bilan de la décennie, il est temps de regarder ce que nous réserve l’année à venir.

Les disques qui font un peu saliver :

Menomena : Ramona Falls n’est qu’un side project, Ramona Falls n’est qu’un side project, Ramona Falls n’est qu’un side project…

Final FantasyHeartland : leur seul défaut a toujours été d’avoir un nom de jeux vidéos… et de sortir trop peu de disques. D’accord ça fait deux défauts :)

The Strokes : cette fois il parait que c’est pour de vrai, les side projects sont si mauvais qu’il nous faut ce retour…

Hot ChipOne life Stand : quand les binoclards prennent le contrôle du dancefloor…

Les disques attendus :

Midlake - The courage of others : ils ont fait quelques faux pas mais cet album risque de faire pleurer dans les chaumières.

EldiaYayaya (sortie 22 février 2010) : des français qui font de la pop rock correctement, ça existe et je me suis échinée durant 2009 à vous le démontrer. ALors après avoir reçu l’EP qui swingue, je peux déjà affirmer que leur disque sera dans pas mal de platines… Chronique imminente !

My Girlfriend is Better than Yours : après l’EP et le concert, il faut boucler la boucle de ce projet mignon tout plein !

Of MontrealFalse Priest : comme d’habitude, ça promet !

Born RuffiansSay ItBand of HorsesNight RainbowsFleet Foxes ; Four TetThere is love in you ; The National ; Vampire WeekendContra ; YeasayerOdd Blood ; Syd MattersMina Tindle ; Gush

Les disques dont on se fiche un peu :

Cat Power : arrête de pleurer Pénélope, on a trouvé d’autres filles avec ta voix (cf. Marie Flore)

Arcade Fire : leur dernier disque était mauvais, le nouveau peu-il être pire ?

Interpol : Stop ! les come-backs ne sont jamais bons ! (enfin j’écouterai quand même, juste pour rire, hahaha)

MgmtCongratulations : Revus à Rock en Seine, les pauvres jeunes sont bons pour retourner travailler… ils auraient dû suivre l’exemple des Yeasayer !

2000 – 2009, manuel des années 2000 à l’usage des vieux et des plus jeunes

In Ce qui m'amuse, des disques... on janvier 1, 2010 at 3:30

2000 – 2009, manuel des années 2000 à l’usage des vieux et des plus jeunes

Allez c’est parti, nous allons décompter ensemble de 9 à 0 en honneur à la première décennie d’un nouveau millénaire.  Les plus jeunes pourront y trouver quelques éléments de culture qui leur aurait échappé parce qu’ils ont le nez dedans et ne peuvent pas se souvenir de ce qu’était la vie sans mp3. Les plus vieux pourront se remettre à la page question vocabulaire et arrêté de penser que c’était forcément « mieux avant ».

9 concerts… ou presque (c’était parfois trop difficile de trancher alors j’en ai indiqué 2)

2000 : Herman Düne + At the Drive In + De la Soul + Simian @ Transmusicales – Rennes

2001 : Starsailor @ La Maroquinerie & Tool @ Zenith

2002 : Interpol @ Route du Rock

2003 : David Bowie + The Dandy Warhols @ Bercy

2004 : Air + Sébastien Tellier @ Zenith

2005 : Lou Reed @ Grand Rex & The Strokes @ Trabendo

2006 : TV on the Radio @ Rock en Seine & Battles @ Sous la Plage

2007 : Acoustic Ladyland @ Nouveau Casino & Art Brut @ Maison de la Radio

2008 : La Maison Tellier + Syd Matters & Poni Hoax @ EMB – Sannois

2009 : Toy Fight @ Café de la Danse & Turzi + Koudlam @ Elysée Montmartre

8 disques sitôt écoutés, sitôt adoptés

The Strokes – Is this It – 2001

Apparat Organ Quartet – s/t – 2002

Joakim – Fantômes – 2003

Franz Ferdinand – s/t – 2004

Camille – Le fil – 2005

Sébastien Tellier – Sessions – 2006

Caribou – Andorra – 2007

Syd Matters – Gost Days – 2008

Aufgang – s/t – 2009

7 pochettes de disques gravées dans ma mémoire

Thomas Fersen – Pièce montée des grands jours – 2003

Philippe Katerine – Robots après tout – 2005

Of Montreal – Hissing Fauna, are you the destroyer ? – 2007

Chicros – Sour Sick Soul – 2007

Noah and the Whale – Peacefull the world lays me down – 2008

Turzi – B – 2009 (vinyle)

et…

Mauve – Kitchen love – 2008 :)

6 horreurs dont on se serait passé

Les Star Ac’ et tout ce qui va avec (les shows, les sous-artistes…)

U2 (sa vie son œuvre…)

La pochette d’Animal Collective – Strawberry Jam – 2005 (Il existe malheureusement des centaines de disques dévalorisés à cause de leur pochette, Animal Collective gagne le pompon…)

La pochette de Metronomy – Night’s out – 2008

Superbus en première partie : il fut une époque où aller à un concert quel qu’il soit (Stéréophonics, Weezer…) ne pouvait pas se faire infliger l’ignoble Superbus en première partie, on se réjouie de ne plus les voir !

Pete Doherty, sa drogue, sa pauvre life et ses Babyshambles : circulez, y’a rien à voir…

5 enrichissements de notre vocabulaire :

  • Téléchargement : terminé le cd et la queue chez le disquaire. A l’aube de la décennie 2010, la Fnac Bastille, unique enseigne dédiée à la musique, vient de mettre la clé sous la porte. La musique se fait numérique. On a tous commencé avec nos « cd gravés », rapidement remplacés par la clé USB, on a tous fréquenté Emule ou Soulseek et on s’est tous équipé de la FreeBox (tout comme l’Oréal parce qu’on le vaut bien, on a free, on a tout compris).
  • Mac : La bataille Mac/pc existait avant les années 2000, mais avec l’utilisation massive d’Internet, devoir updater des mises à jour anti-virus, anti-bug, anti-plantage anti-anti tape sur les nerfs de tout geek qui se respecte. Et donc, logique, on switche. Internet Explorer se fait raccompagner à la frontière pour Firefox et la suprématie iPod, iPhone finit de bouter les derniers reliquats de Macroshit hors de notre univers. Décennie 2010 celle de l’Empire contre-attaque pour Pc (cf. les mini-pc) ?
  • Myspace : avant lorsqu’on parlait de découvertes musicales, on donnait une démo ou on faisait écouter un disque à ses amis. Les années 2000 ont offert un nouveau tic de langage « T’as un Myspace ? / T’as son Myspace ? / Je vais checké son Myspace » En réalité cet outil a toujours été un peu pourri, ramait sévère entre chaque changement de page, sautait entre les titres… Mais le Myspace pour un groupe des années 2000, c’est un peu comme la Rolex en politique, si t’en a pas t’as raté ta vie. Le même raisonnement est valable pour la vidéo et l’apparition de Youtube et Dailymotion comme mot de vocabulaire à part entière. Et pour Wikipédia comme alternative au Petit Robert.
  • Facebook : l’invention du réseau social virtuel qui fonctionne… Chaque jour, chacun s’est créé une nouvelle dépendance en allant discuter, regarder des photos/vidéos, et raconter la moindre miette de ses activités, le tout virtuel bien entendu. Twitter est passé à la vitesse supérieure en ne permettant de s’expriment qu’en 140 caractères. Ainsi, chacun sait tout ce que chacun fait. George Orwell n’avait pas imaginé un Big Brother si puissant…
  • Blog : en terme de lecture, donc de loisirs, avant on avait les abonnements aux magazines, les fanzine voire les webzine. Après 2000, le Blog fait un boum. Chacun veut raconter les choses comme bon lui semble, marre des lignes éditoriales auxquelles il faut se plier, des deadlines à respecter, chacun veut faire comme il veut quand il veut. C’est ainsi que les Blogueurs ont pris une place considérable dans notre panel de lectures. C’est un mouvement tellement nouveau qu’on ne sait toujours pas comment orthographier les choses : bloggeur, blogueur, blogger… ? Au départ les journalistes ont vu ça d’un mauvais œil, les « sans carte » contre les « avec carte » de presse. Puis très vite ils se sont mis à avoir leur propre blog au sein de la rédac ! Tout comme il y a des mauvais magazines, il existe des mauvais blogs, mais la réciproque est aussi vraie :)

4 mots-clés à retenir en matière de tendances musicales (et tous les groupes cités méritent une attention particulière et constituent de ce fait mon Top 2000 – 2009) :

  • Retour : si l’on peut à jamais faire le deuil du R’n’B qui ne produit plus rien d’intéressant depuis les 70’s, le rock a fait son come-back flamboyant parmi les jeunes. On tient souvent pour responsables The White Stripes,  The Libertines et The Strokes qui ont eu le bon goût de (re)faire de la musique de leurs parents en ajoutant une touche contemporaine. Plus nerveux, plus rapides, aux paroles moins molles et plus réalistes et aux mélodies recentrées sur le minimalisme et l’efficacité, on a assisté à plusieurs déferlantes de « groupes en The » : The White Stripes (1999*), The Strokes (2001*), The Libertines (2002*), The Kills (2002*), The Rakes (2005*), The Spinto Band (2005*) ou plus récemment The Dead Weather (2009*). Lesquels se sont vu opposer l’autre tendance des « noms de derrière les fagots »: Phoenix (2000*), Yeah Yeah Yeahs (2002*), Franz Ferdinand (2004*), Clap Your Hand Say Yeah (2005*) ou Artic Monkeys (2006*). L’Electro est l’autre grand courant à bénéficier d’un joli succès. Alors qu’on pensait que les Djs allaient mal vieillir et devenir les ploucs en survêtements bling-bling, non seulement (à quelques mauvais exemples près dont on ne prendra pas la peine de parler ici) les quarantenaires ont encore de la ressource (Etienne de Crécy, Zdar, Alex Gopher…) mais en prime les relèves ont bel et bien assuré. On va d’ailleurs très vite distinguer deux types d’électro : la musique à (j)ouïr et l’électro intello. A la première catégorie les mélodies sitôt écoutées –sitôt dansées – sitôt oubliées à la Ed Banger** (SebastiAn, Justice, Yuksek, Uffie…) s’identifient les plus jeunes en manque de culture musicale et adeptes de la surconsommation en tout genre. Génération mal-être aussi qui achète sans compter et se vide la tête chaque semaine sur des rythmes binaires. A la seconde branche électro on retrouve des mélodies aux pieds beaucoup plus travaillés, de la musique moins accessible de prime abord : Arnaud Rebotini, Yvan SmaggheEllen Allien… De l’électro qu’on peut écouter en se concentrant dans son salon, pas forcément sur un dancefloor.
  • Mélange : La vraie caractéristique des années 2000 est cette beaucoup plus grande mixité des sonorités. La mondialisation et l’accélération vertigineuse des transmissions des données via l’informatique auront véritablement permis l’émergence de mélanges assez inédits. St Germain (2001) et Gotan Project (2002) ouvrent la voie en popularisant l’électro-jazz et l’électro-tango. L’électro-rock suivra rapidement avec des formations comme Cansei de Ser Sexy (2004*), Klaxons (2006*), Boys Noise (2007*), Midnight Juggernauts (2007*) ou Foals (2008*). Métissage qui s’accompagne aussi de mélanges intercontinentaux. Certains groupes de pop ont d’ailleurs créé une tendance consistant à usurper son identité : I’m From Barcelona (2006*) sont suédois, Architecture In Helsinki (2004*) sont australiens ou encore Of Montreal (1997*) sont américains On a vu un renouveau de la soul et de la funk, du jazz tant bien que mal. La dernière tendance (Obamania oblige ?) est à l’afrobeat d’Hémisphère Nord. Ainsi Ezra Koenig semble se spécialiser dans le domaine avec Vampire Weekend (2008*) et The Very Best (2009*). Nombre de groupes de Brooklyn suivent la même tendance (Mgmt, Yeasayer…).
  • Extrême : Dans la prolongation de la veine des Mélanges, certains ont poussé les expériences à leur paroxysme. Distorsions de sons, bidouillages de machines récentes et dinosaures, triturages d’instruments… tous les genres musicaux se font revisiter par des collectifs bien déjantés. La pop borderline d’Of Montreal, les mélodies entêtantes de GUiLLeMoTs (2006*), les textes acides du Klub des 7 (2006*), les expériences appartementales des sœurs Cocorosie (2004*), la dentelles de batterie de Battles (2007*) ou plus récemment le massacre de guitares à la perceuse par GaBlé (2008*) et la désinvolture des supporters de foot sous-tendu de musique classique de Koudlam (2009*) ont apporté une touche de fantaisie dans le paysage musical actuel qui crie à l’uniformisation des goûts et des labels. Ces artistes ont trouvé une parade très intéressante au piratage et ont su évoluer avec leur temps : certes leurs albums sont bons mais c’est surtout sur scène qu’il faut observer ces drôles de trublions. Et ça un concert, c’est une expérience unique, beaucoup plus difficile à pirater :) !
  • Avènement de la musique Nerd : Et oui, le gros boutonneux à lunettes n’est plus répulsif et reclus de la société. C’est devenu un sex-symbol de certains courants musicaux. Dans un premier temps, il y a eu le retour en force du Post-rock, certes pas sur toutes les ondes de radios (qui elles aussi subissent un formatage poussé), mais dans les cercles musicaux, continuer de cracher sur le post-rock aujourd’hui est presque un pêché capital. Si Tortoise (1994*) ou Godspeed You ! Black Emperor (1994*) étaient l’apanage de happy few, le post-rock des années 2000 est bien plus In, le dernier en date étant le splendide travail de Cougar (2007*). Autre courant qui connaît un beau revival nerd, le krautrock. Zombie Zombie (2007*) est l’exemple français le plus délicieux de cette nouvelle tendance où l’on prend plaisir à voir deux passionnés de musique produire des sonorités assez incroyables de machines bizarres. Etienne Jaumet (album solo 2009*) est à la fois l’ami et l’icône. Sur ces traces et tout aussi talentueux, on place beaucoup d’espoirs en Turzi (2006*) qui manie les machines aussi bien que les guitares. Enfin, les années 2000 sonnent la Grand-Messe pour les musiques scandinaves. Une déferlante de pop glacée et musiques planantes.
  1. Suédois (tendance pop) : The Hives (1997*), The International Noise Conspiracy (2000*), Peter Bjorn and John (2002*), Melpo Mene (2004*), Peter Von Poehl (2006*), Lykke Li (2008*), Fever Ray (2009*)…
  2. Islandais (tendance orchestrale) : Gus Gus (1995*), Sigur Ros (1997*),  Bang Gang (1999*),  Mùm (2002), Apparat Organ Quartet (2005*), FM Belfast (2009*)…
  3. Norvégiens (tendance belles finitions) : Röyksopp (2001*), King of Convenience (2001*), The Whitest Boy Alive (2006*)…
  4. Danois (tendance nerveuse) : The Raveonettes (2002*), Efterklang (2004*) Vincent Van Go Go

Voilà, je m’arrête là pour ce tour d’horizon des bouleversements musicaux des années 2000 et j’espère que vous ferez quelques découvertes :)

* : j’ai choisi de prendre en compte l’année du premier album et non de la formation du groupe.

** : J’ai écrit à la Ed Banger, ils ne font pas forcément partie du label mais s’y assimilent (d’accord Pierre Emmanuel :) ?)

3 morts… On sait tous qu’il y a eu plus de décès que ça parmi les musiciens au cours de cette décennie mais j’en ai retenu trois par-dessus tout.

Au début des années 2000, nombre d’anciens rockers passent de l’autre côté et laissent ainsi s’exprimer une nouvelle vague d’artistes (décrite au numéro 4) : Joey (2001) et Dee Dee Ramones (2002, Ramones), Georges Harrison (2001, The Beatles), Joe Strummer (2002, The Clash), John Entwistle (2002, The Who) ou Nina Simone (2003) marquent la fin de la jeunesse de nos parents et nous laissent un peu respirer et voler de nos propres ailes. Le monde de la rétrospective pour les aînés, la scène pour les cadets.

D’une manière générale les morts violentes sont fréquentes dans le milieu du rock, c’est lié à leur mode de vie et ils l’ont bien cherché, pas besoin de s’apitoyer dessus plus que ça. Les trois décès qui m’ont marqué sont plus récents et d’une autre nature, me touchant de ce fait pour des raisons différentes :

  • Esbjörn Svensson s’en est allé en juin 2008, trop jeune et accidentellement (plongée sous-marine). Il lui restait beaucoup à apporter au jazz et ce milieu peine à trouver des successeurs qui sachent s’imposer.
  • Alain Bashung en a terminé du monde des vivants en mars 2009 et si son œuvre n’était pas totalement achevée (et reconnue à juste titre), le choc pour moi est venu du fait qu’il avait exactement l’âge de mon père… Ayant grandi avec mon papa sous les yeux et Bashung dans les oreilles, c’est un bout de mon équilibre naturel qui fichait le camp.
  • Vic Chesnutt enfin a choisi d’en finir à quelques jours d’une nouvelle décennie. Violence d’un choix qui rappelle la pendaison lointaine d’un très jeune Ian Curtis ; refus de continuer d’accepter de vivre dans certaines conditions (non pas matérielles mais psychologiques). Il n’y pas d’acte plus radical que sa propre mise à mort.

2 séparations de groupes mythiques qu’on ne regrettera pas… (ahahah bon débarras)

2000 : RIP Spice Girls & 2009 : NOasis

1 gros coup de vieux pour moi. Alors là vous riez, vous vous dites « ahah, ben comment donc, elle n’a même pas 25 ans et elle parle de coup de vieux. » Eh bien oui, car la décennie 2000- 2010 marque pour moi le passage à l’âge adulte. Je n’étais pas majeure en 2000. Je vivais dans une douce ville de province grise (où le granite qui recouvre le sol et parfois les bâtiments, une ville assortie au ciel pluvieux, j’ai nommé Rennes), j’habitais un appartement et une maison ultra-confortables (mon appartement parisien doit tenir dans ma chambre d’enfant) et j’étais à mille lieues de certaines préoccupations. Quand on est mineur, on peut assumer sans problème d’écouter Aqua, Britney Spears ou les Freestylers. Adulte il faut savoir argumenter pour pouvoir le clamer.  Il y a encore quelques années, dormir 3h par nuit ne me posait pas de problèmes alors que je restais tranquillement à la maison, maintenant que j’aimerais enchaîner les concerts toutes les nuits, je mets 3 jours à me remettre d’un écart au-delà de minuit ! Et par-dessus tout, argument ultime, en 2000 je n’avais pas de lunettes !

0 regret, il ne faut pas jouer les vieux cons, le standing de vie n’a jamais été si confortable même si l’on sait que, pour la première fois dans l’histoire de l’homme, le niveau de vie des générations futures sera inférieur au nôtre. Alors profitons de la vie et consommons de manière raisonnée, n’oublions pas d’aller voter, ne négligeons pas de sortir le nez dehors (aller voir ce qui nous entoure, les cités, les sdf, les rayons de soleil qui parviennent encore jusqu’à nous…) et puis arrêtons de nous plaindre, ce sera pire plus tard J !

Je vous souhaite que 2010 vous apporte autant de bonnes surprises et de joies que possible.

Avec ton mon amour et toute mon affection virtuels que je peux transmettre via les touches d’un clavier, votre dévouée V.

Rock en Seine 2009, un festival qui fait de la peine

In Ce qui m'énerve, des concerts... on septembre 2, 2009 at 2:20

Lorsqu’on évoque le festival Rock en Seine, les premières pensées qui nous viennent à l’esprit sont “le festival qui n’a pas de bol” (cf. annulation deux années de suite des concerts d’Amy Winehouse), puis “le festival où se retrouve tout le gratin de la presse médiocre has-been et conservatrice” (cf. Rock n’ Folk et son inénarable “la musique, c’était mieux avant” et la programmation qui se termine avant minuit pour que les papys puissent aller au dodo avant 23h30), enfin “le festival qui n’est pas loin de chez moi et c’est tant mieux parcequ’au moins on sait qu’on passera de bonnes nuits”. Donc cettte année comme les précédentes, nous avions la chance / l’honneur / le supplice – choisissez le mot qui vous convient le mieux – de voir programmés des groupes tombés dans les annales (ou oubliettes) musicales : Faith No More, The Prodigy ou encore Madness étaient au rendez-vous, pas forcément pour le bonheur de nos oreilles.

Vendredi 29 août : NOasis (copyright Michaurel) et Bloc Party sont dans un bateau…

Alors, je ne m’étendrai pas sur le sujet Oasis, le jus d’orange le plus fade de Manchester qui fait bien d’être enfin retiré de la circulation pour le bien de la planète , auquel on préfèrera Bloc Party, un groupe au rock efficace sans OGM. Ces derniers ont d’ailleurs pris beaucoup de plaisir à cracher sur ceux qui avaient exigé que toutes les têtes d’affiches autres qu’eux soient reléguées sur la seconde scène. Bref, bon débarras, ils ont annoncé une rupture définitive et on espère que ce sera vrai cette fois. Bravo à ceux qui ont rédigé le message d’information sur les écrans géants : il y a avait une splendide faute de grammaire “A la suite d’une altercation au sein du groupe, LE CONCERT D’OASIS EST ANNULE”. Cela dit, que les organisateurs du festival ne viennent pas pleurer, parce qu’il faut être un peu demeuré pour inviter chaque année des groupes “à risque” sans jamais prévoir de plan B. Soulignons d’ailleurs que Madness a vraiment bien assuré le remplacement à l’arrachée. (Note : -10/10)

Bloc Party, j’y reviens comme il se doit, fut sans conteste le groupe le plus intéressant de la soirée. Si leur setliste n’était pas adaptée à un festival (pour une salle de jauge moyenne c’eut été parfait), leur rock catchy, très précis et incisif a su réveiller une soirée mal partie. (Note : 8/10)

Pendant que Bloc Party ou les Yeah Yeah Yeahs étaient relégués au second plan (merci Oasis, même si les Yeah Yeah Yeahs étaient mauvais), Vampire Weekend profitait du soleil couchant et de la Grande Scène pour s’humilier (ou presque). Certes leur album était délicieux, oui leur leader Ezra Koenig a des tas de projets intéressants, le dernier date étant probablement The Very Best, mais les new-yorkais vont devoir apprendre à faire mieux en live pour nous épater. (Note : 5/10)

Terminé, on arrête les dégats pour ce soir là, préférant rester cloîtrés au carré VIP pour se déchaîner sur Guitar Heros.

Samedi 30 août : une déception c’est bien, trois déceptions c’est mieux

Bon avouons le, nous avions un compte à rêgler avec un autre groupe ce soir là, The Horrors qui s’était fait porter pâle pour La Route du Rock, ne nous a pas fait le coup cette fois là (fail la double annulation…). En attendant que ces marmots nous crachent ce qu’ils ont de tripes, on se fait pourrir les oreilles par L’angle Mort, projet Noir Désir/Yann Tiersen on vous laisse imaginer les dégats…Tel un énorme bulldozer, The Horrors, groupe statique s’il en est, se déchaîne des doigts à qui sur son micro, à qui sur la basse… L’évolution vers un style qui leur appartient est lente mais certaine. Beaucoup d’effets de mèches, trop proprets dans leurs slims noirs. Rien qui casse la baraque, on a envie de leur dire 1) qu’ils sont jeunes et donc qu’ils sentent un peu trop fort les références directes à leurs aînés de The Cure ou Jesus and Mary Chain et 2) qu’ils sont vraiment jeunes pour ne pas comprendre que jouer à 19h10 ça ne met vraiment pas leur musique en valeur par rapport à un 1h30 à la RdR… (Note : 6/10)

Je ne m’abaisserai pas à dire ce que je pense de la non-musique de Billy Talent (qui avaient droit à la grande scène, allez y comprendre quelque chose…) et vous ne serez pas étonnés de savoir que The Offspring n’a rien changé à sa formule, ils sont simplement plus vieux, plus gras et la recette ne marche pas. On s’amuse quinze secondes en se remémorant ces fantastiques voyages scolaires en car, les premiers comas éthyliques des “camarades de classes” (car assurément cela ne relevait pas de la catégorie “amis”) ou les premiers émois de ces ados prépubères… Au final un concert où l’on croit entendre un seul titre, so boring, so poussiéreux, allez hop bar VIP. (Note : 5/10)

Mais le pire est à venir. Le gâchis d’un joli petit poulain écossais se produit une demi-heure plus tard. Calvin Harris qui avait produit un si bel album qui parlait tant aux gens Born in the 80′s qu’aux plus vieux qui avaient l’impression d’être à nouveau un peu jeunes, vient de signer son arrêt mort en proposant de l’electrodance putassière dégeulasse. Certes il respecte sa progression d’exploration des différentes époques musicales, mais il y avait certainement mieux à retenir des années 90 que ce gloubi-boulga plus inaudible que de la pop soviétique. A côté l’Eurovision c’est de la super came. En même temps, on se doutait bien qu’il ne fallait plus rien attendre d’un type qui déclare que “ce à quoi [il] pense en ce moment, c’est de faire d’un stade une discothèque géante : être sur la scène d’un stade de foot et jouer d’énorme riffs rave. Fini la minimale ! ” Message reçu, exit le Calvin Harris (Note 3,5/10).

Et survient alors le moment de la soirée revival, ce en quoi Rock en Seine excelle, la résurrection de Faith No More après dix ans de black-out. Et là, force est de constater que, s’il ne s’agit pas du tout de toute la musique que j’aime, les mecs jouent avec leur coeur, leurs tripes et honorent leur public. Certes ils sont un peu vieux et ressemble à des pingouins dans leurs costumes pastels de vendeurs électroménager de chez Conforama. Leur rock-fusion en devient quasi-mystique, ces foules qui ont rarement eu l’occasion de voir Mike Patton en live sont transportées d’un même élan. Fédérateur, professionnel et pas désagréable à l’oreille, ça fait tout de même trois qualités si je ne m’abuse ? (Note : 8/10).

Dernier groupe de la soirée à rayer de la playlist une fois de plus, Birdy Nam Nam livre un show aussi mou du genou qu’insipide et nauséeux. Ce n’est pas faute d’avoir apprécié leur prestation l’an passé au Rock dans tous ses états (Evreux), mais force est de constater qu’avoir quatre singes en rangs d’oignons faisant semblant de bidouiller des sons fait peine à voir et entendre. De la musique de fête foraine ou pour le camping de Palavas… (Note : 4,5/10)

Dimanche 31 août : Un jour viendra où Rock en Seine ressemblera à festival digne de ce nom…

Mus par on ne sait quelle énergie, on s’accroche et on revient pour un troisième jour dans un festival qu’on n’estime de moins en moins au fil des heures. On a bien fait.

Première bonne confirmation, Lilly Wood and the Prick, duo glamour foutraque à la pop simple mais touchante. Costumes lycra à épaulettes de carton, groupe qui assure derrière, pas facile d’ouvrir la petite scène sous un soleil de plomb. Ils s’en sortent bien, ils respirent la joie d’être là – ce qui nous change des blasés britanniques. On apprend avec plaisir qu’un album est en route pour le début 2010. Même topo pour la suivante Hindi Zahra qui défend correctement un mélange orientalo-européen aux influences multiples. Son interview en revanche était parfaitement inintéressante, elle n’a rien à dire la dame… Dommage, un album chez Blue Note pointera le bout de son nez avant la fin de l’année. Et avis aux curieux, elle jouera prochainement à l’EMB-Sannois.

Moment fort de la journée, l’enchaînement du combat des aigles contre les vautours. Eagles Of Death Metal sort l’artillerie lourde : moustaches, boots, cuirs… il ne manquait que les Harley. Leur rock brut de décoffrage réveille l’assistance un peu mollassonne – en témoignent les slams ratés qui finissent dans la poussière. Le set met un peu trop de temps à trouver ses marques mais ils ont la chance de voir Josh Hommes débarquer sur scène à leur secours pour I wanna be in La, juste avant de se faire la malle pour Them Crooked Vultures, son autre projet. Présenté sous l’appellation d’origine non-contrôlée de Petits Pois, TCV était probablement la surprise la moins bien gardée du festival (et eux on savait qu’ils auraient l’intelligence de ne pas annuler une date). Dès les premières secondes on prend du rock plein la vue, notamment du fait de cette batterie lancée à plein régime, rappelant les rouleaux des meilleurs spots de surf. Dave Grohl s’ennuie des Foo Fighters (et nous aussi) mais il démontre qu’il en a toujours dans le ventre. T’en re-veux, y’en a encore semblent clamer ce “super groupe” qui a sérieusement commencé à marquer son territoire dans la cour des grands. Il ne reste plus qu’à vérifier si le projet tient la route sur disque (Note : 8,5/10)

On commençais donc à reprendre espoir en la programmation de cette septième édition du festival, lorsque badaboum, les brooklyniens Mgmt font une monstrueuse erreur de leadership. Ca avait pourtant bien commencé. D’entrée de jeu, ils claquent le beignet de tous leur ados-rateurs venus habillés en néo-hippies car ils arrivent vêtus très sobrement en jean et tee-shirts bien coupés (sauf ce guitariste chevelu qui s’est senti obligé de porter des lunettes sarkozistes et de ne pas avoir de chemise). Leur premier titre est nouveau, ils semblent emportés par l’euphorie des Aigles et des Vautours et livrent un titre abrasif. Malheureusement cela s’arrête là, la suite fait peine à entendre et à voir : ils déblatèrent des banalités qui sonnent faux, jouent comme des automates tout leur répertoire, accélérant le tempo comme pour pouvoir quitter la scène au plus vite. Non seulement ces titres galvaudés ont mal vieilli, mais ce groupe empeste le mépris et la condescendance envers son public (et certes je vous l’accorde, du coup je le leur rend bien…). (Note : 3/10)

Mais rassurez-vous, il y avait pire ce soir là. J’ai nommé Klaxons aka “les jean-foutre qui n’ont pas bossé depuis trois et surfent mal sur leurs acquis” et The Prodigy aka “les types tellement mauvais qu’ils sont en playback”. Si Mgmt n’a pas assuré, Klaxons à côté a creusé sa tombe et tendu la pelle pour se faire achever. Il est incroyable d’entendre des titres aussi mal vieillir, non contents de jouer leur disque quasi-intégralement dans l’ordre, les rares nouveaux titres qu’ils proposent sont si mauvais que même les foules bovines cessent de danser. Prodigy quand à eux, font mal : vieux camés en manque de reconnaissance, ils s’avilissent sur des titres se ressemblant tous note pour note. De punk il ne reste que les tatouages. De brillant il ne reste que les paillettes collées ça et là. Les entertainers n’osent même pas se mêler à la foule (cf. Peaches qui elle n’avait pas hésité à se jeter au milieu du public dans un sans-faute surprenant à la Route du Rock). Le chanteur s’excite sur son micro alors que le sample de voix est terminé : eh oui ces mecs sont en playback, pauvre d’eux… (Note : 2/10 pour avoir eu le courage de monter sur scène)

Et voilà, j’ai fait le tour de la catastrophe ou presque… Reste un détail de taille : ce festival devrait changer de nom car je suis navrée de le rappeler mais oui il existe des gens talentueux en France ; oui il y en a même un certain nombre qui habitent à proximité de la seine : Turzi, Toy Fight, Chicros, Oxmo Puccino, EldiaArch Woodman ou Diving with Andy pour ne citer qu’eux ; et oui je trouve ça lamentable de ne mettre aucun groupe français à l’honneur sur des grandes scènes hormis Sliimy et Birdy Nam Nam. Qui plus est présenter deux groupes français qui n’ont rien ou presque de rock alors qu’on s’appelle Rock en Seine, c’est en-dessous de tout.

Bref, voilà j’en ai terminé… (Note globale 5/10)

Crédits photos : Mikropikol, Le HibOO

N. B. 1 : Maintenant, on peut aussi avoir aimé beaucoup de choses et néanmoins être quelqu’un que j’estime, comme Marien pour Playlist Society :)

N.B. 2 : Attention je ne remet absolument pas en cause l’organisation de ce festival qui est plutôt très bien (même si je pourrais trouver 200 points qui clochent), en particulier avoir confié à Ephélide la gestion des professionnels Médias est une excellente chose, c’était mieux organisé que jamais de ce côté là !

THE VERY BEST – Warm Heart Of Africa

In des disques... on juillet 14, 2009 at 8:10

Collaboration GB-Paris-Malawi / Electro – Indie World / Moshi Moshi – Cooperative Music

L’élection d’Obama a provoqué dans le monde musical un grand retour de l’Afrobeat. En veux-tu en voilà, on nous en glisse partout, notamment dans l’indie de Brooklyn (Vampire Weekend, Animal Collective, Mgmt…). Il faut assurément un soupçon de culot pour intituler son groupe Les meilleurs, mais il faut également beaucoup de courage pour être à la hauteur de son titre et risquer d’être la risée du monde musical et de griller de futures cartouches. Derrière ce titre pompeux se cachent Johan et Etienne aka Radioclit, qui se sont alloués les bons services de Esau Mwamawaya, artiste du Malawi. Si vous avez été bercés par Johnny Cleg dans votre enfance, vous risquez d’apprécier.

Bienvenue dans ce qui ressemble à l’Afrique du Roi Lion à la première écoute : de beaux animaux sauvages, des paysages dépouillés, de gentils autochtones. Comme on ne comprend pas les paroles (en Malawi), on a tout le loisir de se concentrer sur le reste et on est très loin d’une bande-son cul-cul la praline.

Nsokoto opère un décrochement dans l’album, si l’on garde des sonorités et instruments évoquant le continent oublié (Bâtons de pluie, claves, djembés…), les boucles d’électro se font de plus en plus présentes. Parfois de manière ultra-kitsch comme sur Angonde où l’on s’attend à voir une girafe en caoutchouc traverser le salon.

Atout supplémentaire dans ce jeu de cartes hype, les featuring d’amis réputés. J’ai nommé les deux seuls titres en anglais de l’album. Warm Heart Of Africa pourrait être un titre de Vampire Weekend de part les rythmes du morceaux mais surtout la présence d’Ezra Koenig et sa voix d’Afro-américain blanc. De même, la douce M.I.A. ensorcèle la danse de la pluie, l’air en est plus moite ensuite (Rain Dance). Le clin d’œil à Architecture In Helsinki dans Kamphopo enfin achève de rendre l’opus extrêmement bankable.

Des rythmes qui respirent l’hémisphère Sud, des voix chaudes façonnées à l’ombre de canicules étouffantes – qu’elles soient d’Afrique, d’Inde, du métro londonien ou new-yorkais ; lorsqu’on a un été pluvieux, rien de tel pour égayer la maison. Le tout est diablement bien fichu, dansant et très réussi, l’Indie World existe et à un avenir.

Note : 8/10

Sortie le 21 septembre

BILAN MUSICAL 2008

In Ce que j'écoute on décembre 31, 2008 at 11:16

Chaque année c’est la même chose, on regarde la liste des albums écoutés, des concerts vus, des chroniques écrites ou lues… et on se dit que c’est débile de vouloir établir un classement des meilleurs albums de l’année. Et pourtant on ne peut pas s’en empêcher, on recommence…

Alors voilà mes impressions concernant les disques et concerts qui ont été infligés à mes oreilles pendant un an. L’année derrière j’ai décerné trop de médailles, alors cette fois je suis un peu plus stricte. Il n’y aura pas de Top 10, mais 10 coups de cœur, et bien entendu je vais vous expliquer pourquoi.

N.B : Occasion ici est donnée comme chaque année de remercier tous les professionnels de la musique qui me font l’honneur et la faveur de me laisser entrer dans leurs salles et /ou écouter leurs albums. A ceux qui me font aussi confiance pour la personne que je suis. Merci.

MON TOP DISQUES

Metronomy – Nights Out (Because) : mon coup de cœur des Transmusicales 2007. L’album a atterri dans mes mains en mars mais n’est sorti qu’en août. Du talent sur scène, du talent sur disque, un condensé de tubes, trois anglais nonchalants (cf. interview) qui ne se prennent pas au sérieux sauf lorsqu’il s’agit de jouer correctement.

Syd Matters – Gost days (Because) : et dire que j’ai failli les oublier dans mon palmarès ! Lorsqu’on parle de groupe parisien, selon moi cela devrait ressembler à la magnifique folk pop-rock épurée et mélancolique de Jonathan Morali.

Noah and the WhalePeaceful the world lays me down (Young and lost club Records) : la pépite, découverte inattendue au cœur de l’hiver froid et pluvieux de Paris. Sorti en août, estampillé « Pépite » par moi-même trois mois plus tard.

Of Montreal Skeletal Lamping (Polyvinyl) : novateur, on quitte la pop sixties et ses cœurs mielleux pour un panaché d’influence plus contemporaines. Paradoxalement c’est surtout un retour aux sources des premiers albums, on approche la perfection, que va t’il inventer la prochaine fois ?

The Do A mouthful (Cinq 7) : The Do, je les suivais depuis un an lorsque leur album a enfin vu le jour en janvier. Eclectique, drôle et poignant, un premier album de grande qualité qui a connu le succès qu’il méritait (prédit dès mars 2007).

Mgmt – Oracular Spectacular (Columbia) : Brooklyn produit chaque année son lot de jeunes talents. Un EP en 2006 nous avait mis l’eau à la bouche, deux ans plus tard le charme de Mgmt a opéré comme il se doit (sur disque, la scène appelle encore à quelques progrès).

Vampire WeekendVampire Weekend (XL Recordings) : un nom digne d’un film de la Nouvelle Vague, des sonorités largement empruntées à l’afro-beat… Brooklyn a encore frappé et fort. Est-ce en partie grâce à cette mode de la musique sud-africaine qu’un Obama pourra être élu Président des Etats-Unis quelques mois plus tard ?

Hot ChipMade in the Dark (EMI) : Quand l’électro réconcilie nerds coincés et accros du dancefllor… c’est peut-être fait dans le noir, mais c’est loin d’être réalisé à tâtons !

Grampall Jookabox Ropechain (Asthmatic Kitty records) : voilà la découverte qu’on a vu venir de nulle part ! Lorsqu’on passe son temps à écouter des disques et qu’on trouve quelque chose qui ne ressemble à rien de ce qui se fait en ce moment, on exulte. C’est le cas avec David Adamson qui nous entraine dans son univers fantastique et paranormal. Enregistré en une semaine, cet opus est un peu abrupt au départ, mais après quelques écoutes c’est de la poudreuse…

The NotwistThe Devil, You + Me (Coopérative Music) : ils sont allemands et ils ne font pas de l’electro. On a attendu la sortie de la sixième perle pendant cinq ans, et on n’est pas déçus, non, tout simplement subjugués par la complexité des arrangements, la pureté des lignes des voix, la beauté de l’objet. Un sans faute !

Mentions spéciales (car il fallait se limiter à 10 mais j’en aurais bien mis plus)

Sébastien Tellier Sexuality (Record Makers) : J’aimais l’album avant l’Eurovision rassurez-vous. Sébastien Tellier fait des albums concepts, il s’est attaqué à l’électro cette année et tout le monde attendait une bombe du dancefloor. Que neni, du retro-ringard à souhait, qui est jouissif lorsqu’on le prend au 3e ou 4e degré, pari réussi pour Sexuality !

TV on the Radio Dear Science (Interscope) : bon, j’aurais pu le mettre dans mon classement, mais j’ai découvert Grampall Jookabox entre-temps. J’ai raté leur concert (sans quoi ils m’auraient conquis).

Ez3kielBattlefield (Jarring Effects) : Roméo et Juliette version électro-rock et jeu vidéo ? vous avez frappé à la bonne porte ! Après le délicieux et suave Naphtaline, Ez3kiel reprend les armes et attaque fort. En concet c’est encore plus impressionnant.

SubtleExiting Arm (Lex) : troisième opus d’un sextet bien rodé, toujours aussi complexe et original.

Calvin Harris – I Created Disco (Cinq 7) : Parce qu’il est jeune et prometteur, parce qu’il a mon âge et fait de la musique qui s’adresse à ma génération… Un premier album qui tire souvent sur les mêmes ficelles mais terriblement efficace.

MON TOP CONCERTS

Janvier : La Caution et Beat torrent @ Nouveau Casino

Afin de fêter comme il se doit ses 10 ans d’existence et d’indépendance, Radio Campus Paris avait concocté deux soirées de qualité. Moi pour qui le rap et le hip-hop ne sont pas une prédilection, j’ai été subjuguée par La Caution (qui n’avait pas joué depuis deux ans à Paris). Beat Torrent a commencé à jouer au moment où je quittais la salle, du coup je suis restée deux heures de plus, tant leur travail est minutieux, de quoi faire pâlir 2 Many Djs.

Février : Syd Matters @ Café de la Danse

Qui n’a jamais écouté les disques de Syd Matters loupe quelque chose. Qui n’a jamais vu Syd Matters sur scène ferait bien d’y remédier. Poésie, magie, délicatesse des accords, une voix à vous faire pleurer les saules. J’ai vu 5 fois le spectacle en quelques mois, 5 spectacles différents.

Mars : Menomena @ Point Ephémère

Je ne pensais pas être aussi agréablement surprise par Menomena. Je pensais que tout était dans le disque. Eh bien une fois de plus, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Une énergie à couper le souffle, un batteur un peu fou, un spectacle bien rodé… rien à ajouter.

Avril : Sébastien Tellier @ La Cigale

En février, je m’entretenais avec Sébastien Tellier et assistais au premier concert de son nouvel album d’électro-seventies ringarde. Les basses me rentraient dans le ventre, mon cœur faisait des bonds, Sébastien était trop stressé et le public était venu par curiosité plus que par intérêt pour que la soirée soit réussie.

Deux mois plus tard, on retrouve une salle de la Cigale comble et un show sans fautes. Sébastien est dans son élément, raconte 200 bêtises à la seconde, le son est bon (ce qui est plus que rare à la Cigale). S. Tellier se déhanche, masturbe son micro en plexiglas, se vautre sur le piano… On retrouve tout le second degré (voire deuxième, voire troisième) qu’il faut adopter pour adorer cet artiste.

Mai : Of Montreal @ Point Ephémère

Concert surprise un jour férié. En ce jour d’arrêt d’un des plus grands massacres du XXe siècle, Of Montreal déclenche les hostilités, partant à l’attaque d’une salle réceptive et survoltée. Mimes et acrobates, ballons, canons à confettis, Vj-ing déjanté, costumes foutraques (Kevin était torse nu, vêtu d’un short et d’un collant en lycra et des santiags bleu-turquoise ; Brian avait une djellaba…). Le spectacle est impeccable, la musique est géniale. A la sortie, rendez-vous est pris pour leur venue en octobre pour leur neuvième album, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde (interview +spectacle à l’Elysée Montmartre), comme quoi ça sert les filtres audio !

Juin : Camille et I’m From Barcelona @ Le Rock dans tous ses Etats – Evreux

Je n’avais pas aimé le nouveau disque de Camille, je n’attendais donc rien de son spectacle. Aucun instrument mais un orchestre humain, une petite puce à l’énergie débordante et bourrée d’humour. Ca groove, le son est nickel, c’est mon coup de cœur spectacle de l’année.

Pour fêter ses dix ans d’existence, le RDTSE s’est offert une surprise party animée par I’m From Barcelona : ballons, chorales, musiques qui swingue, joyeux anniversaire le Rock !

Juillet : The Do et Iggy and the Stooges @ Garden Nef Party – Angoulême

Hasard (ou manque d’imagination) des programmations, après avoir vu The Do pendant tout 2007 dans des petites salles pour des spectacles toujours géniaux, j’ai assisté aux concerts de The Do sur plusieurs festivals  bondés (Evreux, Arras) pour des shows ultra-décevants. Reprise en main au splendide festival d’Angoulême. Le site est magnifique, les efforts en matière de préservation de l’environnement sont aboutis (gobelets consignés, toilettes sèches, nourriture et boissons bio, recyclage poussé des déchets), le soleil brille… et Olivia et Dan semblent soudain à nouveau heureux de jouer.

Sans Iggy Pop, the Stooges ne seraient rien : leur musique n’est pas fantastique, ils n’ont rien d’original dans leur jeu de scène et ils ne sont pas beaux. Iggy Pop lui, malgré son âge qui le rattrape doucement mais surement, est en pleine forme. Il se déhanche, grimpe sur les baffles, réaffirme sa joie d’être sur scène et assure un spectacle irréprochable.

Septembre : Turzi + Zombie Zombie @ Point Ephémère

Soirée Kraut-rock ! Programmés ici dans le cadre du festival Jazz à la Villette, les deux Zombies ont eu la magnifique idée d’intégrer des lignes de saxophone dans leur électro-batterie. Les titres en association de Turzi et Zombie Zombie était également bien trouvés. Enfin Turzi, le prodige qui a bien fait de ne pas attendre que les français reconnaissent son talent pour l’imposer au reste du monde, nous livre un mélange de A et B. La suite, la suite !

Novembre : Phoebe Killdeer @ Café de la Danse

Elle est belle, elle a du chien, elle est enceinte et une pêche d’enfer. Spectacle sans faute, on est sous le charme en quelques minutes. Quelle bonne idée d’avoir abandonné Nouvelle Vague !

Novembre : Poni Hoax @ EMB-Sannois

Honte à ceux qui n’ont pas daigné bouger leurs carcasses pour assister à un show déjanté, bourré d’humour et d’une qualité qui fait plaisir. On assiste à Poni Hoax et on reprend espoir dans les groupes français.

Décembre : GaBLé @ Ubu – Transmusicales – Rennes

Parce que je n’avais pas vu venir le buzz, parce que je n’avais écouté le disque avant, parce que ces trois jeunes là sont charmants et drôles, tout simplement parce que leur musique est éclectique, électronique et émérite.

MON TOP POCHETTES (un album bien décoré ne peut jamais être foncièrement mauvais)

John et Jehn : deux albums de cinq titres chacun, un garçon et une fille habilement dessinés par le tatoueur de John, le tout en noir et blanc. C’est beau, c’est classe, c’est rock n’ roll. J’aurais juste préféré qu’ils s’appellent Jehn et John, gentleman touch oblige…

Of Montreal : Le frère et la femme de Kevin Barnes réalisent toujours les graphismes des univers barrés d’Of Montreal. Cette fois, on pouvait même choisir entre plusieurs artifices supplémentaires (un lampion chinois par exemple).

Noah and the Whale : coloriage d’enfant, c’est coloré, c’est charmant comme leur album

The Notwist : regardez, ouvrez et délectez-vous de ce livret.

Pop Levi : un Pop en kimono rouge rehaussé d’or sur un fond noir, ombre et lumière splendide.

The Spinto Band : collage et bricolage sur kraft, simple comme leur musique.


Bilan des courses : j’ai été certes trop généreuse l’année dernière dans mon Bilan 2007, cependant le cru 2008 des disques est quand même moins extraordinaire que les années précédentes… ce n’est pas le cas des concerts, qui eux restent au top et se multiplient tant qu’il devient difficile de tout suivre

Mes attentes 2009 (to be continued…)

  • Le retour aux sources hip-hop d’Oxmo Puccino et ses Jazzbastards
  • Tucumcari de Sammy Decoster
  • B, la suite de A par Turzi
  • Le premier album des Naive New Beaters (Cinq 7)
  • La reconnaissance et le triomphe mérité pour Arch Woodman